Fischbacher en flèche

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Andrea Fischbacher a offert au ski autrichien sa première médaille d'or aux Jeux de Vancouver. Elle a dominé le Super-G samedi en devançant la Slovène Tina Maze et l'Américaine Lindsey Vonn, qui s'offre sa deuxième médaille après l'or de la descente. Ingrid Jacquemod a pris la 10e place.

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L'Autriche n'était pas loin de la révolution. Avec aucune médaille d'or en quatre courses, ce pays, qui a l'habitude de voir dans le ski alpin un sport pourvoyeur de médailles en puissance, n'hésitait pas à parler de "débâcle" et de "honte" après un nouveau zéro pointé en Super-G vendredi, une première depuis Lillehammer en 1994. Mais c'était sans compter sur leurs compatriotes féminines... Alors que le Super-G féminin se dirigeait vers un nouveau succès de Lindsey Vonn, Andrea Fischbacher est sortie de nulle part pour coiffer tout le monde, l'Américaine en premier pour 74 centièmes, et redonner le sourire à l'Autriche en succédant à Michaella Dorfmeister, sa compatriote titrée à Turin.
Après un parcours sans faute, l'Autrichienne de 24 ans a réalisé la course parfaite pour créer une sacrée surprise, elle qui n'a auparavant remporté que deux titres en Coupe du monde : un Super-G à Sestrières en février 2008 et une en descente en février 2009. Partie avec le dossard 19, comme Aksel-Lund Svindal titré vendredi en Super-G masculin, Andrea Fischbacher a apporté à la Wunderteam son premier titre olympique en ski alpin, le 2e pour l'Autriche dans ces Jeux. Pour éviter un fiasco encore plus flagrant pour ce pays qui vibre pour ce sport. L'Autrichienne empêche ainsi Vonn de mettre la main sur le seul trophée qui lui manquait en vitesse, alors que la championne olympique de descente détient les globes de cristal et médailles d'or mondiales de descente et super-G.
Un dossard 19 porte-bonheur
L'an dernier, c'est elle déjà qui avait ouvert le compteur des médailles de l'Autriche aux Championnats du monde. Elle avait fini troisième du super-G, derrière Vonn et la Française Marie Marchand-Arvier. Cette année, c'est Elisabeth Goergl qui a ouvert la voie en décrochant le bronze en descente, avant que Fischbacher ne vainc le signe indien. "Je ne l'ai pas cru quand j'ai vu mon nom en haut du classement. C'est un rêve qui devient réalité. J'ai aimé toute la course et le fait que la piste était difficile. Il fallait vraiment être à fond et agressif dès le début. Dans les disciplines de vitesse, nous n'avons pas obtenu de bons résultats mais on a montré que si tout va bien, on peut être les meilleurs". Plus étonnant encore, la médaille d'argent de Tina Maze. La Slovène de 26 ans a glané la majorité de ses succès en slalom géant en Coupe du monde, mais était monté cinq fois sur un podium de Coupe du monde en Super-G en 2004 et 2009. Toutefois, 5e en Super-Combiné il y a quelques jours, la Slovène a démontré que cette piste olympique était taillée pour elle. Une piste qui a souri tout de même à Lindsey Vonn.
L'Américaine, visiblement déçue de ne pas décrocher un 2e titre, comme elle avait pu le faire en championnat du monde sur descente et Super-G, se contentera d'une médaille de bronze. Une 2e récompense qu'elle a failli ne pas remporter, l'Italienne Julia Schnarf ayant terminé 4e à 11 centièmes du podium... "Tout le monde avait des problèmes sur le haut de la piste et j'ai essayé de bien skier sur cette portion. Mais ensuite j'ai levé un peu le pied et je pense que c'est là que j'ai perdu la course", a justement analysé Vonn. "Je ne pense pas que j'aurais pu faire beaucoup mieux, a-t-elle poursuivi. Je suis venue ici en espérant gagner la descente et remporter une autre médaille. Cette médaille de bronze est la cerise sur le gâteau. Toute médaille remportée aux jeux Olympiques est un succès et vous devez en être vraiment fier".
MMA : "C'est moi qui ai raté"
Discours qu'aurait pu tenir Marie Marchand-Arvier, mais la skieuse des Contamines n'a pas réussi à confirmer sa 7e place en descente sur ce Super-G qu'elle n'a pas pu terminer, la faute à une porte ratée en milieu de parcours. Une grosse déception pour elle qui est vice-championne du monde de la spécialité. "J'avais beaucoup d'ambition sur cette course, et de ne pas pouvoir m'exprimer, c'est un peu frustrant. C'est un peu trop dur à avaler. J'ai voulu prendre un peu trop de risques, ça n'a pas marché...Je ne vais pas remettre la faute sur le manque de visibilité. C'est moi qui ai raté. C'est tout. C'est dur quand on sait qu'on peut faire des médailles et qu'on ne les fait pas."
La meilleure Française est Ingrid Jacquemod. Après une faute en début de parcours, l'Avaline n'a pas fait mieux qu'une 10e place à 1 seconde 63 de Fischbacher. Aurélie Revillet termine à une lointaine 22e place à près de 4 secondes de la lauréate du jour. Si le ski autrichien parle aisément fiasco pour la Wunderteam avant même la fin des Jeux, quel sera le mot pour les Français s'ils restent toujours bredouilles ? Car il faut rappeler qu'au moins une médaille est apportée au bilan tricolore des JO d'hiver par le ski alpin depuis 1936... L'espoir de médailles est toujours de mise car il reste encore 5 courses (un super-combiné, deux géants et deux slaloms) avant de tirer la sonnette d'alarme.
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