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Vidal, la poisse
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Publié 24/02/2006 à 17:00 GMT+1
Catastrophe pour le ski français. Jean-Pierre Vidal s'est fracturé le bras gauche vendredi à l'entraînement... le jour de ses 29 ans. Il ne pourra donc évidemment pas défendre son titre olympique samedi lors du slalom. Une incroyable malchance qui le pous
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Crédit: Eurosport
La scoumoune, Jean-Pierre Vidal connait. Entre quelques tranches de bonheur, comme ses victoires en Coupe du monde à Kranjska Gora, en 2001, ou à Kitzbühel, le mois dernier, et bien sûr son titre olympique à Salt Lake City, le slalomeur français a accumulé les blessures et les pépins. Mais il faut vraiment que le sort ait décidé de s'acharner avec un sens aigu de l'injustice pour lui infliger ça: "Jipé" s'est fracturé le bras gauche le jour de son 29e anniversaire, la veille de disputer le slalom des Jeux de Turin.
Fin du rêve. Fin de l'histoire. Et pas vraiment de happy end. Lui-même a du mal à croire que sa carrière puisse s'arrêter de cette manière. Avec une telle brutalité. "Ma carrière s'arrête le jour de mon anniversaire avec le bras gauche cassé ", glisse-t-il, visiblement sonné, comme s'il prononçait ces mots pour se convaincre de la réalité. Vidal a passé sa carrière à lutter contre la poisse. Mais là, trop, c'est trop. Il rêvait d'une apothéose pour sa dernière saison, pour son dernier grand rendez-vous.
Les yeux embués
Il y aurait de quoi hurler. Fidèle à lui-même, Vidal reste calme et raconte sa mésaventure. "Je faisais du ski libre pour me préparer. J'avais de supers sensations. Mais sur la deuxième descente, j'ai pris un trou sur la piste de géant. J'ai senti qu'il y avait un problème au bras. Je me suis dit 'c'est pas possible'. J'ai continué à descendre et j'ai vu que je ne pouvais plus bouger le bras", explique-t-il, la voix posée mais chevrotante, et les yeux embués.
Personne ne mérite de finir comme ça, surtout que le Tricolore était revenu à son meilleur niveau cette saison. "J'avais vraiment tout ce qu'il fallait pour être parmi les meilleurs , peste-t-il. En plus, j'avais le dossard 2. Il y avait tout pour faire un truc. Mais le destin en a voulu autrement. Jean-Noël Augert s'était blessé juste avant Sapporo, comme moi. C'est marrant. C'est la vie. Je voulais finir tranquillement ma carrière à Are, lors des finales de la Coupe du monde. Mais là, c'est minimum 45 jours d'arrêt."
La sale histoire se répète
La référence à Augert n'est pas anodine. L'illustre cousin de Vidal, lui aussi slalomeur, avait effectivement achevé sa carrière de la même manière en 1972. Comme Vidal, il avait gagné à Kitzbühel un mois avant les jeux. Et comme lui, il avait dû renoncer juste avant le Jour J, par la faute d'une blessure à la cuisse, achevant sa carrière sur une énorme déception. La sale histoire s'est répétée. Si prévenant avec les outsiders tricolores, de Dénériaz à Chenal, le destin avait manifestement décidé de faire payer la note à nos deux champions olympiques de Salt Lake City. Entre la chute de Carole Montillet et le bras cassé de Jean-Pierre Vidal, ça fait tout de même beaucoup.
Dans le clan tricolore, la nouvelle en a bouleversé plus d'un. Logique. Vidal, en plus d'être un champion olympique, est un chic type. Depuis sa piste de bobsleigh où il a appris la mauvaise nouvelle, Bruno Mingeon était bien abattu. "Je suis très déçu et très touché, confie le porte-drapeau tricolore. S'il y avait quelqu'un sur qui je comptais pour nous apporter une médaille sur les derniers jours de compétition, c'était bien lui. Nous sommes rentrés ensemble de la cérémonie d'ouverture et déjà je sentais bien qu'il était en forme et qu'il avait beaucoup d'envie." Il neige des larmes sur la France olympique...
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