La Streif, encore

Eurosport sur Google

L'Autrichien Hans Grugger a fait une grave chute lors de l'entraînement de la descente de Kitzbühel, sur la Streif jeudi. Victime d'un traumatisme cranien, il a été transporté à l'hôpital d'Innsbruck. "Il ne répond pas quand on lui parle", a dit le porte-parole de la délégation autrichienne.

Eurosport

Crédit: Eurosport

L'Autrichien de 29 ans, qui souffre de "graves blessures à la tête", subissait une opération d'urgence au service de neurochirurgie à l'hôpital d'Innsbruck, en début d'après-midi jeudi, selon un communiqué de l'équipe autrichienne. Le skieur a perdu le contrôle à la réception du premier saut dans le passage de la "Mausefalle" - le piège à rat -, dans lequel plongent les coureurs après seulement quelques secondes de course et qui contribue au mythe entourant cette épreuve phare de la saison. Grugger, descendeur chevronné, vainqueur de quatre étapes de Coupe du monde, est tombé lourdement sur la piste, où il est resté inerte alors que des secouristes ont tenté rapidement de lui apporter des premiers soins. Au bout d'une demi-heure, l'Autrichien a été héliporté vers l'hôpital d'Innsbruck alors que le porte-parole de son équipe, Markus Aichner, donnait les premières nouvelles: "Il souffre d'un traumatisme crânien, de blessures à la cage thoracique. Il ne répond pas quand on lui parle".
Cette chute, qui a glacé l'assistance et bien refroidi les autres skieurs, avait un air de déjà vu à Kitzbühel. En 2009, le Suisse Daniel Albrecht avait de même perdu le contrôle à l'entraînement mais lui sur le saut final, désormais raboté. Victime d'un traumatisme crânien, avec hémorragie cérébrale, et d'un aplatissement d'un poumon, le champion du monde du super-combiné 2007 avait été placé en coma artificiel pendant trois semaines. Passant pour un miraculé, Albrecht a repris la compétition en pointillés cette saison au terme d'un longue rééducation, pendant laquelle il a dû réapprendre à parler et à marcher. Un an avant lui en 2008, l'Américain Scott Macartney avait été victime d'un traumatisme cranio-cérébral après s'être aussi fait piéger sur le même saut final.
Refroidi
Une fois l'hélicoptère envolé, l'entraînement a repris ses droits, mais dans un profond silence. "J'ai vu partir Grugger en sucette devant moi, cela m'a refroidi", a raconté le Français Johan Clarey, au portillon de départ juste après l'Autrichien, dossard 5."Il y a des télévisions là-haut et on a pu le voir. Et même si on ne le voit pas, on peut sentir que l'atmosphère a changé. Personne n'aime cela", a raconté le Norvégien Aksel Lund Svindal, triple médaillé olympique de Vancouver.
Grand favori du week-end, après son doublé super-G/descente l'an dernier, le Suisse Didier Cuche soulignait que cette chute n'était pas liée à la piste mais à une faute commise par l'Autrichien."C'est difficile de trouver l'équilibre. Quand vous arrivez à un point où les spectateurs ne voient pas la différence entre la descente et le super-G, cela va tuer l'esprit de la descente et le grand spectacle. Cela prend du courage pour faire cela", a fait valoir le champion du monde de super-G, auteur du meilleur chrono de l'entraînement jeudi.
Il y a deux ans, le Français Adrien Théaux avait assisté dans l'aire d'arrivée à la chute d'Albrecht, ce qui n'était pas le cas cette fois: "Dans son malheur, on préfère être en bas qu'encore au départ. Même si c'est terrible de voir cela, on a fait sa course et on n'a pas cette pression qui nous prend. Mais en haut, il faut arriver à gérer, et se concentrer encore plus pour ne pas subir la piste."
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité