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JO Sotchi 2014 : Ils écrasent leur discipline mais personne (ou presque) ne les connait

Ils écrasent leur discipline mais personne (ou presque) ne les connait
Par Eurosport

Le 06/02/2014 à 10:04Mis à jour Le 06/02/2014 à 20:11

À Sotchi, il y a ceux que tout le monde connait. Et ceux que le grand public devrait découvrir. Voici huit champions hors normes qui méritent la lumière.

Patrizia Kummer

Pourquoi elle peut marquer ces J.O. :  Parce que la reine des reines du snowboard, c'est incontestablement elle. En parallèle, la Suissesse est devenue la référence absolue ces trois dernières années. Que ce soit en géant ou en slalom, Patrizia Kummer n'en finit plus de dominer et sa suprématie n'a peut-être jamais été aussi forte que cet hiver puisqu'elle a remporté le petit globe de cristal en géant comme en slalom, plus le classement général, multipliant les victoires manche après manche en Coupe du monde. L'introduction du slalom au programme olympique, en plus du géant, lui permet de viser deux médailles d'or à Sotchi. Dans les deux épreuves, elle sera favorite, au vu de sa forme, de sa confiance et des trois dernières saisons. Un doublé olympique la ferait entrer dans la légende du snowboard pour de bon.

Pourquoi elle pourrait se rater :  La concurrence est forte dans ces deux disciplines et malgré sa domination récente, Patrizia Kummer sait que rien ne lui est garanti. La Valaisanne va aussi devoir appréhender pour la première fois l'échéance olympique avec la pancarte de fille à battre dans le dos. Pour elle, c'est nouveau, même si à 26 ans, elle possède sans doute l'expérience suffisante pour ne pas craquer sous la pression, bien réelle: car la Suisse, qui a conquis neuf médailles en snowboard sur les quatre dernières éditions des Jeux, compte sur elle.

Sotchi 2014 Infographie Fiche Patrizia Kummer

Felix Loch

Pourquoi il peut marquer ces J.O. :  Deux mots caractérisent à merveille Felix Loch: précocité et vitesse. Dans un sport réputé pour la longévité de ses athlètes, le lugeur allemand a détonné en devenant le plus jeune champion du monde de l'histoire en 2008 puis le plus jeune champion olympique, à Vancouver, à seulement 20 ans. Entre les deux, il avait établi le record de vitesse jamais atteint sur une luge: 153,9 km/h en 2009. Depuis Vancouver, il s'est imposé comme l'incontournable patron de son sport, avec deux doublés Coupe du monde-Championnats du monde en 2012 et 2013 et, tout récemment, il vient encore d'empocher la Coupe du monde.

Porté par un physique hors normes (1.92m, 95kg) et des bras interminables, Loch est un scientifique de la luge, un dingue des calculs de trajectoires, des lois de la physique et de leur impact sur sa discipline. En ce sens, c'est un révolutionnaire. À Sotchi, il vise un deuxième titre olympique consécutif et, avec l'introduction du relais mixte, il pourrait très bien quitter la Russie avec deux sacres en poche. De quoi le conforter sur la route du destin qui semble être le sien: devenir le plus grand lugeur de tous les temps. En quatre ans, le prodige est devenu le patron.

Pourquoi il pourrait se rater :  Autant être clair, tout autre résultat qu'une médaille d'or serait surprenant dans le cas de Felix Loch. On ne voit guère que la légende italienne bientôt quadragénaire, Armin Zoeggeler, pour le contrarier. Mais Loch avoue parfois ressentir de façon pesante la pression extérieure, énorme, en Allemagne. Là-bas, la luge est un sport majeur des Jeux d'hiver et Loch est très attendu. C'est un euphémisme. Reste que, jusqu'ici, il s'en est toujours très bien accommodé...

Sotchi 2014 Infographie Fiche Felix Loch

Dominique Maltais

Pourquoi elle peut marquer ces J.O. :  Tout est dans son surnom: Dominatrix. Dans la galaxie du snowboard, Dominique Maltais est aujourd'hui la meilleure spécialiste du snowboardcross. A 33 ans, elle tirera vraisemblablement sa révérence à la fin de cet hiver. Sotchi est donc le dernier grand rendez- vous de cette Québécoise, sapeur-pompier de métier qui reprendra du service dans sa caserne à Montréal après les Jeux. Après sa médaille de bronze à Turin en 2006 et sa victoire en Coupe du monde, Maltais a connu une traversée du désert et son échec à Vancouver l'a meurtrie. Mais depuis trois ans, elle a atteint le sommet de sa carrière avec trois sacres consécutifs en Coupe du monde. Cet hiver, elle est même montée sur le podium à chacune de ses sorties et brigue donc légitimement l'or en Russie. Elle a toutes les cartes en main pour y parvenir.

Pourquoi elle pourrait se rater :  Parce qu'elle sait mieux que personne qu'il s'agit de sa dernière chance. Jusqu'alors, elle a connu plus de frustrations que de satisfactions aux Jeux Olympiques. A Vancouver, une chute à l'entrainement, juste avant la compétition, avait ruiné ses chances. Elle a mis 18 mois à se remettre de ce qu'elle considère comme le plus gros échec de sa carrière. Les fantômes de Vancouver peuvent-ils poursuivre la Canadienne jusqu'à Sotchi?

Sotchi 2014 Infographie Fiche Maltais

Ireen Wust

Pourquoi elle peut marquer ces J.O. :  Condamné aux bas-fonds médiatiques chez nous, le patinage de vitesse jouit aux Pays-Bas d'une popularité colossale et ses athlètes sont traités comme des stars. Il faut dire que c'est vraiment le sport roi, là-bas. Et pour cause, depuis 1928, les Pays-Bas ont remporté 86 médailles aux Jeux d'hiver, dont... 82 en patinage de vitesse. Médaillée d'or à Turin à seulement 19 ans (elle avait été élue sportive de l'année en 2006 aux Pays-Bas), à nouveau titrée à Vancouver en 2010, Wust totalise également 12 titres mondiaux. C'est une vraie gloutonne. A 27 ans, elle est toujours dominatrice. A Sotchi, elle est engagée sur quatre épreuves (1000m, 1500m, 3000m et poursuite par équipes) et peut réellement envisager de s'imposer au moins dans les trois dernières. Si tout se goupille bien, Ireen Wust pourrait donc devenir une des reines incontestées de ces Jeux 2014, tous sports confondus. "Je n'ai jamais été aussi forte", a-t-elle prévenu le mois dernier après une nouvelle razzia à l'Euro.

Pourquoi elle pourrait se rater :  Difficile d'envisager un ratage total pour Ireen Wust. Sauf blessure, on voit mal comment elle pourrait ne pas remporter, au strict minimum, une médaille. Tout dépend où elle place le curseur en termes de degré d'exigence. L'accumulation des efforts pourrait contrarier son ambition en fin de quinzaine. Elle avoue aussi une certaine nervosité, parfois, avant un grand rendez-vous. Mais personne ne sera surpris si elle glane au moins deux médailles d'or.

Sotchi 2014 Infographie Fiche Ireen Wust

Therese Johaug

Pourquoi elle peut marquer ces J.O. :  Dominatrice cette saison, la jolie Norvégienne vit le plus bel hiver de sa carrière. En tête du classement général de la Coupe du monde de ski de fond, victorieuse du Tour du ski début janvier, Johaug a collectionné les podiums depuis l’ouverture à Kuusamo et n’a jamais paru aussi forte. A l’aise sur l’ensemble des disciplines, que ce soit en skating ou en classique, l’athlète de 23 ans est capable de gagner partout. Les stats qui garnissent sa carrière parlent d’elles-mêmes : depuis 2007, la fondeuse d’Os est monté six fois sur la plus haute marche de ses 31 podiums. Outre les épreuves individuelles, Johaug s’alignera aussi avec les relais. Comme à Vancouver où elle s’était parée d’or sur le 4 x 5km.

