Vidal : "Je suis zen"

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Champion olympique à Salt Lake City il y a quatre ans, le Français Jean-Pierre Vidal aborde le slalom de Sestrières en toute sérénité. Récent vainqueur à Kitzbühel, le skieur de la Toussuire se dit en forme et se sent prêt à relever le défi. Interview exc

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JEAN-PIERRE VIDAL, vous êtes champion olympique en titre. Comment appréhendez-vous le fait de défendre votre titre ?
J-P.V. : Je l'appréhende très bien. Mon titre de champion olympique m'est acquis à vie. Un deuxième titre serait en quelque sorte un "bonus" et une récompense supplémentaire pour toutes ces années d'efforts. Je suis pleinement serein, et quel que soit le résultat, je sais que je m'apprête à vivre une très belle aventure. Je suis en pleine forme, au mieux de mes capacités physiques et de mon mental. Je suis zen aussi, ce qui est primordial juste avant une épreuve de cette envergure.
Vous disputez le slalom le 25 février. Vous fêterez vos 29 ans la veille ; une médaille d'or serait un beau cadeau, non ?
J-P.V. : Oui, ce serait un très beau cadeau ! Ce serait une réplique de 2002. Mais je ne me focalise pas là-dessus. Participer est déjà pour moi un superbe cadeau.
Le fait d'avoir déjà été médaillé olympique ne vous enlève-t-il un peu de pression ? Vous connaissez la recette pour gagner. Et puis vous restez sur un superbe succès à Kitzbühel...
J-P.V. : Bien sûr, la pression est moindre, surtout moindre que celle vécue par mes adversaires qui, eux, n'ont pas remporté ce titre de champion olympique. Au-delà des derniers Jeux Olympiques, j'ai effectivement montré il y a quelques semaines que je disposais de la confiance, du physique, du mental et du matériel nécessaires pour remporter la course la plus importante de l'hiver. Mon entraînement a également été celui qu'il fallait pour remporter cette victoire, comme il a été le bon à Salt Lake City. Donc, pour reprendre votre question, effectivement "ça aide", notamment pour accroître le degré de confiance en soi et de sérénité.
Qu'avez-vous fait depuis Kitzbühel? Comment vous-êtes vous préparé pour les Jeux ?
J-P.V. : J'ai d'abord ouvert le slalom super combiné de Chamonix le 3 février, aux côtés de mes adversaires qui y participaient également. J'ai réalisé une très bonne performance, ce qui n'a fait que renforcer le degré de confiance. Puis j'ai mis l'accent sur la préparation physique, en participant à un premier stage à St Raphaël où j'ai enchaîné séances d'entraînement physique, de musculation, de vitesse et de VTT pour parfaire ma condition physique. J'avais aussi tous les soirs des séances de kiné au Centre Européen de Rééducation du Sportif pour soigner notamment mes genoux. Cette escapade m'a permis de couper avec le monde du ski et de faire le vide. Mi-février, j'ai également fait un deuxième stage de deux jours à l'Alpe d'Huez au cours duquel je me suis entraîné en nocturne, dans les mêmes conditions que celles que j'aurai le 25 février sur la piste de Sestrières.
L'année dernière, en Coupe du monde, Bode Miller avait gagné ici avec près d'une seconde et demie d'avance sur son dauphin Silvan Zurbriggen... Vous aviez pris la 17e place. Votre meilleur classement sur cette piste est une 5e place (sur le KO nocturne en décembre 2002). Que pensez-vous de la piste de Sestrières ?
J-P.V. : Bode Miller doit effectivement faire face à des nouveaux adversaires, le niveau des skieurs évoluant très vite, et il est moins à la fête qu'il a pu l'être. Quant à la piste de Sestrières, c'est une très belle piste, très bien préparée. L'épreuve qui sera la mienne sur cette même piste le 25 février va se dérouler en nocturne, ce qui va sans doute donner lieu à un très beau spectacle, du fait notamment des éclairages. Ce sera aussi plus festif qu'en pleine journée.
Jean-Claude Killy et Henri Duvillard ont déjà gagné un slalom à Sestrières (lors des Coupes du monde 1967 et 1970). Vous ont-ils donné la recette pour vous imposer ici ?
J-P.V. : J'entretiens des liens surtout avec Jean-Claude Killy, depuis ma victoire de 2002 aux JO. Son expérience de sportif de haut niveau est effectivement très intéressante pour moi et je me nourris de ses conseils avisés. Il m'apporte aussi un soutien moral. Maintenant, pour reprendre votre terme, il n'existe pas de "recette" en tant que telle. C'est à chaque skieur d'être l'acteur de sa propre préparation et de sa victoire, même si les conseils sont les bienvenus...
Un petit mot sur Giorgio Rocca, qui dispute ces Jeux à domicile ? Quels seront les favoris du slalom olympique ?
J-P.V. : Giorgio Rocca est chez lui, mais cela signifie aussi que la pression qu'il a sur les épaules est énorme. Les favoris sont connus : il s'agit de tous ceux qui ont gagné la Coupe du Monde, auxquels j'ajouterai Ted Ligety qui vient de gagner l'épreuve de combiné. Rappelons aussi que les favoris ne sont pas toujours ceux qui gagnent... donc les pronostics n'ont souvent pas lieu d'être.
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