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Forget: "Pas encore morts"
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Publié 12/04/2008 à 18:30 GMT+2
S'il est déçu par le scenario du quart de finale, Guy Forget ne veut pas être pessimiste : une victoire en double peut relancer les Français face aux Etats-Unis. Pour cela, le capitaine remet le destin du match entre les mains de Michaël Llodra, aux côtés
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Crédit: Eurosport
COUPE DAVIS - Quarts de finaleEtats-Unis - France 2-0
Arnaud Clément/Michael Llodra (FRA) - Mike et Bob Bryan (USA)
Guy Forget, le bilan de la journée est dur : deux défaites et une énorme frustration...
G.F. : Une énorme frustration, oui, parce que l'on est mené deux à zero. Michaël a fait le match que l'on attendait de lui. Roddick a été vraiment très bon aujourd'hui – cela lui arrive souvent depuis le début de la saison – et « Mika » n'a pas à rougir de sa défaite. Roddick a été un petit peu meilleur dans tous les compartiments du jeu, et malgré tout, si Michaël fait le break au troisième, il peut gagner le set, et il peut ensuite l'embêter. Mais c'est quand même une victoire logique des Américains sur ce match là.
Quant à Paul-Henri, il a failli nous remettre à un partout. Il s'en est fallu d'un cheveu. Il a manqué deux mètres à un moment donné, pour qu'après une attaque, il fasse une montée à contre-temps sur une balle de match. Il avait fait le plus difficile. Il avait fait 99 % du chemin ! On est tous très déçus car il a fait un match extraordinaire. Il a tout donné pendant quatre heures. Il y a eu des points vraiment spectaculaires. On a assisté à un match de grands champions.
C'est cruel pour Paul-Henri qui s'est procuré deux balles de match...
G.F. : C'est dur, parce qu'on y a tous cru. Lui aussi, j'imagine encore plus que nous. Il doit être encore plus déçu que nous. Mais il n'a pas à rougir, à avoir honte. Je sais que cette défaite lui fait mal. Mais on va essayer de rapporter le point du double et lui offrir une revanche contre Roddick.
Le scénario aurait été évidemment complètement différent à 1-1. Comment voyez-vous la suite maintenant ?
G.F. : La rencontre est assez compromise, mais on n'est pas encore complètement mort. On a maintenant le double en point de mire, même si les Américains sont favoris. Il peut nous permettre de revenir dans la course. A 1-2, si Paul-Henri a récupéré d'ici dimanche, il peut, pourquoi pas, gagner face à un Roddick qui jouera peut-être un peu moins bien que contre Michaël Llodra. Auquel cas, on aurait un beau joker à sortir dimanche. La balle est maintenant dans notre camp avec « Mika » et Arnaud. Il faudrait vraiment qu'ils puissent rééditer leur performance de Wimbledon.
On sait qu'un match de tennis peut tourner très vite, on l'a vu aujourd'hui avec Paul-Henri, mais la victoire finale s'annonce quand même très compliquée...
G.F. : La victoire du double, ce n'est pas du domaine du rêve, elle est tout à fait possible, même si les Américains sont favoris. C'est de l'ordre du 60/40. Mais, effectivement, même si l'on empoche le point du double, la route sera encore très longue. Tant qu'il y a encore de l'espoir et de la vie, il faut jouer notre carte à fond. C'est ce que je vais essayer de dire aux joueurs jusqu'au dernier point, jusqu'à la dernière balle de match, en espérant que cela soit le plus tard possible.
Quel discours allez-vous tenir, maintenant que l'équipe de France est au pied du mur ?
G.F. : Je vais dire à tout le monde que le point du double peut tout changer. Il faut que l'on s'accroche à ce qui nous reste. Vous savez, lorsque l'on est dans le désert, que l'on n'a pas d'eau, mais que l'on peut encore marcher, il faut se déplacer. Nous, on va essayer d'avancer, pour avoir une chance jusqu'au dernier moment. Mais on sait que le chemin est très long, que nos adversaires sont très coriaces.
Quelle est l'ambiance dans le vestiaire à l'issue de cette première journée ?
G.F. : Vous pouvez l'imaginer facilement. Paul-Henri est très, très touché. On est tous là autour de lui pour lui remonter le moral. On essaie de ne pas lui montrer notre déception. On lui a dit qu'on est très fiers de lui. Maintenant, il faut oublier ça très vite, il faut oublier ce point. On a tous joué des matches que l'on a cru pouvoir gagner. Cela fait partie de la vie du joueur de tennis. Maintenant, place à l'avenir !
Qu'est-ce qui a manqué à Paul-Henri Mathieu ?
G.F. : Il ne lui manque quasiment rien. Sur cette rencontre là, si on dissèque le match, je crois que sur l'une des balles de match, il fait une attaque extraordinaire – d'ailleurs tout le monde pense que c'est terminé. Mais James Blake est extrêmement rapide et, en bout de course, du bout de la raquette, il remet une petite balle qui flotte en l'air. On s'attendait tous à ce que Paul-Henri soit dans le terrain et fasse une montée à contre-temps simplement pour poser une volée de revers de l'autre côté. Une position plus avancée dans le terrain pour exécuter cette volée aurait pu tout changer.
Mais c'est facile à dire de l'extérieur, lorsque l'on est assis dans une chaise. Si Paul-Henri avait fait ces deux pas vers l'avant, il aurait su faire cette volée, et serait beaucoup moins déçu aujourd'hui. Maintenant, c'est facile de refaire un match une fois qu'il est fini. Voilà où se situe peut-être sa marge de progression, mais il ne faut pas oublier qu'il est 12e mondial. Il va peut-être entrer dans le top 10 d'ici la fin de l'année. Et aujourd'hui, il joue ce niveau là.
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