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Forget n'a pas apprécié
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Publié 16/09/2011 à 18:39 GMT+2
Au-delà de la supériorité évidente des Espagnols sur terre battue, Guy Forget n'a pas du tout aimé l'attitude défaitiste de Richard Gasquet et Gilles Simon vendredi. Après une journée sans éclat, le capitaine a reconnu avoir reçu une vraie claque et espère un autre visage de ses troupes dès samedi.
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De longues minutes après la fin des matches, Guy Forget est resté dans l'arène avec le clan tricolore pour superviser la fin de l'entraînement du jour. Devant le sourire crispé de Tsonga et le yeux médusés de Benneteau, le capitaine des Bleus a conclu la journée en mimant, bras ballant et tête basse, l'attitude défaitiste des deux joueurs qu'il avait envoyés au casse-pipe l'après-midi même... Devant les micros et caméras, Forget a pourtant tenté de ne pas trop enfoncer Richard Gasquet après son non-match face à Rafael Nadal et de démontrer que Gilles Simon a eu quand même sa chance contre David Ferrer, mais au fond de lui, il était furieux et n'a pas véritablement réussi à le dissimuler. Jamais l'équipe de France n'avait subi pareil camouflet en inscrivant seulement dix jeux après deux matches de Coupe Davis.
La stratégie était pourtant claire : il fallait y aller avec le coeur, les tripes et l'envie de vouloir faire au moins douter ces Espagnols que les statistiques et les classements donnaient déjà archi-favoris. Mais ni le Biterrois, ni le Niçois ont été à la hauteur de l'événement. "Je ne veux pas m'infliger la question de savoir si cela était mieux de faire Jo vendredi ou non", soutenait-il en conférence de presse. "Objectivement, en l’ayant vu jouer sur terre battue, je ne suis pas sûr qu’il aurait fait mieux que ça. Nous savions que le point du double était le plus abordable du week-end, nous allons donc tout donner pour l'empocher afin d'espérer encore une qualification, même si cela sera difficile."
"Richard et Gilles auraient pu faire mieux"
"Difficile" n'est pas le terme exact : "inespéré" serait plus approprié. Statistiquement, l'équipe de France ne possède plus que 3,8 % de chance d'accéder à la finale. Une peau de chagrin. Menée 2-0 dès le vendredi soir, elle n'a refait ce retard à l'extérieur qu'une fois dans son histoire en 26 précédents. C'était en 1948 en Roumanie. De son côté, l'Espagne n'a été renversée qu'une seule fois en menant de la sorte, en 1966 face au Brésil. Un pays qui ne réussit pas à l'Espagne, les Brésiliens de Gustavo Kuerten restant même les derniers à avoir battu la Roja chez elle il y a douze ans. La situation des Bleus était déjà compliquée avant le vendredi, elle est désormais critique.
"Allez, je veux bien vous dire que je suis déçu de l'attitude de Richard, tout comme de Gilles, car je suis sûr qu'ils auraient pu faire mieux", a admis un Forget agacé par les questions à répétition sur les matches balancés par ses protégés. "C'est dur à avaler, mais il ne faut pas oublier qu'en face, il y a les deux meilleurs joueurs du monde sur terre battue. Leur classement est aussi révélateur de leur saison : ils sont largement au-dessus de nous et il ne fallait pas s'attendre à quelque chose d'autre. Maintenant, j'aurais aimé que cela se passe autrement." Entre la gifle reçue en Serbie après une défaite sur le fil et la fessée qu'elle est en train de recevoir à Cordoue, la rougeur de l'impact laissera des traces pendant un bon bout de temps pour cette équipe de France qui se voyait belle sur le papier. Mais sans Monfils et sans une attitude guerrière, la France n'avait aucune chance d'espérer mieux que la situation qu'elle vit actuellement.
"Supérieurs dans tous les secteurs"
"Je ne pense pas que la situation est la même qu'en Serbie, a dit Forget quand le parallèle a été fait ave le dimanche noir de la finale 2010. Là, les conditions sont bien plus difficiles qu'on ne veut le voir. La chaleur, c'est une chose, mais ça ne fait pas tout. Ils ont eu moins de temps que nous pour se préparer sur terre battue et pourtant, ils ont été bien meilleurs que nous sur cette surface. Face à des équipes comme ça, à l’extérieur, dans cette ambiance, être "bon/moyen" ne suffit pas. Dans tous les secteurs du jeu, ils nous ont été supérieurs." Forget assurait jeudi que les Tricolores se sentaient capables de gratter un point le premier jour. Après deux matches, il réalise maintenant qu'ils sont très loin du compte.
Le point du double qu'il savait déjà décisif revêtira un aspect encore plus crucial. Jo-Wilfried Tsonga et Michaël Llodra, voire Julien Benneteau, sont prévenus : avant même de parler de victoire, il va falloir donner un autre visage samedi dans l'arène de Cordoue face à Feliciano Lopez et Fernando Verdasco qui donneront tout pour plier l'affaire avant le dimanche afin d'épargner à Rafael Nadal de revenir sur le court dimanche vraisemblablement face à Tsonga. Le numéro un espagnol est toujours plus revendicatif sur la lourdeur du calendrier. Si le double français montre la même attitude que Simon et Gasquet, il n'aura pas à s'employer. Mais Forget aura du mal à supporter un affront de plus, même face à la meilleure équipe du monde.
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