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Des conseils pour Federer?
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Publié 10/04/2009 à 13:15 GMT+2
Roger Federer le répète à qui veut l'entendre, il n'a pas besoin d'aide. Ses hésitations sur le court, dans son calendrier - il vient finalement de s'inscrire à Monte-Carlo après avoir annoncé faire l'impasse - ses déclarations donnent une image trouble. Qui sait ce dont Federer a besoin ?
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A SAVOIR : Le N.2 mondial, qui avait d'abord prévu de jouer moins sur terre battue en 2009 que les années précédentes, n'avait inscrit que Rome et Madrid à son calendrier comme préparation à Roland-Garros. Les organisateurs du tournoi de Monte Carlo, du 11 au 19 avril, lui réservaient une "wild card" au cas où il changerait d'avis. C'est fait.
Roger Federer n'a pas besoin de conseils. Le Suisse le répète à qui veut bien l'entendre depuis des années. Et pourtant. Tout le monde s'inquiète de son sort et tout le monde, ou presque, est prêt à remettre la statue sur son socle. De la compassion pour certains, de l'ambition pour d'autres, et de nombreuses interrogations pour tous. Depuis deux ans, de nombreuses voix s'élèvent pour proposer leur aide à celui qu'elles décrivent comme le meilleur joueur de tous les temps, ou presque. On décrypte les sous-entendus de ses déclarations d'après-match, on évalue ses diagnostics médicaux, on stigmatise ces réactions, on constate un déclin, ou presque.
Roger Federer est un N.2 mondial perturbé. Son incroyable palmarès lui pèse sur les épaules comme un fardeau, son passé récent le harcèle comme un essaim de victoires envolées et son futur chatouille son orgueil et sa sensibilité à fleur (bleue ?) de peau. Une peur -bleue- de la paternité ?, se demandent les psychologues. La crainte de ne pas gagner un Masters Series ?, se demandent les historiens. L'essor d'une concurrence décomplexée ? se demandent les autres. Tout cela est à prendre à compte, ou presque. Federer est perturbé car il vit une période de sa vie bouleversante : la fin d'une ère de domination irréelle et l'arrivée de son premier enfant.
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A destin exceptionnel, perplexité collective exceptionnelle. Comme nous le disions déjà il y a quelques semaines, si Federer a plus souvent qu'à son tour la tête ailleurs, son objectif est beaucoup plus clair que tous les commentaires actuels à son sujet : il veut battre le record de Pete Sampras. "Treize ou quatorze du Grand Chelem, ça ne change rien. Mais quinze, oui, ça va changer ma vie" , déclarait-il après la finale de l'US Open en 2008. En finale de l'Open d'Australie, un seul set lui a échappé, le cinquième, face à celui restera pour toujours son plus grand rival, Rafael Nadal. Pour un joueur à la dérive, ou en plein ballotage comme on le présente aujourd'hui, ce n'est pas un détail. Pleurer, casser une raquette sont des signes qui évoquent sa jeunesse pour certains, ce seront des anecdotes à peine amusantes s'il décroche un 14e titre majeur.
En attendant, comme tout au lond d'une saison 2008 qui a souvent ressemblé à un calvaire ou un chemin de croix, les conseillers es-génie en déclin sont nombreux, nous vous proposons d'écouter ceux des plus connus, et pourquoi pas, de proposer les vôtres. Roger Federer, qui évolue sur le circuit sans coach attitré depuis 2003 et sa séparation avec Peter Lundgren (en comptant les "piges" plus ou moins longues de Tony Roche ou José Higueras), ne regarde plus sa raquette brisée à Miami mais vers Roland-Garros, Wimbledon, l'US Open et les saisons à venir.
Le conseil de PETER LUNDGREN
Ancien coach de Roger (de 2000 à 2003), le Suédois a perdu le contact avec la "sphère" Federer" mais son point de vue, lu ce jeudi dans L'Equipe est intéressant : "Il doit progresser par exemple sur son retour de revers. Il a besoin de quelqu'un, d'oeil nouveau, d'un cerveau nouveau."
Le conseil de MATS WILANDER
Encore un Suédois. Mats aimerait travailler avec Federer, il l'a souvent dit. Il a cru un temps que le Suisse avait touché le fond l'année dernière avant de constater à Flushing Meadows : "On ne verra plus les coups de génie de Federer mais on verra un Federer plus intelligent. Car il doit le devenir pour rester au sommet." Wilander incarne le tennis qui a de l'esprit ("witty" comme disent les anglais") pas celui de l'inspiration. Sa vie de famille ne correspond pas aux besoins de Federer. Il n'a d'ailleurs pas réussi à donner totalement confiance à Paul-Henri Mathieu l'an passé.
Le conseil de JOHN MCENROE
On ne présente pas John McEnroe, mais on aurait bien aimé qu'il nous présente ces idées pour sauver le soldat Federer : "J'aimerais vraiment aider Roger. Tout particulièrement parce qu'il a besoin de changer sa stratégie, et qu'il doit battre Rafael Nadal. Et j'ai une idée sur le sujet." Casser sa raquette une nouvelle fois ? OK, c'est galvaudé. Aller plus souvent au filet, comme le préconise aussi Wilander d'ailleurs, c'est plus plausible.
Le conseil de GUY FORGET
Le capitaine de Coupe Davis a remarqué une certaine nervosité dans le clan Federer. Pour un joueur qui a été métamorphosé par la naissance de son fils, il préfère un "wait and see" plein de sagesse ("old and wise"). Fin 2008, il pronostiquait à Sportweek.fr : "Federer risque de récupérer sa place de numéro 1". Aujourd"hui : "C'est l'avenir qui nous dira où se place la vraie motivation de Roger." Ce que l'on sait c'est qu'une victoire en Coupe Davis, cela vous relance une carrière.
Le conseil de ROGER RASHEED
L'entraîneur australien de Gaël Monfils avait poussé le Français au-delà de ses limites pendant l'intersaison. Que ferait-il avec Federer ? Du canyoning, du rappel dans les Alpes suisses ou sur les gratte-ciel de Dubaï ? "Quelques fois, il faut une nouvelle paire d'yeux", précise-t-il.
Le conseil de BJORN BORG
Le Suèdois légendaire est un grand fan de Federer. Il l'a accompagné avec joie quand il a égalé son record à Wimbledon en 2007. Le conseil qu'il pourrait donner, c'est de ne pas faire comme lui : "Avant mon point fort était de vouloir gagner tout le temps. J'ai perdu un peu de ma matoviation après ma défaite face à John McEnroe en 1981, en finale de Wimbledon. Je jouais bien mais pas avec la même concentration." Cela rappelle quelqu'un, non ? Non, Borg n'a plus rien gagné ensuite et a pris sa retraite quelques mois plus tard. Federer a gagné l'US Open deux mois plus tard.
Le conseil de GIL REYES
Le mentor d'Andre Agassi préfére s'intéresser aux plus jeunes. Fernando Verdasco par exemple. Concernant Roger Federer, il a plutôt fermé une piste en embauchant dans son Team Adidas Darren Cahill avec qui le Suisse voulait s'entraîner.
Le conseil de TONI NADAL
Le seul coach qu'il ne pourra jamais avoir, et qui prône pourtant un discours qui correspond à la situation : "Dans cette vie, il faut apprendre à conjuguer le verbe "être debout" . Et ça, les gens ne le font pas aujourd'hui. [...] C'est ce que je dis à Rafael. Bien que tout se passe bien pour toi, que tu aies l'argent et la réussite, il faudra rester debout; parce qu'il y a des choses que tu ne pourras pas contrôler."
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