Tennis - ATP Tour
18/03/2010 - 18:53Federer, pas de panique

Si certains voient un nouveau signe de déclin chez Roger Federer, éliminé au 3e tour de finale d'Indian Wells, qu'ils se rassurent. Pas du tout inquiet, le N.1 mondial calme le jeu et se laisse le temps de revenir à son meilleur niveau lors des Masters américains après son infection pulmonaire.
D'accord, Roger Federer a été éliminé au 3e tour du Masters Indian Wells. Mais si Marcos Baghdatis, son bourreau 33e mondial en Californie, a déclaré que c'était la plus belle victoire de sa vie, loin du Suisse l'idée de penser que c'est sa plus grosse défaite en carrière. Et ce, même si l'Helvète a gâché trois balles de match : deux dans la 2e manche à 7-5, 5-4, et une dernière dans le 3e set à 6-5 avant qu'un revers long de ligne manqué ne pousse Federer dans un jeu décisif qui "n'aurait jamais dû avoir lieu", selon le Suisse, un peu agacé au moment d'expliquer la perte du tie-break. Mais loin du Suisse aussi l'idée de penser qu'il panique. "Notre finale à l'Open d'Australie en 2006 était d'un meilleur niveau", aime à rappeler le patron du circuit ATP. Mais ce match n'était pas nul ! Il ne m'a manqué qu'un point."
Il est vrai que la mésaventure de Federer, en huitième de finale d'Indian Wells face à Baghdatis n'est pas arrivée souvent dans la carrière du Suisse en tant que N.1 mondial. Trois fois, l'Helvète a perdu un match après s'être procuré auparavant des balles de match. En 2005, il ne perd que quatre matches sur la saison (!), dont deux de cette manière : face à Marat Safin en demi-finale de l'Open d'Australie et face à Richard Gasquet en quart de finale du Masters de Monte-Carlo. La saison suivante, Rafael Nadal lui fera aussi le coup en finale du Masters de Rome. Des occasions qui se comptent donc sur les doigts d'une main. Pas de quoi dramatiser même si le triple vainqueur en Californie (2004-2005-2006) n'avait plus perdu ici avant les demi-finales depuis sa déconvenue de 2007 au 2e tour face à Guillermo Canas.
"Ne comptez pas sur moi pour me flageller"
"J'ai été trop impatient et je me suis posé trop de questions dans les moments chauds. C'est ce qui se passe quand on n'a pas joué depuis longtemps. On perd un peu le sens du bon geste au bon moment. J'ai huit jours pour régler ça." Tout champion hors-normes qu'il est, le Suisse est redevenu un joueur friable depuis son retour sur le circuit après son infection pulmonaire qui l'a tenu loin des courts pendant un mois et demi. Mais que cet écart ne fasse pas penser à son passage à vide de 2008 où il avait été diminué par une mononucléose. "Cela va revenir en jouant des matches, j'espère en faire plus à Miami (24 mars), a-t-il précisé. Mais je pense qu'avec plus de matches ici, j'aurais pu bien faire. Quelque chose était possible."
"Ne comptez pas sur moi pour me flageller. Cela me fait penser à ma défaite contre Tsonga l'an dernier à Toronto. (Le Français était mené 5-1 dans le troisième set avant de gagner au jeu décisif, NDLR). Cela ne m'a pas empêché de gagner à Cincinnati la semaine d'après." Avec plus de 3000 points d'avance en tête du classement ATP sur Novak Djokovic, battu au 4e tour, le Suisse ne perdra que 315 points la semaine prochaine. A Miami, Federer aura encore une place de demi-finaliste à préserver, soit 360 points comme à Indian Wells. Mais l'essentiel est plus loin pour lui avec la défense de 5000 points entre le Masters 1000 de Madrid et Wimbledon, en passant par Roland-Garros... Sa place de N.1 mondial en dépend, ainsi qu'un record de semaines passées sur le trône de l'ATP (lundi prochain, il se situera à 13 semaines des 286 de Pete Sampras, record qu'il battrait à l'issue de Wimbledon). Mais pas que ça.
Roland- Garros , endroit stratégique
Logé à un titre des 17 trophées de la référence en Masters 1000 (Andre Agassi), Roger Federer aura encore huit occasions cette saison de s'approprier un nouveau record. Détenteur de 16 titres en Grand Chelem depuis l'Open d'Australie 2010, le Suisse est tourné principalement dans la défense de ses titres majeurs pour essayer de faire ce qu'il reste à accomplir dans sa fabuleuse carrière : le Grand Chelem. Ce but ultime qu'il a touché plusieurs fois du doigt sans parvenir à le concrétiser.*
A deux mois de Roland-Garros, on peut aisément comprendre la quiétude du Suisse qui a encore largement le temps de retrouver tout son tennis avant ce moment capital dans sa saison que sera la défense de son titre aux Internationaux de France. Certainement celui qui sera le plus difficile à conserver, comparé à celui de Wimbledon qu'il a remporté à six reprises. Ou encore à celui de l'US Open, qu'il devra reconquérir après sa défaite face à Juan Martin Del Potro en septembre dernier, et qui pourrait être une touche finale en apothéose. A côté de tout ça, Indian Wells, finalement, ce n'est pas grand chose.
*NB : Federer a réalisé trois fois le petit Chelem dans sa carrière (Open d'Australie, Wimbledon et US Open) en 2004, 2006 et 2007. De plus, en 2006 et 2007, il est finaliste à Roland-Garros face à Rafael Nadal. En 2009, il était également finaliste des quatre tournois majeurs pour deux victoires à Roland-Garros et Wimbledon.















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