"Ce n"est pas moi la star, c"est lui le champion olympique." En moins de temps qu"il n"en faut pour griller la politesse sans crier gare, l"élève Steeve a dépassé le maître Christophe, pourtant de presque sept ans son aîné. Car chez les Guénot, la lutte gréco-romaine est une histoire de famille qui se conjugue au pluriel. Et à tous les temps. Hier, c"était papa Guénot et les quatre oncles qui pratiquaient ce sport de combat. Puis, le paternel devint successivement entraîneur et arbitre, avant que les quatre fistons de la dynastie ainsi que la s&oeligur ne lui emboîtent le pas sur les tapis de lutte. Avec le succès simultané que l"on connaît aujourd"hui pour deux d"entre eux.
"Notre secret ?, s'interroge Christophe, 29 ans, médaillé de bronze mondial en 74 kg l'an passé et olympique ce mercredi. Il faut demander ça à notre père. C'est lui qui nous a initiés dès l'âge de six ans. Il était alors entraîneur du club local de Champforgueil en Saône-et-Loire." "Moi, j'ai suivi le chemin tracé par mon grand frère qui pratiquait la lutte depuis plusieurs saisons, poursuit Steeve, 22 ans, champion olympique en 66 kg après avoir été vice-champion du monde l'an passé. Nous sommes très proches l'un de l'autre. Nous vivons ensemble à Bagnolet, nous partons même en vacances ensemble ! Ce qui pose problème, c'est quand l'un de nous a une copine."
Toujours ensemble
Inséparables, les frères Guénot forment une sacrée pair d'as qui n'a rien à envier aux s&oeligurs Williams ou aux frères Schleck tant leur complicité est criante, palpable et évidente. "Ce sont deux frangins très proches qui sont tout le temps ensemble, confirme Patrice Mourier, entraîneur national adjoint. Ils se conseillent, se soutiennent, échangent beaucoup. La médaille de Steeve a, par exemple, boosté Christophe. Ce sont vraiment deux frères sympas qui ont en plus une bonne gueule !".
Ce mercredi, histoire de ne pas briser une dynamique bien rodée qui a fait ses preuves l'an passé aux Mondiaux de Bakou, ils ont une fois encore pris leur déjeuner ensemble, avant d'aller faire la sieste au même moment. Indissociables sur le plan sportif comme dans la vie privée, ils le sont aussi dans la sphère professionnelle puisque tous deux sont agents de sécurité à la RATP. Un emploi sur mesure pour ces musclés licenciés à l'Union Sportive Métropolitaine des Transports.
"Avec notre physique, c'est sûr que c'est plus facile pour mettre au sol les contrevenants", admet Christophe. "Ce n'est pas toujours facile de concilier travail et entraînement, embraye plus sérieusement son cadet. Mais comme depuis cette année, j'ai signé une convention d'athlète de haut niveau, j'étais détaché depuis mars pour préparer ces Jeux. Ca marche un peu comme un tiers temps." A la rentrée, les "Guénot brothers" troqueront de nouveau leur tenue de gladiateurs en lycra pour leur uniforme d'agent de sécurité. Mais avec leur notoriété naissance, pas sûr que les contrevenants fassent les malins sous leurs nez. Une prise au sol est si vite arrivée.



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