Federer, rira bien qui...

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Roger Federer doit-il craindre Novak Djokovic, lequel a clairement affirmé viser la place de N.1 mondial ? Le seul fait que la question se pose est significatif. Mais si le "Djoke", moqué en 2006, est devenu un adversaire direct en mars, le Suisse n'est p

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Roger Federer stoppe net les éclats de rire des journalistes : "Je ne plaisante pas : "Novak is a 'Djoke' ". (Novak, c'est une blague, ndlr)*
Nous sommes en 2006 au terme d'un match de play-off de Coupe Davis entre la Suisse et la Serbie. Le N.1 mondial use d'un jeu de mots limpide pour donner son sentiment sur l'immaturité de son adversaire du jour, qui a abusé de la règle concernant l'appel des kinés.
Aujourd'hui, l'anecdote fait sourire les observateurs. Novak Djokovic a pris du galon et appris à prendre les règles au sérieux. Une nécessité pour un joueur de 19 ans qui déclare sans ambages : "Je veux devenir N.1 mondial". Pourquoi pas en effet, tous les éléments sont réunis pour que cet admirateur de Sampras puisse un jour atteindre bien des sommets.
Au mois de mars, le Serbe a dominé Rafael Nadal et Andy Murray (deux fois) et enfin Guillermo Cañas. Depuis le début de l'année, il a remporté deux titres et compte le meilleur ratio victoires/défaites du circuit 25/5 devant Andy Murray (23/5), Andy Roddick (21/5) et Ivan Ljubicic (21/7). Et à l'heure de débuter la saison sur terre, le prodige de Belgrade se sent encore pousser des ailes : c'est à Roland-Garros qu'il a réussi son meilleur résultat en Grand Chelem pour l'instant (quarts de finale).
"Battre Federer, cela ne saurait tarder !"
Epatant !... Mais pas suffisant pour remettre en question la domination de Roger Federer. Novak a placé la barre très haut : "J'ai toujours essayé de me comparer aux meilleurs, mais là, pour la première fois de ma carrière, je pense que je mérite de faire partie des trois meilleurs joueurs du monde, ma victoire sur Nadal le prouve. Bien sûr, je n'ai pas encore battu Roger Federer mais cela ne saurait tarder."
Au premier abord, on n'a envie d'être convaincu par l'arrivée de celui que certains ont appelé, avec un certain goût pour la comédie dramatique, le "troisième homme". Mais dès que l'on se penche sur la situation actuelle, on se rend compte de l'écart qui sépare les deux hommes. Et même si le Serbe s'imposait à Roland-Garrros, le tournoi parisien n'en aurait pas plus la valeur d'une élection présidentielle du circuit...
Cette année, Djokovic va avant tout devoir se battre pour rencontrer à nouveau Federer. Sans atteindre à la qualité des perfs réalisées à partir des quarts de finale, le Serbe a plutôt été épargné par les tirages au sort. Son titre à Adélaïde est passé par des victoires sur Jan Hajek, Alun Jones, Paul Goldstein, Joachim Johansson et Chris Guccionne. Rien de terrifiant (Joachim Johansson étant loin de son meilleur niveau depuis son opération).
Trois belles perfs, une finale bien maîtrisée, c'est tout
A Marseille, il perd dès le premier tour face à Youzhny. A Rotterdam, il bat Robredo mais perd encore devant Youzhny. A Indian Wells, ses victimes sont d'excellents joueurs du Top 70, mais qui plafonnent vers le Top 10 (Ferrer en tête, puis Benneteau, Ginepri sans parler du jeune Korolev). Sa victoire sur Andy Murray est la plus convaincante. Il perd face à Nadal, diminué par l'émotion que procure une première finale de Masters Series.
A Miami, le scénario se répète : Bracciali, Llodra et Lopez en apéritif puis trois matches convaincants face à Murray, Nadal et Cañas. Les deux premiers ne semblaient pas au top physiquement (blessure au pied pour Nadal, adducteurs pour Murray) et le second disputait sa deuxième finale de Masters Series après l'absence que l'on sait.
Djokovic devra se battre pour retrouver Federer cette saison
Mieux: plus tôt dans l'année, Djokovic a perdu deux fois face à Federer à l'Open d'Australie et à Dubaï.
Conclusion : mathématiquement, Djokovic se rapproche d'Andy Roddick, numéro 3 mondial. Sur terre battue, il semble en mesure de faire sensation. Mais ses dispositions ne sont rien en comparaison des motivations de Federer, N.1 intouchable au moins jusqu'à l'US Open, qui a fait de Roland-Garros l'objectif majeur du premier semestre.
Nadal, touché au pied, a bien des soucis à se faire. Murray et Djokovic sont armés pour devenir... dauphins de Federer, et cela en passant par la terre battue.
Federer, qui a perdu deux sets en quatre rencontres face à Djokovic, vise un Grand Chelem quand ce dernier ne connaît pas encore le frisson d'une demi-finale de Grand Chelem et a fortiori, le vertige d'une finale. Pour quelqu'un qui a été impressionné par les 15 000 spectateurs de la finale d'Indian Wells, on imagine que cela peut être pénalisant.
On ne reprochera pas la détermination, le talent et l'ambition de Djokovic mais on remarquera simplement que la saison est encore longue et que seul Federer en voit l'horizon pour l'instant du haut du sommet de l'Open d'Australie, sourires au lèvres. "Rira bien qui rira le dernier", ce n'est pas encore un proverbe de jeune premier.
*A savoir : le premier surnom de Novak Djokovic est "Nole"
>Djokovic battra-t-il Federer cette saison ?Répondez au sondage en bas à droite sur la page tennis et débattez sur le blog : ACE 2007 !
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