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Ski de fond - Vancouver 2010

Vittoz, regrets éternels

Pour la énième et dernière fois de sa carrière Vincent Vittoz a raté pour quelques secondes une médaille olympique mercredi, dans le relais masculin, que les Français ont terminé à la 4e place. Il ne goûtera sans doute jamais au podium aux Jeux. Injuste? Oui, mais c'est comme ça...

 
Vittoz, regrets éternels - Ski de fond - Vancouver 2010Reuters
 

Au rang des grands maudits de l'Olympe, Vincent Vittoz mériterait une place spéciale. Rarement un champion français aura tutoyé avec une régularité aussi féroce les podiums olympiques sans jamais réussir à monter dessus. Mercredi soir, il s'en est fallu de quatre ridicules secondes et d'un sprint cruel pour que le leader du fond français ne touche enfin son Graal à l'occasion du relais 4x10 kilomètres. Quatre secondes, comme sur le 15 km.

Le pire, c’est que Vittoz a assisté en spectateur à cette nouvelle frustration, puisqu'il avait effectué le deuxième relais, laissant le soin à Emmanuel Jonnier de conclure. Malheureusement, Jonnier a échoué à la quatrième place, victime du retour d'un immense Peter Northug et de ce maudit sprint final. "Je savais que le Tchèque (NDLR: Koukal) et le Norvégien étaient plus rapides que moi sur le papier au sprint. On a fait le maximum et ça n'a pas payé", regrette Jonnier. A 34 ans, Vittoz a donc vu une nouvelle chance de médaille s'envoler. La dernière, peut-être. La cruauté de ce destin contraire l'a laissé sans réaction mercredi. Il n'a même pas eu la force de réagir à chaud.

Gal: "C'est la médaille du con"

Deux jours plus tôt, après sa 7e place dans le sprint par équipes en compagnie de Cyril Miranda, le natif d'Annecy était déjà écoeuré. "Je me demande vraiment ce que je fais de mal, pourtant je m'investis à 100% et je ne vois pas ce que je peux faire de plus". Malheureusement pour lui, les médailles, comme les titres, ne se méritent pas. Elles se gagnent. Au mérite, Vittoz aurait déjà garni sa vitrine depuis longtemps. Comme après chaque déception, "Toz" est reparti au combat mercredi. Sans broncher. Et cette fois, après un excellent relais de sa part et une superbe course d'équipes, il y a cru plus que jamais. Les Bleus ont été dans le trio de tête pendant 95% de la course. Mais pas à l'arrivée…

Roberto Gal, l'entraîneur Equipe de France, peut l'avouer, la pilule est dure à avaler. "Je dois gérer mes troupes car ils sont tellement abattus, lance-t-il. Dans la vie, il faut un peu de chance, là ces JO ne veulent pas nous sourire. Le staff et les athlètes méritaient mieux. C'est la médaille du con." Du con, ou du poissard, comme Vittoz. De Turin à Vancouver, il aura cumulé les places d'honneur: deux fois 4e, une fois 5e, une fois 6e, une fois 7e. Lui qui était devenu en 2002 le premier Français à remporter une épreuve de Coupe du monde, avant un sacre de champion du monde trois ans plus tard, avait tout pour obtenir une médaille olympique dans sa carrière. Ce ne sera pas le cas. A moins que la roue ne tourne enfin sur le 50 kilomètres, mais cette distance en style classique ne lui a jamais souri.

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