Cuche enfin au sommet

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Pour la première fois de sa carrière, Didier Cuche s'est adjugé un titre majeur. Ce mercredi, en dominant le Super-G des Mondiaux de Val d'Isère, le Suisse de 34 ans est devenu le troisième helvète sacré dans la discipline.

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Crédit: Eurosport

Hop Suisse ! Après la déception de la veille où Fabienne Suter et Lara Gut étaient attendues et ont finalement déçu, la Suisse a relevé la tête lors du Super-G messieurs. C'est son leader, Didier Cuche, qui a permis à l'équipe helvète de retrouver quelques couleurs sur les cimes de Val d'Isère. Solaise et la piste Rhône-Alpes n'avait pas souri aux filles la veille, la Face de Bellevarde a consacré le Neuchâtelois. Le Suisse de 34 ans a offert à son pays le troisième titre mondial de son histoire en Super-G, après les succès de Pirmin Zurbriggen à Crans-Montana en 1987, lors de l'introduction de la discipline aux Mondiaux, et de Martin Hangl à Vail en 1989. Ce mercredi, aux alentours de 12h18, Cuche a fermé cette longue parenthèse restée béante depuis vingt ans. Avec la manière.
Sur un tracé à la hauteur de sa réputation, le Vaudruzien a produit un ski d'une autre dimension. "J'ai réalisé une course optimale et j'ai pu effectuer les passages décisifs comme je l'avais prévu" , a-t-il expliqué. Les écarts à l'arrivée de cette "patinoire", selon les dires de certains concurrents, vont dans ce sens. Deux ans après le titre de son compatriote Patrick Staudacher, Peter Fill a terminé argenté ce Super-G, mais à une seconde du nouveau champion du monde (0"99). Un gouffre. Au passage de Cuche, la Face de Bellevarde s'est soudainement aplatie, tant le Suisse a paru dans son élément. Hyper agressif et guerrier comme il s'est l'être quand le tracé l'exige, le vice-champion olympique de la spécialité à Nagano (1998) a rendu une copie parfaite. A aucun moment, il n'a mis ses skis en dérive. Durant près d'une minute et vingt secondes, ses skis ont lové une déclivité qui ne pardonne rien aux hasardeux.
"Je m'améliore avec le temps"
En avance à chaque intermédiaire, Cuche a fait la différence tout au long d'un parcours pentu et verglacé. Dans le mur d'arrivée, le Suisse a gardé la hauteur suffisante sur sa ligne. Placé et toujours actif, le skieur de Val de Ruz a pourtant commis une petite faute en bas de la piste. Sans conséquence. "Aujourd'hui, tout a joué pour moi, les skis et le réglage des chaussures. Hier (mardi), après la séance de ski libre, je me suis fait violence pour faire le bon choix", a avoué le boucher de formation. Après avoir tourné autour d'un premier succès en Coupe du monde cet hiver mais surtout d'un premier grand titre en carrière, Cuche a enfin mérité le droit de monter sur la plus haute marche du podium.
A Are, il y a deux ans, le Suisse était reparti de Suède avec une seule médaille, le bronze en géant et était passé à un centième de récidiver en Super-G, échouant à la 4e place derrière son compatriote Bruno Kernen. A Val d'Isère, le divin chauve helvète a enfin décroché son Everest. Il y a sept ans, à Salt Lake City, Cuche n'était pas passé loin de l'or olympique en descente. En tête durant les deux tiers de la course, le Suisse était sorti du tracé. Les années ont passé. Grièvement blessé en 2005 (rupture des ligaments du genou droit), l'homme est revenu. Plus fort que jamais. "Je suis peut-être comme le vin. Je m'améliore avec le temps. Parfois, mon dos me fait mal, mais j'arrive à maîtriser la douleur" , a-t-il avoué. Dimanche, pour l'épreuve reine, Didier Cuche partira favori de la descente. Qui oserait dire le contraire ?
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