Andy Murray a-t-il accompli l'oeuvre de toute une vie en décrochant son premier titre du Grand Chelem à l'US Open ? A l'entendre, il n'en est pas question. En prouvant que son statut de "Big Four" n'était pas usurpé, l'Ecossais débute une nouvelle étape, celle de la confirmation. Novak Djokovic témoignera que cela n'est en rien facile, lui-même ayant attendu trois ans avant de remporter un nouveau titre majeur, entre l'Open d'Australie 2008 et 2011. S'il veut faire aussi bien que le Serbe pour jouer un rôle majeur sur le circuit, il lui reste du pain sur la planche. "J'ai dit après Wimbledon et les J.O. que je me sentais beaucoup mieux. Je suis soulagé d'avoir gagné enfin un majeur. Quoi qu'il arrive dans la suite de ma carrière, maintenant, je peux partir tranquillement à la retraite, s'est laissé dire Andy Murray, avant de préciser : "mais je vais essayer d'en gagner d'autres." Un discours qui pourrait paraître surprenant, mais après avoir essuyé tant d'échecs, rester mesuré apparaît comme un gage de sécurité.
Nombreux sont les vainqueurs en Grand Chelem qui n'ont jamais confirmé par la suite. Parmi les joueurs encore en activité, le Britannique rejoint Juan Martin Del Potro, freiné il est vrai par une opération au poignet en 2010, qui tarde à confirmer depuis son titre à New York en 2009. Au classement ATP, Andy Murray ne va pas effectuer un bond de géant : de la quatrième place, il passe au troisième rang, reléguant Rafael Nadal au pied du podium pour la première fois depuis 2010. Ce n'est pas une révolution comptable pour lui qui a déjà été numéro deux mondial trois semaines en août 2009, après une victoire au Masters 1000 de Montréal. Mais le soulagement procuré par sa victoire pourrait lui faire passer un nouveau cap psychologique encore plus grand, après un premier revirement opéré en atteignant la finale de Wimbledon et en remportant l'or olympique un mois plus tard.
"Maintenant, je peux partir tranquillement à la retraite"
"Il a changé d'état d'esprit et d'approche des grands matches, c'est une évidence, n'a pas manqué de reconnaître Novak Djokovic après la finale de Flushing Meadows. Il a gagné cette médaille pour son pays, il y avait d'énormes attentes et là il a été impressionnant. C'était très bon pour sa confiance. Si j'en crois mon expérience, le principal est de croire en soi, de mûrir et de comprendre ce qu'il faut faire pour devenir un vainqueur en Grand Chelem et le meilleur joueur du monde. Andy a tout le talent nécessaire, est très investi et l'avait déjà prouvé ces dernières années. Il a eu besoin de temps et d'expérience pour comprendre tout ça." Avec Ivan Lendl à ses côtés depuis le début de la saison, le Britannique a réussi son plus beau coup dès la première année de leur collaboration, un coup qui en appelle d'autres sans savoir si l'ex-numéro un mondial continuera l'aventure la saison prochaine. Mais après sa réussite estivale, les attentes vont redoubler autour de lui.
Que pourrait-il promettre ? Le prochain objectif à court terme pour Murray serait de confirmer son embellie en Masters Cup et surtout à l'Open d'Australie face aux trois autres acteurs principaux du circuit. Il est vrai qu'à New York, l'Ecossais s'est imposé en dominant deux joueurs du Top 10, Tomas Berdych et Novak Djokovic, et en profitant pleinement de l'absence de Rafael Nadal aux Etats-Unis et de la défaite en quart de finale de Roger Federer qui était dans sa partie de tableau. Ensuite, à moyen terme, il verrait sa cote de popularité explosée en s'imposant au moins une fois à Wimbledon pour rayer une seconde fois des tablettes Fred Perry, dernier vainqueur britannique au All-England Club également en 1936. Enfin, pourquoi pas ne pas viser la place de numéro un mondial ? Après tout, qui avait prédit l'exceptionnel ascendant de Novak Djokovic en 2011 ? Personne. Et pourtant, sa victoire en Coupe Davis fin 2010 laissait présager bien des choses... Après les ères de Federer, Nadal et Djokovic, 2013 nous dira si le temps de l'ère Murray est venue...



AFP






















