Forget: "Plus forts"

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L'équipe de France de Coupe Davis affrontera les Etats-Unis, tenants du titre, en quarts de finale. Cela tombe bien, Guy Forget estime que son équipe est plus forte. Conscient de ses limites face aux Russes les années précédentes, il veut croire en l'expl

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Comme l'an passé, on a vécu plein d'émotions pendant ce double…
Guy FORGET : "Oui, mais l'année dernière, on avait perdu et on avait donc eu un dimanche un peu stressant, après une nuit de samedi, par la force des choses, un peu agitée. Là, pour moi, c'est terminé. Maintenant, si on avait gagné en trois sets, ce qui aurait dû se passer, vous auriez dit : " L'équipe de France a connu un week-end tranquille."
"De toute évidence, cela a été beaucoup plus corsé que prévu. On a vu hier le match de « Jo » contre Pavel qui a été très accroché. C'était du très, très haut niveau. Aujourd'hui, en double, on menait deux sets à zéro, avec balle de match. Ce n'était pas une formalité, mais on était nettement au-dessus. Et tout à coup, il y a eu un renversement de situation, avec des gars qui, en face, se sont mis à y croire, une salle qui s'est enflammée. Nous, on s'est un peu pris la tête. On n'arrivait plus à retrouver notre niveau de jeu. Et heureusement, on a redressé la barre au cinquième set, et étant là, largement au-dessus."
Avez-vous douté durant ce match ?
G.F. : "Oui, j'ai un petit peu douté. J'étais surtout très frustré. J'étais en rogne qu'on se retrouve au cinquième set, avec des balles de break contre nous, alors que ce match, on aurait dû le gagner 6-3 6-4 6-4. Ca, c'est très frustrant. Il a fallu secouer Arnaud et « Mika » parfois pour qu'ils retrouvent leur niveau moyen. Mais lorsqu'ils jouent bien, cela doit faire trois sets à zéro. Ils se sont fait peur. Ils m'ont fait peur. Ils ont fait peur à toute l'équipe et à tout le staff. Mais ils ont rendu cette fin de match plus excitante pour tout le public qui était là."
Le potentiel de cette équipe est bien réel, mais il y a encore des choses à améliorer…
G.F. : "Il y a toujours des choses à améliorer. D'ici le prochain tour, les joueurs de simple, comme les joueurs de double, peuvent progresser dans certains domaines. J'espère que lors des prochains tournois, ils vont encore élever leur niveau de jeu et progresser au classement ATP."
"C'est sûr que si l'on peut aborder le match contre les Etats-Unis avec des joueurs qui ont encore plus de confiance, avec un classement encore fort, des titres en simple et en double, on pourra lutter presque d'égal à égal avec les Américains. Pour l'instant, ils sont plus forts que nous sur le papier."
Justement, comment voyez-vous ce match contre les Etats-Unis ?
G.F. : "C'est la meilleure équipe du monde, ils sont tenants du titre. L'an passé, on se fait sortir par la Russie, tenante du titre, et qui était, elle aussi, l'une des meilleures équipes du monde. Cette année, on retrouve donc en quarts de finale les Etats-Unis, avec Blake, Roddick, et les numéros mondiaux en double. C'est aujourd'hui l'équipe la plus forte. Le challenge est cependant magnifique. Mes joueurs ont beaucoup de talent. J'espère qu'ils seront gonflés à bloc après le tournoi de Miami. Il faudra faire trois matches exceptionnels, trois petits exploits, pour nous imposer. Que ce soit Blake ou Roddick, et les Bryan en double, ils sont devant nous au classement. Chez eux, ils seront durs à prendre. Mais c'est un match très excitant. J'ai hâte qu'on y soit."
L'exploit est-il possible ?
G.F. : "L'exploit est toujours possible. Quand on a vu « Jo » jouer comme il l'a fait ici, lorsqu'on a vu la victoire de Richard (Gasquet) en demi-finale à Wimbledon l'an passé contre Roddick, ou encore la finale du double de Wimbledon en 2007, où Arnaud et « Mika » battent les frères Bryan, on se dit que si chacun de ces garçons arrive à produire ce tennis là dans un peu plus d'un mois, c'est faisable. Maintenant, à nous d'être capable de hisser notre jeu à ce niveau là en Coupe Davis."
