Lavigne : "Aucun doute"

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Le directeur du Dakar, Etienne Lavigne, assume totalement la migration du rallye africain vers l'Amérique du Sud, après l'annulation de l'édition 2008, en raison des menaces terroristes. Et il insiste pour dire que le Dakar est toujours "le Dakar" même en

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ETIENNE LAVIGNE, que répondez-vous à ceux, notamment dans le grand public, qui s'étonnent, voire s'amusent, que le "Dakar" ait conservé son nom si loin de l'Afrique ?
E.L. : "Que les gens se posent la question est légitime. Mais je n'ai aucun doute sur le fait qu'on organise LE Dakar. Les gens qui font la course cette année savent aussi qu'ils courent LE Dakar. Pourquoi ? Parce que cet événement avec ce nom est organisé depuis 30 ans avec une vocation itinérante. Il est la conversion de plusieurs caractéristiques particulières à savoir un événement qui mêle amateurs et professionnels avec de l'endurance et des conditions extrêmes. Rien de cela ne change."
Avez-vous envisagé de changer le nom de l'épreuve ?
E.L. :"Historiquement, il s'est appelé Paris-Dakar puis a changé pour simplement Dakar. Il a sillonné 30 pays, l'Algérie, l'Egypte, l'Afrique du Sud... Et comme on ne change pas le nom d'un bateau, le Dakar ne change pas de nom. Jamais je n'ai envisagé de changer le nom de l'épreuve. Je dirais même qu'il n'a jamais aussi bien porté son nom. C'est un événement extrême de sports mécaniques. Cette année, nous retrouvons même ce qui a fait son succès à savoir la découverte, l'aventure, l'inconnu. Tout est réuni pour qu'il s'appelle toujours comme cela."
Qu'est-ce qui fait que les habitués du Dakar vont reconnaître le Dakar africain ?
E.L. :"Ils vont être confrontés aux mêmes difficultés de course. C'est le Dakar dessiné avec le plaisir d'un Dakar libre, sans contrainte. On a tracé ce qu'on voulait, avec juste les contraintes liées au respect des parcs nationaux. Il y a du sable "en veux-tu en voilà". En Argentine, il y aura notamment deux spéciales avec de beaux passages de dunes, longues de 35-40 km. Il y a des dunes monstrueuses. Ce sera parfois plus copieux que le désert mauritanien. Il y a aura aussi de la navigation. On fait du hors-piste. Les trois premiers jours seront dans la pampa sur des pistes qui ressemblent à la Beauce mais après on trouve du relief, des hors-pistes sur 60-80 km, des oueds. Il y a matière à bien s'énerver dans une voiture."
A contrario, qu'est-ce qui fait que les concurrents ne reconnaîtront pas le Dakar africain ?
E.L. :"Essentiellement la nouveauté des paysages. La différence majeure sont les gros reliefs. Des chaînes, des volcans, des rios, par moment des plateaux de centaines de kilomètres de long au milieu des dunes avec le Pacifique en contrebas. Il y aura de vrais contrastes de perception. Il y a, par exemple, un départ sur la plage au bord du Pacifique et de suite les concurrents vont entrer dans un rio. Sur les plateaux andins, les concurrents n'auront pas l'impression de monter pourtant ils atteindront 3200-3300 m sans s'en rendre compte. Et puis il ne faut pas oublier que ce sera aussi le plein été. Le matin ce sera chemisette, pas comme certains départs au Maroc o il peut faire -2°. La population sera différente, il y aura beaucoup de monde sur les bivouacs pour voir arriver les concurrents, les Argentins sont très enthousiastes. La ferveur va être différente et pour les concurrents se sera différent."
Quid de l'année prochaine ? Retour en Afrique ?
E.L. :"L'actualité africaine est malheureusement terriblement dramatique. Le Dakar allait partout (Algérie, Niger, Libye, Tchad, Centrafrique...) et année après année, le territoire d'expression du Dakar s'est réduit. L'Algérie est fermé depuis 1993, le Niger est fermé... tu ne peux plus y aller ! Je rappelle qu'on parle encore beaucoup d'Al-Qaïda. En septembre dernier, 12 militaires mauritaniens armés se font kidnapper et décapiter, un endroit o nous sommes allés 30 fois. Et bien je n'emmène pas des gens dans ces endroits. Je ne veux pas faire courir ce genre de risques. Alors en verra."
Cette migration vous a-t-elle fait perdre des sponsors ?
E.L. :"Certains tenaient à ce qu'on parte d'Europe et on les a perdus. Les budgets sont importants et quand on délocalise, les sponsors réfléchissent et certains partent, d'autres non. Au niveau partenariat, ce n'est certes pas la meilleure année mais ça va."
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