Svindal en beauté

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Le Norvégien Aksel Lund Svindal a remporté la dernière descente de l'hiver mercredi, à Aare, devant Bode Miller et Peter Fill. Sans surprise, l'Autrichien Michael Walchhofer s'offre le globe de cristal de la spécialité, pour la deuxième année consécutive.

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Crédit: Eurosport

Du rêve à la réalité, le réveil est parfois très brutal. La chute peut l'être aussi. Un mois après son triomphe piémontais, Antoine Dénériaz étrennait son titre olympique sur la si bien nommée piste Olympia d'Aare. Un jour de fête, a priori. Mais après moins d'une minute de course, sur le premier grand saut, le skieur de Morillon a effectué un impressionnant soleil sur le tapis blanc avant d'aller percuter violemment les filets. Dans l'affaire, il avait perdu ses skis et surtout son casque.
Pendant dix bonnes minutes, ce fut l'inquiétude. Heureusement, le Français a fini par se relever, retrouvant ses esprits. Hospitalisé par mesure de précaution et afin de âsser des examens de controle, il ne souffre que de contusions et de multiples bleus, mais d'aucune fracture. Il ne devrait donc garder aucune séquelle de sa cabriole, plus spectaculaire que grave. La séduisante mais exigeante piste suédoise a également laissé sur le flanc l'Autrichien Klaus Kroell, quelques minutes après Dénériaz. Auteur d'un triple tonneau, l'Autrichien, touché au genou, a été évacué par hélicoptère.
Walchhofer double la mise
Certains ont connu plus de chance. Le moins malheureux de tous fut Aksel Lund Svindal. Etincelant en début de saison, un temps leader de la Coupe du monde, le Norvégien avait connu un gros coup de fatigue en décembre-janvier, mais il termine la saison comme il l'avait commencé, en trombe. Précis sur ses trajectoires, contrairement à tant d'autres, Svindal n'a jamais subi le tracé. Il s'impose donc logiquement, signant la première victoire de sa carrière en descente. Le voilà du coup dans la peau du dauphin de Benjamin Raich au classement général, ce qui en dit long sur son potentiel.
Paradoxalement, les ténors de la discipline n'not guère brillé sur ce dernier rendez-vous de l'hiver. Mathématiquement, ils étaient quatre à pouvoir encore rêver du petit globe de la spécialité, avec un net avantage à Michael Walchhofer. Seulement 11e mercredi, l'Autrichien n'était pas dans le coup. Dernier concurrent en piste, il n'avait toutefois plus rien à craindre en quittant le portillon de départ. Fritz Strobl, son plus sérieux concurrent, avait besoin de frapper un grand coup pour lui mettre la pression, mais il n'a pris que la quatrième place.
Les deux derniers larrons, Daron Rahlves et Marco Buechel, devaient quant à eux impérativement s'imposer et compter ensuite sur un concours de circonstances. En terminant 7e et 16e, ils n'ont pas rempli leur part du contrat. Pour la deuxième année consécutive, Walchhofer est donc sacré roi des descendeurs. Une belle consolation pour lui, qui avait été quelque peu frustré par sa médaille d'argent dans la descente olympique. Walchho s'était vu en or avant de tomber sur un immense Antoine Dénériaz. Mais sur la longueur d'un hiver, l'Autrichien est bien le numéro un de la discipline.
Miller retrouve le sourire
Les héros étant fatigués, Aare a eu droit à un podium d'outsiders. Derrière Svindal, on a retrouvé avec un certain plaisir un Bode Miller enfin concerné par son métier. Après des Jeux catastrophiques, où il avait beaucoup parlé mais peu et mal skié, l'Américain a livré une course très dense en Suède. En permanence au contact du chrono de Svindal, il n'a échoué que pour deux dixièmes. Cette deuxième place marque son premier podium depuis sa troisième place dans le combiné de Chamonix, au tout début du mois de février.
L'autre grand battu de Turin, le ski italien, s'est lui aussi refait la cerise dans le grand Nord, grâce à Peter Fill. L'Italien, troisième seulement trois dixièmes de Svindal, n'était encore jamais monté sur le podium en descente. C'est en revanche la troisième fois cet hiver qu'il monte sur la boite, après sa deuxième place dans le Super G de Kitzbühel et sa troisième dans le combiné de Wengen. Aare avait donc décidé de consoler les déçu des Jeux, quitte à sacrifier certains de ses héros. Antoine Dénériaz en sait quelque chose...
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