Eurosport
Inaccessible étoile...
Par
Publié 17/02/2006 à 07:05 GMT+1
Brian Joubert s'est effondré dans le programme libre : 6e, il termine loin du podium rêvé. Loin de l'argent de Stéphane Lambiel, le Suisse, loin du bronze de Jeffrey Buttle, le Canadien. Et loin, si loin, du Tsar Evgueni Plushenko, inaccessible médaillé d
Eurosport
Crédit: Eurosport
Brian Joubert est tombé de haut. Pas seulement au cours de son programme libre catastrophique, où il a chuté à deux reprises et a dû s'y reprendre à trois fois pour passer, laborieusement, son enchaînement initial quadruple-triple. Il est tombé de toute la hauteur de la deuxième marche d'un podium olympique qui lui tendait les bras, derrière l'inaccessible étoile Evgueni Plushenko, sacré avec la manière (et quelle manière !)
Car, si le Russe a naturellement écrasé la compétition de toute sa classe (après un court prodigieux, il a réalisé un libre monumental pour être crédité au final de 258,33 pts, un record depuis l'entrée en vigueur du nouveau système de notation), il avait laissé derrière lui un boulevard dans lequel le Français n'a pas su s'avancer.
Certes, la médaille d'argent décroché par le Suisse Stéphane Lambiel est admirable, mais seulement parce que le champion du monde en titre est allé la chercher avec courage et détermination, après une préparation raccourcie par une blessure, et une chute lors de l'entraînement, la veille du libre, qui avait un instant fait craindre le pire. Car Lambiel est tout de même allé s'abîmer deux fois sur la glace de la Palavela au cours de son évolution...
De même, la médaille de bronze du Canadien Jeffrey Buttle, lui non plus pas vraiment convaincant dans son libre, était plus qu'à la portée de Brian Joubert. Buttle, qui avait gagné sa place dans le premier groupe de justesse, comptait tout de même près de quatre points et demi de retard sur le Français après le court.
"Si on rate, c'est fatal"
D'ailleurs, s'il ne fallait retenir qu'un seul symbole de la dégringolade impensable de Joubert, ce serait sans doute celui-ci : au terme de sa prestation désastreuse sur le libre, il termine derrière l'Américain Evan Lysacek, 4e et au pied du podium alors qu'il ne faisait même pas partie du dernier groupe des favoris...
"Je suis déçu, que voulez-vous que je vous dise. Ca m'embête, je fais un programme avec des difficultés et ça ne paie pas", a-t-il expliqué, avant de s'estimé pénalisé pour ses prises de risque. "Avec l'ancien système de jugement, c'était différent, on pouvait partir sur un deuxième quadruple saut et la prise de risque était prise en compte", a dit le Poitevin. "Là, on sait que si on rate, c'est fatal", a-t-il ajouté.
Dommage, car l'occasion était belle de succéder à Alain Calmat, médaillé d'argent aux Jeux d'Innsbrück en 1964. Pas sûre qu'elle se reproduise en 2010, à Vancouver. En attendant, Brian Joubert doit trouver rapidement les raisons de ce gâchis, s'il ne veut pas voir se creuser l'écart qui le sépare de la consécration.
L'écart avec l'or de Plushenko était en tout cas insurmontable. Rarement le champion russe aura fait montre d'autant de maîtrise qu'au cours de ces Jeux Olympiques. C'est peu de dire qu'il a survolé la compétition : il aurait dû constituer un groupe à lui tout seul tant l'écart de niveau avec le reste des patineurs était manifeste. En décrochant le seul titre qui manquait à son prodigieux palmarès (il avait été devancé par son compatriote Alexei Yagudin en 2002), il a atteint le firmament de son sport, où son étoile brille dorénavant. Inaccessible.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité