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L'Autriche et sa réussite
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Publié 19/10/2005 à 10:01 GMT+2
L'équipe d'Autriche de ski alpin peut se targuer d'avoir décroché 48 médailles au cours des différents Jeux Olympiques. Une réussite loin d'être dûe au hasard puisque, depuis près de 25 ans, la nation de Benjamin Raich et Rainer Schoenfelder s'applique à
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L'Autriche, première nation de ski au monde, "fabrique" depuis un quart de siècle ses champions à Stams, un petit village du Tyrol où la relève des équipes nationales est systématiquement et impitoyablement organisée.
Un bâtiment austère
En arrivant devant le "lycée du ski" de Stams, construit en 1980 en bordure de l'Inn, à l'ombre d'une abbaye cistercienne dont les possessions s'étendaient jadis jusqu'en Souabe allemande, rien n'indique que s'y trouvent peut-être les Hermann Maier, les Stephan Eberharter et les Benjamin Raich de demain.
Mais, à l'intérieur, l'austère bâtiment de béton brut révèle rapidement la qualité et la multiplicité de ses équipements: outre sa dizaine de salles de classe, il dispose notamment de deux gymnases, d'une piscine, d'un espace vidéo, de plusieurs salles de musculation et de réunion. Au total, l'établissement agréé par le ministère de l'Education scolarise de la 4e à la terminale 183 élèves --124 garçons et 59 filles-- âgés de 14 à 19 ans que le directeur adjoint, Christoph Maier, qualifie d'emblée de "graine de champions".
"Excellence académique et sportive"
"Nous accueillons des skieurs alpins mais aussi des fondeurs, des sauteurs et, depuis 1995, des snowboardeurs desquels nous exigeons l'excellence académique et sportive", poursuit M. Maier. "Notre objectif consiste à former des professionnels tout en permettant à ces jeunes de suivre des études secondaires dans les meilleurs conditions", ajoute-t-il.
Les cours, donnés par une cinquantaine de professeurs dont la moitié sont des entraîneurs professionnels, sont aménagés en fonction du calendrier des compétitions -de décembre à mars- comme dans une section "sport-études" classique.
Pendant la saison de ski, les élèves, tous en internat, effectuent entre 12 et 15 heures de préparation physique par semaine. En été, l'entraînement se poursuit sur les glaciers voisins du Zillertal et de Stubai, culminant à plus de 3.000 m.
Chaque année, le billet d'entrée dans cette académie des sports d'hiver n'est donné qu'à une trentaine d'impétrants à l'issue d'un examen d'entrée auquel ne peuvent se présenter que des jeunes talents détectés et suivis dès l'âge de six ans dans l'une des neuf écoles régionales de ski du pays. Dix pour cent des places sont réservées aux étrangers, Allemands, Suisses, Italiens ou ressortissants du Liechstenstein voisin.
48 médailles olympiques
"Nous nous réservons en outre le droit d'interrompre une scolarité si les résultats sont insuffisants", souligne l'entraîneur en chef, Arno Staudacher. Un élève qui ne donne pas satisfaction deux années de suite sur les plans sportif et scolaire est ainsi contraint de quitter l'école. "Le taux d'échec dépasse les 50% chaque année", ajoute-t-il.
Cette impitoyable sélection est synonyme de succès. Les anciens élèves du lycée de Stams ont rapporté à l'Autriche 48 médailles olympiques et sont montés à plus de 60 reprises sur un podium de coupe ou de championnat du monde. Florian Scheiber, 18 ans, est de ceux-là.
Originaire de Sölden, où s'ouvre samedi la nouvelle saison de ski alpin, il est devenu en février vice-champion du monde junior à Bardonecchia et espère être sélectionné dans l'équipe A pour les prochains jeux Olympiques d'hiver à Turin (10 au 26 février 2006). "Si je participe aux JO, l'école demandera une dérogation pour me permettre de passer la "Matura" (le baccalauréat autrichien) en septembre", explique ce jeune athlète de 1,86 m.
Une école copiée
Mais tout succès a un coût. L'école, dont le fonctionnement dépend, dans une large mesure, des subventions de l'Etat, investit en moyenne17.000 euros par an dans chacun de ses élèves. Pour assurer le renouvellement des générations, la Fédération autrichienne impose parallèlement à ses skieurs professionnels de lui verser 10% de leurs revenus tirés de la publicité. "Les Suisses ont essayé, sans succès, de copier notre lycée à Engelberg. Les Japonais aussi et nous venons de recevoir en avril la visite d'une délégation canadienne", note encore M. Maier.
Pourtant, ce système de sélection, qui rappelle le modèle de l'ex-Allemagne de l'Est, n'est pas sans faille. Hermann Maier, le plus grand champion de ski autrichien de tous les temps, n'est pas passé par Stams. A 16 ans, il avait même été renvoyé de l'école régionale de Schladming, antichambre du lycée tyrolien, à cause d'un problème de croissance qui avait affecté ses performances.
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