Pourquoi elle pourrait se rater :  La réponse tient en un prénom et un nom, et pas les moins connus : Marit Bjoergen. De dix ans son aînée, sa compatriote n’est pas disposée à laisser la concurrence et la nouvelle vague briller à sa place. Pour preuve, son récent doublé, juste avant de gagner Sotchi, sur le 10km et le sprint de Toblach.

Sotchi 2014 Infographie Fiche Therese Johaug

Sara Takanashi

Pourquoi elle peut marquer ces J.O. :  Parce qu’elle représente ce qui se fait de mieux en saut à ski féminin. Si les messieurs ont droit de s’affronter sur les tremplins depuis 1924, Sotchi décernera le premier titre olympique chez les dames. Et c’est sûrement une demoiselle qui s’imposera tant la jeunesse domine. Takanashi est à 17 ans une référence mondiale, elle représente l’excellence, domine largement le classement général (elle possède 1220 points contre 761 à sa première dauphine, l’Allemande Carina Vogt) et s’avance en favorite en Russie. En huit épreuves cet hiver, la Japonaise en a remporté sept. Ça classe une athlète.

Pourquoi elle pourrait se rater :  Comme ça, on ne voit pas trop. Mais le saut a ski réserve parfois des surprises. A Sotchi, le temps change vite et en quatre heures, celui-ci peut proposer les quatre saisons. Takanashi ne sera pas à l’abri d’une météo défavorable mais cela ne l’arrêtera pas a priori.

Sotchi 2014 Infographie Fiche Takanashi

Viktor Ahn

Pourquoi il peut marquer ces J.O. :  Quand on évoque le patinage de vitesse, on pense aux pays asiatiques, à un Australien sorti de nulle part à Salt Lake City et qui est devenu champion olympique et puis… c’est à peu près tout. En 2014, c’est pourtant un Russe qui pourrait se parer d’or à Sotchi. Enfin, un Sud-Coréen naturalisé depuis 2011. Absent à Vancouver, en conflit avec son ancienne fédération, Viktor Ahn, plus connu sous le nom de Ahn Hyun-soo compte trois titres olympiques et, pour l’anecdote, faisait partie de cette fameuse finale du 1000m en 2002 remportée par Steven Bradbury.

Pourquoi il pourrait se rater :  Viktor Ahn le sait mieux que personne. Ses relations avec la Corée du Sud (anciens équipiers, entraîneurs, staff) sont loin d’être idylliques. De là à imaginer un contrat sur sa tête, sur la glace de Sotchi ? C’est une hypothèse qu’on n’imagine pas. Quintuple champion d’Europe en janvier, l’homme ne fait pas l’unanimité en tout cas. Et ce n’est pas le Néerlandais Sjinkie Knegt qui dira le contraire. 

Sotchi 2014 Infographie Fiche Viktor Ahn

Chloé et Justine Dufour-Lapointe

Pourquoi elles peuvent marquer ces J.O. :  Chloé, Justine et Maxime Dufour-Lapointe ont déjà marqué ces JO de Sotchi. Pourquoi ? Du fait de la présence, en Russie, de ces trois sœurs canadiennes spécialistes du ski de bosses. Depuis l’édition 1960 de Squaw Valley et les trois skieuses alpines françaises Thérèse, Anne-Marie et Marguerite Leduc, on n’avait plus connu ça. Si Maxime (24 ans), cinquième mondiale, est une réelle chance de médaille, la logique voudrait que Justine (19 ans) et Chloé (22 ans), respectivement deuxième et troisième de la Coupe du monde, se disputent l’or.

Pourquoi elles pourraient se rater :  Outre les "3SDL", la tenante du titre, l’Américaine Hannah Kearney vise également l’or de l’épreuve des bosses. A l’instar des juges et leurs notes toujours redoutées, l’Américaine, championne du monde en 2013, sera la principale adversaire de la fratrie.

Maxime, Chloe and Justine Dufour Lapointe

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