Esprit, es-tu là ?

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A un mois du début des JO, l'Italie a du mal à voir prendre forme l'esprit olympique, tant l'engouement, autour de la vente des billets, et l'attrait médiatique se font attendre. Pour Valentino Castellani, président du comité d'organisation des Jeux, il s

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Billets encore largement disponibles, présence médiatique discrète: à un mois de la cérémonie d'ouverture, la passion pour les jeux Olympiques d'hiver 2006 à Turin n'a pas encore saisi l'Italie mais les organisateurs croient à l'engouement des Italiens au moment des compétitions. "Quel dommage que l'on ne parle pas assez des Jeux en Italie. Les gens ne vont même pas savoir le nom de ceux qu'ils devront encourager", s'est lamenté la semaine passée le slalomeur italien Giorgio Rocca, récent vainqueur de plusieurs épreuves de Coupe du monde.
"La promotion de l'événement et des athlètes qui vont l'animer n'a pas été bonne. L'erreur remonte à l'été, quand nous étions tous en phase de préparation, c'est à ce moment qu'il aurait fallu commencer à communiquer", a-t-il dit récemment. "Je voudrais dire à Rocca qu'en multipliant les victoires, lui et d'autres sportifs italiens contribuent à créer l'esprit olympique" , répond le président du comité d'organisation des Jeux, Valentino Castellani, dans un entretien à l'AFP. "La passion ne vient pas plusieurs mois à l'avance mais Rocca a raison: parlons maintenant de sport", ajoute t-il.
La RAI s'y met
La RAI, à qui l'on reprochait encore récemment sa discrétion sur l'événement, parle désormais régulièrement des Jeux, souligne-t-il. A un mois de l'ouverture des Jeux (10-26 février), les ventes de billets, les problèmes de budget ou les menaces de blocage par les opposants au TGV Turin-Lyon ont largement supplanté la couverture de la préparation sportive de l'événement. Côté billetterie, environ 60% du million de billets ont été vendus et des places sont encore disponibles pour toutes les épreuves. A Nagano en 1998, environ 89% avaient été vendus à la même époque et 95% à Salt Lake City en 2002.
"Il faut avoir à l'esprit la culture du pays. Les Italiens ne sont pas habitués à acheter les billets un mois avant. Nous sommes le pays du dernier moment", souligne M. Castellani. "Pour le patinage artistique ou les phases finales de hockey sur glace masculin, les billets seront bientôt épuisés. Pour des disciplines plus méconnues, comme la luge ou le hockey féminin, il y a plus de retard", ajoute-t-il. Quelque 76% des billets pour le patinage artistique ont ainsi été vendus, 72% pour le ski alpin mais seulement 21% pour la luge ou le skeleton. "Au moment des Jeux, l'effet curiosité jouera à fond en Italie, aussi nous comptons sur les ventes au guichet au cours des compétitions", souligne M. Castellani.
Résorber le déficit
Les ventes de billets doivent représenter 76 millions d'euros dans le budget du Toroc de 1,1 milliard d'euros qui n'est pas encore totalement bouclé. Sur le trou de 64 millions d'euros apparu avant Noël, imputé par les organisateurs au non-respect des engagements du gouvernement, une loterie a été lancée pour récolter 24 millions d'euros tandis que les collectivités locales doivent apporter les 40 millions restants. "Le budget du Toroc est délicat à boucler" , a reconnu l'adjoint au maire de Turin, Elda Tessore. La vente d'une partie du village olympique de Turin après les Jeux devrait permettre de résorber une partie du déficit. Pour M. Castellani, "il n'y a rien de dramatique car on parle de 40 millions sur un budget total, infrastructures comprises, de 3,4 milliards d'euros".
Du côté de l'organisation, la principale préoccupation est le plan de transport vers les sites de montagne. "Il faudra absolument éviter d'utiliser la voiture. Pour cela, soixante trains par jour relieront Turin à Modane (frontière française), avec des arrêts intermédiaires, et des navettes desserviront le site de ski alpin de Sestrières. Mais des comportements anarchiques créeraient des difficultés", dit le président du Toroc. Une campagne d'information va être lancée dans le mois. L'arrivée de la famille olympique (sportifs, journalistes) la semaine précédant les épreuves et surtout les deux premiers jours de compétitions seront cruciaux sur ce plan."
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