Eurosport
Llodra: "L'orgueil en jeu"
Par
Publié 10/02/2008 à 18:27 GMT+1
Michaël Llodra, conscient de la défaillance de son partenaire Arnaud Clément lors du double décisif de la rencontre Roumanie-France, a su lui remonter les bretelles à temps. Le Français, leader du double, et ambitieux en simple, évoque l'osmose de l'équip
Eurosport
Crédit: Eurosport
COUPE DAVIS - 1er tour : ROUMANIE - FRANCE 0-3
M. Llodra/A.Clément (FRA) b. F.Mergea/H.Tecau (ROU) 6-3, 6-4, 6-7, 3-6, 6-2> Le film du match
C'est une victoire qui doit vous faire plaisir...
Michaël LLODRA : "Oui, forcément, on avait vraiment envie de prendre notre revanche sur l'année dernière. Après avoir eu deux balles de match au troisième set, dont une qui semblait assez facile à négocier, on se dit que tout peut basculer. Au quatrième set, on était un peu moins dedans, on avait perdu un peu d'agressivité. Et dans le cinquième, tout peut arriver. Mais Guy a su trouver les mots. Après, avec Arnaud, on se connaît bien. A un moment donné, j'ai su dans son regard que quelque chose avait changé. Et que cela allait être très dur de nous battre au cinquième set."
C'est la peur d'apporter le point décisif qui vous a mis la pression ?
M.L. : "Non, non. Sur le court, on ne pense pas du tout à la victoire finale. On pense simplement à gagner le match. Les Roumains ont très bien joué. Mergea a encore produit aujourd'hui un excellent niveau de jeu. Mais avec Arnaud, on joue toute l'année ensemble. On se connaît, on est complices. On sait que c'est la petite chose qui va faire la différence. A un moment donné, j'ai parlé d'une certaine façon à Arnaud parce que je le connais très, très bien. On est très pote. Je n'aurais pas dit les choses comme cela avec « Jo » (Tsonga) ou avec « Seb » (Grosjean)."
Avez-vous douté ?
M.L. : "Forcément, il y a un petit peu de doute lorsque les Roumains reviennent à deux sets partout. A 1-1 au début du cinquième set, ils ont une balle de break sur le service d'Arnaud, et on ne sait jamais ce que peut se passer. Mais d'un autre côté, on doit aussi gagner ce match en trois sets. Le double se joue sur rien, particulièrement en Coupe Davis. Ça peut basculer sur un coup de dés. Mais aujourd'hui, on avait vraiment envie de gagner. L'orgueil a fait la différence."
Qu'avez-vous dit à Arnaud pour le remettre dans la partie ? Y a-t-il des mots clés ?
M.L. : "Disons que, parce que je le connais bien, j'arrive à entrer dans les détails. Je sais mettre des mots sur son attitude, sur des choses qui ne trompent pas pour moi. Je sais quand il est un peu moins réceptif, quand il est un peu perdu. Je sais très bien qu'à un moment donné, il faut donc que j'arrive à le captiver, à retrouver son regard. Au début du cinquième, j'ai tout de suite vu que c'était un autre Arnaud qui était sur le court."
Maintenant les Etats-Unis vous attendent en quarts de finale. Et on a l'impression que l'équipe de France peut voyager loin…
M.L. : "Oui, oui… En tout cas, pour l'instant, c'est une belle victoire. On a gagné 3-0 contre les Roumains. C'est ce que l'on voulait. Maintenant, la rencontre contre les Etats-Unis est dans deux mois. D'ici là, il y aura plein de tournois. Mais c'est vrai que l'on a une belle équipe, avec de jeunes joueurs qui viennent d'arriver et qui jouent très bien. Et il y en a d'autres qui poussent pour entrer dans cette équipe. Je ne sais pas quel groupe sera aligné dans deux mois. Mais la relève est là. Et si on arrive à maintenir cette envie, cette osmose, on a de belles années devant nous."
Avec Roddick, Blake et les frères Bryan, les Etats-Unis ont aussi une belle équipe…
M.L. : " Ils sont très, très fort. De notre côté, il y a aussi beaucoup de joueurs qui sont capables de jouer en simple, comme en double. Il faut se rappeler que Richard et « Jo » ont battu les frères Bryan en double en finale à Sydney. Il y a beaucoup de choses qui peuvent se passer d'ici le quart de finale. On va déjà essayer de profiter de cette victoire et il sera toujours temps ensuite de penser aux Américains."
Les Etats-Unis vous paraissent-ils plus fort que la Russie contre laquelle la France a perdu ces dernières années ?
M.L: "Ces deux équipes font peur sur le papier. Elles ont tellement de combinaisons possibles. Mais la Coupe Davis est faite de rebondissements, de surprises. C'est ce qu'on a envie de vivre quand on est joueur de tennis. Cela risque d'être très « chaud » aux Etats-Unis. On les avait battus à Roland-Garros en 2002. On verra bien. Mais déjà, on a connu une belle victoire aujourd'hui, et il faut se satisfaire de cela pour l'instant."
Sur le même sujet
Publicité
Publicité