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Ski alpin - Vancouver 2010

18/02/2010 - 21:03

Double Aksel


Aksel Lund Svindal est en train de devenir une des stars des Jeux de Vancouver. Après l'argent sur la descente, le Norvégien est allé chercher sa deuxième médaille vendredi, lors du Super G. Mais cette fois, elle est en or. Svindal s'est imposé devant les Américains Bode Miller et Andrew Weibrecht.

Si la France cale depuis trois jours à Vancouver, la Norvège voit la vie en or. Après la belle journée de jeudi, marquée par un "sweep" en biathlon (victoires de Svendsen et berger, médaille d'argent pour Bjoerndalen), Aksel Lund Svindal a prolongé l'euphorie collective en remportant le Super G vendredi. Euphorie collective et individuelle car tout sourit à Svindal en cette première semaine olympique. Lundi soir, il avait conquis la médaille d'argent en descente, échouant à 7 petits centièmes de l'or et de Dider Defago. Cette fois, personne ne s'est mis entre lui et la gloire. Ce Super G était le sien et Svindal, avec son titre et ses deux médailles en poche, s'affirmer comme l'homme fort de ces JO 2010 en ski alpin.

Quand il s'est élancé avec le dossard 19, Svindal connaissait le nom de l'homme à battre: Bode Miller. Parti un peu plus tôt, l'Américain avait claqué le meilleur temps, en produisant du ski à la Bode Miller. Pas toujours académique, mais tellement engagé et finalement payant. "Le départ était très bosselé. J'ai fait quelques erreurs, dans un virage j'ai été envoyé vers l'extérieur mais je n'ai manqué pas la porte", raconte le skieur du New Hampshire. Mais à l'énergie déployée par Miller, Svindal a répondu par une justesse légèrement supérieure et une vitesse constantes. "Aujourd'hui, tout le monde a fait des erreurs, et la différence s'est faite parce que j'ai réussi à conserver de la vitesse," note le Scandinave. A l'exception du premier intermédiaire, situé une quinzaine de secondes après le départ, Svindal a toujours été devant Miller, pour franchir la ligne d'arrivée avec 28 centièmes d'avance sur son rival.

La terrible chute de Jaerbyn

Dire que ce duo de tête n'était pas attendu serait mentir. Lundi, Svindal et Miller avaient frôlé le titre, prenant respectivement les deuxième et troisième places derrière Defago. Ils ont eu cette saison en commun une même approche de l'échéance olympique, sacrifiant partiellement la Coupe du monde (surtout Miller) pour se focaliser sur les Jeux. Manifestement, c'était le bon choix au vu des résultats de ces deux premières courses. Benni Raich, Carlo Janka ou Didier Cuche, les trois premiers du classement général cet hiver, sont toujours bredouilles pour l'instant. Cuche, grand favori de la descente, avait échoué dans sa quête de médaille. Il n'a pas eu la revanche espérée vendredi, échouant encore plus bas, à la 10e place.

Derrière Svindal et Miller, la troisième médaille disponible est revenue à un outsider, le jeune Andrew Weibrecht, invité surprise sur ce podium. Il ne lui a même manqué que trois centièmes pour décrocher l'argent, mais au moins a-t-il une médaille. D'autres n'ont aujourd'hui que des regrets, comme Werner Heel (4e), Erik Guay (5e), Christoph Innehofer (56e) et Patrick Staudacher (7e), tous dans le même dixième que Weinbrecht. C'est dire si les centièmes valaient cher vendredi à Whistler. Encore un Américain. Les Etats-Unis n'en finissent plus d'accumuler les médailles en ski alpin, chez les hommes comme chez les femmes. Le bilan tricolore est nettement moins glorieux. Quatre courses et toujours pas de médaille en ski alpin. Il n'y a pas eu de miracle pour les Français dans le Super G, seul Adrien Théaux parvenant à titiller un temps les ténors. Mais un bas de piste chaotique l'a fait sortir du Top 10 (12e). "Mes sensations étaient bonnes, assure-t-il. J'étais bien parti jusqu'au dernier chrono intermédiaire. J'étais venu pour la médaille, je suis un peu déçu que cela n'ait pas payé".

Mais derrière les joies et les peines des uns et des autres, cette course a surtout été marquée par la terrible chute de Patrik Jaerbyn, dont l'image du corps désarticulé et inerte avait d quoi glacé le sang. En fin de parcours, le quadragénaire suédois (41 ans), a heurté une porte avant de perdre complètement la maîtrise dans les airs. Retombé lourdement au sol une première fois, il a rebondi avant que sa tête ne heurte à nouveau la neige à pleine vitesse. Effrayant. Le visage tuméfié et en sang, Jaerbyn a été placé dans une civière et transporté vers la clinique du Village olympique de Whistler. On attend de ses nouvelles.

 

Eurosport - Laurent VERGNE
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