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La patrie attend Rocca
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Publié 24/02/2006 à 15:00 GMT+1
Le ski italien est toujours bredouille avant la dernière épreuve, le slalom messieurs, samedi matin. Giorgio Rocca, numéro un de la discipline cet hiver, est donc attendu comme le sauveur de la patrie. Le skieur de Livigno a les moyens de rafler l'or, mais saura-t-il tenir sous la pression?
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C'est maintenant ou jamais pour l'Italie. Toujours sevré de podium, le ski italien est aux portes du zéro pointé, chez lui, à Turin. La Squadra, qui paraissait capable il y a trois ans, de réussir de grands Jeux à domicile, présente avant le slalom de clôture un bilan décidément déflationniste: une cinquième place (Rocca en combiné) et deux hutiièmes places, en super-G avec Lucia Recchia, vice-championne du monde 2005, et en slalom géant avec le grand espoir Nadia Fanchini, 19 ans.
"En tant que responsable, j'assume mes responsabilités ", a assuré le directeur d'équipes, Flavio Roda. Sans parler de démission, que d'aucuns auraient souhaitée explicite. Si les talents ne manquaient pas, les circonstances n'ont guère été favorables. En premier lieu, les géantistes Karen Putzer et Denise Karbon ont été diminuées, en raison d'un handicap récurrent à la hanche gauche depuis trois ans pour la première, d'une blessure à un genou pour la seconde.
Au pied du mur
D'autre part, Isolde Kostner, double championne du monde de super-G et triple médaillée aux Jeux (1994 et 2002), a arrêté sa carrière en plein milieu de saison pour cause de maternité. Et, coup de pied de l'âne, Kostner avait accusé, après les résultats décevants de la descente, ses anciennes partenaires de ne pas s'entraîner suffisamment, autant par manque de moyens que par choix. Gaetano Coppi, président de la Fédération, avait rétorqué que "tous les moyens matériels avaient été offerts aux skieurs italiens pour se préparer".
Quoi qu'il en soit, les derniers espoirs transalpins reposent donc sur Giorgio Rocca. Ce dernier se trouve au pied du mur avant le slalom messieurs, qui clôture samedi en nocturne à Sestrières le programme de ski alpin jusqu'à présent sans relief pour le pays-hôte. Même si, depuis le début des Jeux, l'Italie du football a découvert le patineur de vitesse Enrico Fabris (2 médailles d'or, 1 de bronze), l'attente reste paroxystique pour le Lombard, dans l'ombre tutélaire d'Alberto Tomba. Rocca, 30 ans, s'est d'ailleurs mis une pression énorme en remportant les cinq premiers slaloms de la saison de Coupe du monde.
Comme une bombe...
Le skieur de Livigno n'avait pas tant été déçu, le 14 février, par sa 5e place en combiné, à 7/100 du podium, que par l'écart de 1"42 -un gouffre- qui l'avait séparé de Ted Ligety. Le jeune Américain, médaille d'or de l'épreuve combinée, est en effet un des principaux prétendants à la victoire entre les piquets serrés. "Il fallait effacer ce chiffre en se remettant au travail", souligne l'entraîneur Claudio Ravetto. Rocca a donc fait des allers retours entre Sestrières, -où: son épouse Tania et Giacomo, leur bébé de trois mois, sont basés - et les stations de Bielmonte et Pilla, près d'Aoste.
Tantôt avec ses partenaires de la Squadra, tantôt seul, Rocca a beaucoup travaillé pendant une semaine, avec une attention particulière "sur la sortie de virage". "Jeudi, pour son dernier jour de préparation à Pila, où deux parcours avaient été tracés, dont un avec de la neige injectée d'eau, Rocca a été une bombe. Il est serein", rapporte un témoin. Comme une bombe, la référence à Tomba "la bomba", triple champion olympique (slalom géant 1988 et 1992, slalom 1988), est évidente. Du haut de son palmarès, le Bolognais, consultant pour la RAI durant les JO, continue de garder "sa confiance" à son héritier.
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