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Forget: "Pas le choix"
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Publié 08/03/2009 à 07:45 GMT+1
Après la défaite du double Gasquet-Llodra face à la paire tchèque Stepanek-Berdych, Forget analyse la situation tricolore. Dos au mur, la sélection n'a plus le choix. Simon doit s'imposer face à Stepanek pour espérer atteindre les 1/4 de finale de Coupe Davis pour y retrouver l'Argentine.
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Guy Forget, sur le papier, votre équipe de double était séduisante, mais cela n"a pas fonctionné…
Guy Forget: Sur le papier, l'équipe tchèque était également très séduisante… On y a cru jusqu'au bout. Malheureusement, les Tchèques étaient plus fort que nous aujourd'hui, plus constants, plus performants au service. Même si on a eu de bons passages, et notamment au deuxième set que l'on a archi-dominé, on n'a pas été assez stables, assez constants. On perdu le match là-dessus. Maintenant, si je pouvais changer simplement trois points sur l'ensemble de la rencontre, le score pourrait être inversé. Trois points, ce n'est pas grand-chose, mais ce qui fait parfois la différence entre une victoire et une défaite. Cela va nous amener à réfléchir sur les prochains doubles que l'on va disputer, pour trouver plus d'automatismes, pour s'améliorer ensemble.
La France est désormais menée 2-1. Dans ce cas de figure, les statistiques vous donnent seulement 17 % de chances de vous imposer. C'est peu…
G.F: Je vais vous faire une confidence. Si demain, vous avez un pari à faire sur l'issue du match entre Gilles Simon et Radek Stepanek, vous n'allez pas me dire que Gilles a 17 % de chances de l'emporter. On est d'accord ? A la régulière, il peut vraiment gagner ce match là. Et si on se retrouve à 2-2, ce que je souhaite évidemment, Berdych – Tsonga, ce peut être un match extraordinaire. Là encore, « Jo » a au moins 50 % de chances de l'emporter. C'est cette carte là que je veux jouer. Je situe nos chances largement au dessus de 17 % ce soir.
Pour revenir au double, on a le sentiment qu'il n'y a pas de place pour l'improvisation en Coupe Davis…
G.F: On n'a pas le choix. On a une jeune équipe avec plein de gars qui ont du talent. On a même dû en laisser un sur la touche, Gaël. L'expérience, elle s'acquiert comme ça, sur les matches. Il faut bien qu'il y ait un premier match. Ce que je regrette un peu, c'est que les joueurs tchèques aient été si solides. Eux, ils ont de l'expérience, ils sont plus âgés, ils ont joué souvent ensemble. Ils ont battu Federer et Allegro l'an passé en Coupe Davis. Ils ont plus d'automatismes. A nous de tirer les enseignements de cette défaite. Il faut voir dans les semaines et les mois qui viennent, comment on peut être plus complémentaires, plus pointus. Le travail à effectuer n'est pas colossal. Ce sont de petits détails. On doit arriver à créer des automatismes. Cela passe par des tournois où ils vont jouer côte à côte. Avec Jo aussi pourquoi pas, car il faut préparer deux ou trois équipes pour l'avenir.
La France n'a plus le droit à l'erreur pour les deux derniers simples. Comment voyez-vous cette ultime journée ?
G.F: Le premier match sera crucial. Je sais que Gilles va tout donner. Je trouve que dans l'ensemble, il a fait un bon premier match, vendredi. Il n'est pas fatigué. Il est très bien préparé physiquement. Je pense que s'il fait un bon match, il peut battre Radek Stepanek. Bien sûr, ce sera difficile, car Stepanek va évoluer devant son public. Il va énormément monter à la volée. Mais Gilles est un excellent relanceur et un très bon passeur. Il est en train de faire ses classes en Coupe Davis. Sincèrement, une victoire est possible.
Mais il n'a pas le droit à l'erreur…
G.F: Oui, mais quand il bat Federer au Masters, c'est pareil. Il a prouvé par le passé qu'il pouvait faire de grandes choses. On va l'encourager à fond, on n'est pas là pour le juger. Le danger, ce serait de penser à autre chose que ce match. Il a un problème à résoudre, c'est Stepanek. On va discuter des faiblesses du Tchèque, et de la façon de les exploiter. Je sais que Gilles est gonflé à bloc. Il va vraiment tout donner et c'est ce qu'on attend de lui. Le résultat, il sera ce qu'il sera.
Comment était-il dans les vestiaires, après le double ?
G.F: Lui et Jo ont remonté le moral de l'équipe. C'était aussi mon rôle de parler de cette journée de dimanche, après la défaite de notre double. Les joueurs sont conscients qu'il y a la place pour passer. Même Richard m'a dit: "Ils peuvent le faire". On va s'évertuer à gommer cette défaite en double.
Quel sera le danger pour Gilles ?
G.F: Ce serait de jouer trop court, de mal servir. Ça lui a coûté le match face à Berdych, mais le Tchèque tape tellement fort. Stepanek est moins puissant. Je crois que Gilles va pouvoir imposer son tempo. S'il sert bien, il doit pouvoir s'imposer.
Si on arrive à 2-2, Jo-Wilfried Tsonga sera remonté à bloc…
G.F: La seule chose dont on peut être sûr, c'est que Jo sera extrêmement motivé. Il a une foi inébranlable en lui. Berdych a été excellent vendredi, plutôt bon en double. Il va lui aussi vouloir imposer sa force de frappe. Il n'a presque rien à envier à Jo. Ce sont deux colosses qui vont s'affronter en puissance. Mais à ce jeu-là, Jo n'est pas le moins bon, je pense…
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