Tirez-vous un bilan positif de l'intégration de Jo-Wilfried Tsonga dans l'équipe ?
G.F. : "Oui, très, très positif. Il y avait cette semaine deux nouveaux éléments dans l'équipe. Jo-Wilfried bien sûr, et aussi Gilles Simon. L'un et l'autre ont assuré à tous points de vue. « Jo » sur le terrain, parce que son match contre Pavel n'était pas facile, face à un joueur très dangereux. Il a montré qu'il était le patron sur le court. Il a fait preuve de beaucoup de sérénité. Il a joué un tennis très puissant, très spectaculaire, comme on l'avait découvert à l'Open d'Australie. Et d'un autre côté, Gilles Simon, un garçon qui s'est bien intégré, qui a joué à merveille son rôle de soutien, de cinquième homme. Je crois qu'il a fait l'unanimité au niveau des autres joueurs et du staff."
Sur le plan sportif, quel bilan dressez-vous de cette rencontre contre la Roumanie ?
G.F. : "On gagne 3-0, à l'extérieur. L'an passé, contre le même adversaire, on s'était retrouvé à 2-1 le samedi soir, avec pourtant une rencontre qui s'annonçait plus facile, car le public était dans notre poche. Donc, l'équipe est plus forte cette année que l'an passé. Maintenant, contre les Américains, il va falloir jouer encore mieux, être encore plus solide, si on veut les battre."
Et Richard Gasquet dans tout cela… On en a assez peu parlé ce week-end…
G.F. : "Ecoutez, il a rempli à merveille son rôle de numéro 1 de l'équipe ce week-end, puisqu'il a remporté son match en trois sets. C'est le point positif. Maintenant, lorsqu'il va jouer contre Blake la prochaine fois, il lui faudra mieux jouer qu'il ne l'a fait ici. Mais en même temps, il aura peut-être moins à perdre sur ce match là. Il jouera sans doute plus libéré. Il est capable d'élever son niveau de jeu et de battre les meilleurs joueurs du monde. Ça, ce sera le challenge de tout le monde, de tous les joueurs de l'équipe contre les Américains. Car si on fait seulement un bon match, solide, cela ne suffira pas."
Vous disposez à présent de deux joueurs dans le Top 20, trois même avec Paul-Henri Mathieu qui est actuellement blessé. C'est un gage de réussite ?
G.F. : "Ce n'est pas un gage de réussite. A long terme, c'est quelque chose qui nous permet de voir l'avenir avec beaucoup d'optimisme. Maintenant, c'est une nouvelle campagne qui commence. Il y a une nouvelle équipe qui est en train de se créer. C'est une équipe qui a besoin de se trouver, de progresser, de grandir ensemble. Là, on a vu seulement les premiers pas de cette équipe. On ne va pas non plus attendre la lune dès maintenant de ce groupe. Si on pouvait battre les Etats-Unis, ce serait un exploit, ce serait extraordinaire. Sincèrement, j'y crois, je sais que c'est possible. Il faut aussi voir à long terme, et ne pas attendre de ces garçons qu'ils gagnent demain tous les Grand Chelems, la Coupe Davis, en l'espace de six mois."
Qu'est-ce qu'il faut espérer d'ici ce quart de finale ? Pas de blessure et le retour de certains joueurs ?
G.F. : "Exactement, dans cet ordre là, ça me plairait bien. La blessure, c'est la pire chose qui peut arriver à un joueur de tennis. Ces garçons vont jouer toutes les semaines d'ici le quart de finale. Ils vont avoir de grands rendez-vous. Rien ne remplace la confiance. Si on peut avoir une victoire française dès la semaine prochaine à Marseille. Si, ensuite, on peut avoir à Indian Wells et à Miami, un quart voire une finale, avec en prime des succès sur les Américains en simple et en double, ce serait le scénario idéal. La balle est dans notre camp."
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