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La compétition de trop?
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Publié 06/12/2011 à 10:17 GMT+1
La Coupe Davis risque d'être une compétition zappée par les principaux joueurs du Top 10 en 2012, année olympique. Si Nadal et Ferrer sont les premiers à l'avoir annoncé, Djokovic et Murray pourraient suivre le mouvement. Dans une impasse, la FIT qui l'organise cherche des solutions.
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La cinquième victoire espagnole à Séville pourrait-elle être la dernière de la génération des Nadal, Ferrer, Verdasco et Lopez ? A les entendre, oui. Le N.2 mondial a brisé la glace le premier en annonçant son absence durant toute la campagne 2012. David Ferrer lui a emboité le pas en parlant carrément de "fin de cycle". "Nous allons parler des prochaines années. Dieu merci, l'Espagne a une richesse de grands joueurs que nous pouvons remplacer et très bien", a tenu à rappeler le Majorquin. A ceci près que sans lui, l'Espagne a souvent connu des déconvenues, comme en 2007 aux Etats-Unis ou en 2010 en France alors qu'il était absent, la seule exception étant la finale 2008 remportée en Argentine. Avec les principaux acteurs des derniers succès ibériques qui laissent leur place, la formation d'Albert Costa risque de vivre une année creuse... tout comme la Coupe Davis elle-même qui va passer une saison 2012 dans l'ombre des jeux Olympiques.
La fin du cycle espagnol, si brutal soit-il, montre un peu plus la fragilité du système de cette compétition internationale. Un système qui n'est plus taillé pour faciliter la participation des joueurs professionnels, tiraillés entre leur devoir national et leur obligation de résultats pour vivre de leur métier. Si les Espagnols ont annoncé la couleur tout de suite dans un contexte qui leur est favorable pour mieux faire passer la pilule, d'autres membres du circuit ne devraient pas mettre longtemps pour suivre le mouvement. Si Roger Federer réfléchit encore à caser la Coupe Davis dans son programme, il pourrait en être autrement pour Novak Djokovic, héros en 2010 mais victime de ses efforts en 2011 qui passera sa saison prochaine à défendre sa première place mondiale ; ou encore pour Andy Murray pour qui le tournoi olympique, organisé sur le prestigieux gazon de Wimbledon, sera légitimement beaucoup plus excitant à vivre que jouer en deuxième division avec la Grande-Bretagne.
Gachassin : "Jouer la Coupe Davis après les tournois de Grand Chelem n'est pas une solution confortable"
Outre les jeux Olympiques, le principal problème de cette compétition tient en un point essentiel : sa place dans un calendrier déjà très fourni, casée entre deux gros tournois souvent disputés sur des surfaces strictement différentes. Une formule qui assure fatigue et blessure au joueur qui ne ménage pas suffisamment sa monture. L'année prochaine par exemple, le premier tour se tiendra le week-end du 10 février, soit moins de quinze jours après la fin de l'Open d'Australie. Un gros souci pour l'équipe de France qui devra se rendre à Vancouver, à l'extrême ouest du Canada. Est venu en plus se greffer le tournoi de Montpellier entre les deux événements, rajoutant un peu plus de dilemme à la situation, certains joueurs français s'étant engagés contractuellement à participer au rendez-vous héraultais avant que celui-ci ne soit décalé de fin novembre à début février. Jo-Wilfried Tsonga a déjà tranché la question en indiquant qu'il ne passerait pas par la case Montpellier. Michaël Llodra a même appelé à un boycott... En sera-t-il de même pour Gaël Monfils, vainqueur du tournoi en 2010 ?
Face à cette situation ubuesque, Jean Gachassin entend apporter des solutions. "Je sais que c'est un problème majeur, nous a-t-il assuré dans un entretien exclusif. Etant vice-président de la Fédération Internationale, je vais tout faire pour que cette compétition soit maintenue car je suis très attaché à la Coupe Davis. Mais il faut trouver une meilleure façon de l'organiser afin que les meilleurs joueurs puissent y participer, point essentiel pour que cette compétition reste prestigieuse." Il faut rappeler que la Coupe Davis et la Fed Cup sont estampillées du sceau de la Fédération Internationale et que c'est dans son intérêt de s'entendre avec les circuits ATP et WTA, qui encadrent les autres tournois de la saison hors Grand Chelem. Mais force est de constater que cette compétition, si prestigieuse soit-elle pour les Fédérations, a du mal à coexister avec les autres souvent plus lucratives.
Quelle solutions apporter alors ? De la refonte totale de la formule à des rendez-vous dans l'année moins éparpillés, les idées ne manquent pas. "Il n'y a encore rien d'arrêter car nous n'avons pas pu en parler sereinement avec l'ATP et la WTA, poursuit le Président de la Fédération Française. Pour moi, il faudrait arriver à se mettre d'accord pour peut-être enlever des tournois des calendriers masculin et féminin afin de trouver une autre place aux rendez-vous de la Coupe Davis et de la Fed Cup. Ce qui est sûr, c'est que placer ces compétitions après les tournois de Grand Chelem n'est pas une solution confortable." Dans le journal espagnol El Pais, David Ferrer a eu une réflexion intéressante sur la question en proposant de l'organiser une fois tous les deux ans. Jim Courier, capitaine américain de Coupe Davis, avance quant à lui l'idée de la disputer uniquement sur deux semaines. Autant de solutions qui lui redonneraient un côté encore plus exceptionnel. Et éviteraient d'être la compétition de trop comme elle est en train de le devenir.
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