Cielo, pas sorti d'affaire

Même si sa fédération l'a seulement averti, Cesar Cielo peut faire l'objet de poursuites supplémentaires si la fédération internationale décidait de transmettre le dossier au TAS. Plaidant la contamination alimentaire, le Brésilien ne sait pas où son cas en sera au moment des Mondiaux de Shangaï.

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La natation n'est pas à l'abri d'avoir "son" feuilleton Contador. Tous les ingrédients d'une affaire aussi tortueuse que celle du cycliste espagnol sont réunies depuis que, vendredi soir, la fédération brésilienne a officialisé l'existence d'un contrôle positif pour le plus illustre de ses licenciés. La base de l'histoire est comparable : un immense champion (double champion du monde 2009 sur 50 et 100m, champion olympique 2008 sur 50m) adoptant une ligne de défense axée sur la contamination alimentaire, et une fédération nationale refusant de suspendre son athlète. "A première vue, la sanction de la Fédération brésilienne apparaît plutôt clémente" a jugé de façon assez claire le Français Alain Bernard, l'un des grands rivaux du Brésilien.
César Cielo et les trois autres nageurs qui ont subi un test positif - Nicolas dos Santos, Henrique Barbosa et Vinicius - n'ont pas demandé de contre-expertise mais "ont fourni des explications détaillées sur la présence du produit dans leur organisme". "Ils ont pris un complément alimentaire depuis deux ans, a précisé une porte-parole de la CBDA à l'Agence France-Presse. Mais pour une raison inconnue, la dernière prise a été contaminée par du furosémide".
Dédouané par un médecin brésilien
"Je n'ai jamais été négligent, a complété Cielo dans un communiqué. Je n'utilise pas ce type de médicament ou complément alimentaire sans m'être assuré auparavant de la sécurité quant à son utilisation. J'ai toujours consulté un médecin avant de prendre ces compléments alimentaires". Un médecin brésilien Eduardo de Rose, considéré comme une référence au Brésil dans la lutte antidopage, a d'ailleurs apporté vendredi son soutien au champion olympique en précisant que "la plupart des documents établis par la pharmacie où a été fabriqué ce complément à base de caféine, ont mis en évidence la responsabilité de la contamination".
Cesar Cielo, pas plus que sa fédération, n'ont cependant l'avenir de ce dossier entre les mains. Si la CBDA a annulé temporairement tous ses résultats aux championnats nationaux où il avait conquis cinq titres et pris une deuxième place, si elle se dit certaine que la FINA se rangera à son premier jugement, elle sait aussi que la fédération internationale a les moyens de faire appel pour ne pas prendre le risque d'être considérée comme laxiste. La FINA a trente jours pour trancher à partir du moment où elle recevra le dossier. Les Championnats du monde de Shangaï étant programmés du 24 au 30 juillet, Cielo a raisonnablement l'espoir de pouvoir y participer. Dans quelle ambiance et dans quelles dispositions mentales ? C'est un autre problème...
Bernard veut plus de contrôles
"Nous allons regarder les éléments: soit nous sommes d'accord avec la décision brésilienne, soit non, et nous ferons appel devant le TAS (Tribunal arbitral du sport)", a indiqué prudemment Cornel Marculescu, directeur général de la FINA, après ces apparitions de traces de furosémide dans les urines des quatre nageurs, un diurétique utilisé notamment dans le traitement de l'hypertension. Ils figurent sur la liste des produits interdits en tout temps par le code mondial antidopage, pour leurs effets masquants qui permettent de cacher la prise d'autres produits tels que des anabolisants. Alain Bernard, "surpris" par la mésaventure de Cielo, se dit en attendant "fervent partisan d'une intensification des contrôles antidopage dans la perspective des jeux Olympiques de Londres".
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