2010 JO Vancouver Bjorn Daehlie - AFP
 
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Il était une fois les Jeux

Il était une fois les Jeux

Par Eurosport
Par Eurosport - Le 26/02/2010 à 00:59
Pendant les Jeux de Vancouver, nous vous proposons de revivre quelques pages célèbres de l'histoire des J.O. d'hiver. Gros plan vendredi sur Bjorn Daehlie, qui reste aujourd'hui encore l'athlète le plus médaillé des Jeux d'hiver et le plus grand fondeur de l'histoire.
 

Lorsque débutent les Jeux de Nagano, en 1998, Bjorn Daehlie est déjà une légende du ski de fond. Adulé, bardé de titres mondiaux, multiple vainqueur de la Coupe du monde, le skieur de Drammen est une icône dans son pays, qui le considère déjà comme le plus illustre sportif de son histoire. Le Norvégien, compétiteur né, veut maintenant marquer d'une empreinte indélébile les Jeux Olympiques. Profitant de l'enchainement Albertville-Lillehammer, avec deux éditions en seulement deux ans, fait unique dans l'histoire olympique, Daehlie s'est bâti un palmarès plus qu'enviable.

En 1992, en Haute-Savoie, Daehlie avait remporté les 15 et 50 km libre ainsi que le relais. Déjà trois médailles d'or à son escarcelle. Deux ans plus tard, sur ses terres, à Lillehammer, le héros local en ajoute deux de plus, sur le 15 km classique et le 10 km libre. Dès lors, BD n'ignore pas qu'il peut écrire la légende pour de bon à Nagano, en devenant le premier athlète à gagner sept médailles d'or aux Jeux d'hiver. Même le record de Mark Spitz, Carl Lewis Larissa Latinina et Paavo Nurmi, nonuples champions olympiques aux J.O. estivaux, ne lui semble pas inaccessible.

Alsgaard, l'éternel rival

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Au pays du Soleil levant l'affaire s'engage mal, cependant. Le 30 kilomètre vire au cauchemar. Mauvais choix de skis, mauvais fart. Résultat, une 20e place indigne du bonhomme. Même s'il rebondit en conservant son titre sur le 10km, Daehlie se voit à nouveau contrarié sur la distance supérieure, où il doit se contenter de l'argent, battu par son vieux rival Thomas Alsgaard. Les deux hommes, qui sont non seulement compatriotes mais aussi voisins, s'apprécient assez modérément. Leur rivalité s'étend jusque dans leur vie de tous les jours. Alsgaard, bon vivant, est l'antithèse de Daehlie, intégriste de l'entrainement.

Les mauvaises langues évoquent aussi une certaine jalousie entre les deux hommes, même si les deux intéressés démentent aussitôt. Les pros Daehlie affirment qu'Alsgaard envie le statut de star nationale de son compète de l'équipe norvégienne. Il est vrai que Daehlie possède sa propre émission de télé. S'il se présentait aux élections, il l'emporterait haut la main... "C'est vrai que nous avons des problèmes, sourit Daehlie. D'abord nous sommes en compétition pour savoir qui est le meilleur skieur du pays et comme si ça ne suffisait pas, il envoie ses enfants tirer des pierres dans mes fenêtres."

L'apothéose

L'union de ces deux talents hors normes permet à la Norvège de dominer le relais 4x10km, et à Daehlie d'obtenir son sept d'or. Le voilà donc dans l'histoire: sept titres olympiques aux Jeux d'hiver, le fait est unique. Pourtant, le meilleur reste encore à venir. Le 22 février 1998, le Scandinave dispute à l'occasion du 50 kilomètres ce qui sera l'ultime course de sa carrière aux Jeux, même s'il l'ignore encore, puisqu'il projette de tirer le rideau à Salt Lake City. Mais l'apothéose sera somptueuse.

La course prend d'abord un tour inattendue. Au tiers de l'épreuve, soit au terme de la première boucle de 16,6 km, le jeune Autrichien Christian Hoffmann mène la danse, devant le Russe Alexei Prokurorov, pourtant davantage réputée pour ses talents de finisseur que pour ses départs canons. A cet instant, Daehlie, parti plus prudemment, n'est pas sur le podium. Il produit son effort dans le deuxième tour du parcours de Mora et vire en tête avec une avance substantielle sur le Suédois Niklas Jonsson. Prokurorov, leader aux 25km, est rentré dans le rang, tout comme Hoffmann, qui décrochera finalement le bronze.

A bout de forces

La victoire va se jouer entre les deux Scandinaves. Daehlie semble posséder une marge suffisante, mais il coince brutalement dans les derniers kilomètres. Il apparaît épuisé comme jamais. Finalement, il préserve huit secondes. Huit secondes pour un huitième titre olympique, après plus de deux heures et cinq minutes d'efforts. Une fois la ligne franchie, Daehlie s'est littéralement effondré. Il lui faudra plus de cinq minutes pour se redresser et se remettre sur ses deux jambes. "Je ne croyais même plus avoir une médaille, tellement j'étais épuisé. Ce fut sûrement la course la plus épuisante de ma carrière", avoue-t-il.

Ce sera également son dernier jour de gloire olympique. Daehlie ne pourra en effet aller au bout de son rêve, en surpassant, Lewis, Spitz et les autres. Son compteur restera bloqué à 12 médailles, dont huit en or. La faute à des problèmes dorsaux récurrents. La mort dans l'âme, le 29 mars 2001, il renonce à la compétition et à son rêve. Sivert, l'un de ses deux fils alors âgé de sept ans, en a pleuré. Et Thomas Alsgaard, le vieux rival, fut le premier à l'appeler pour le saluer.

 
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