Djokovic adore ça

Eurosport sur Google

C'est un vrai joueur de Coupe Davis, un porte-drapeau fier et habité, que Gaël Monfils va affronter ce dimanche dans le quatrième match de la finale Serbie - France. S'il y a un vrai fil rouge dans la carrière de Novak Djokovic, c'est bien la Coupe Davis, qu'il dispute sans interruption depuis 2004.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Pour un crack du tennis, il y a deux attitudes-types possibles avec la Coupe Davis. Première option : l'implication totale, un respect profond pour l'institution, un moyen bien compris de densifier son palmarès. C'est l'option McEnroe, Edberg, Wilander... Deuxième possibilité : considérer le tournoi par équipes comme un frein aux ambitions personnelles et l'éviter autant que possible, sur le modèle de Federer ou Connors. Dans cette typologie, Novak Djokovic se classe dans la première catégorie, sans contestation possible. Il serait même un porte-drapeau. L'adversaire de Gaël Monfils, dimanche, dans l'affiche la plus attendue de la finale 2010, est une vrai, un pur joueur de Coupe Davis.
A une époque où les stars du circuit se désistent dès que le calendrier ne leur convient pas, lui n'a pas manqué un seul tour avec la sélection serbe depuis 2006. Interrogé, avant la finale, sur l'importance de Djokovic dans son équipe, le capitaine serbe Bogdan Obradovic n'a pas fait de mystère : "Elle est considérable. Il est non seulement le leader de cette équipe, mais il est aussi quelqu'un qui a ouvert les yeux aux autres joueurs. Il leur a montré que nous pouvons avoir de bons résultats dans les sports individuels. Il adore jouer pour la Serbie et adore jouer à l'Arena à Belgrade." Après 77 simples disputés en 2010, Djokovic poussera le bouchon jusqu'à 79, sans état d'âme. "Il est fatigué mais il est motivé, il veut jouer pour son pays", souligne son capitaine.
Sur le même plan que les Grands Chelems : "Gigantesque"
Cette motivation est innée, chevillée au corps, au point que la Coupe Davis peut être perçue comme un véritable fil rouge dans sa carrière. Depuis ses débuts dans la compétition en 2004, à l'âge de 17 ans (victoire 6-2 6-2 pour du beurre contre Skroderis en D2), il a suffi que "Nole" perde un match en simple pour que la Serbie s'incline : cela s'est produit en 2005 contre la Belgique, en 2006 contre la Suisse (défaite face à Federer), en 2008 contre la Russie (abandon face à Davydenko), en 2009 face à l'Espagne (Nadal et Ferrer comme bourreau). Cette saison, Djokovic a réussi une clean sheet, et pas la plus vilaine qui soit : John Isner, Sam Querrey (Etats-Unis), Ivan Ljubicic, Marin Cilic (Croatie) et Tomas Berdych (République tchèque) ont fait les frais de son sens de la patrie. Et Gilles Simon, bien sûr.
"La beauté de cette épreuve, c’est l’esprit d’équipe, argumente Djokovic. Nous pratiquons un sport individuel. Nous jouons 95 % de la saison pour nous-mêmes sur le circuit, alors qu’en Coupe Davis, nous représentons toute une nation. Je mets vraiment Coupe Davis et Grands Chelems sur le même plan. Les deux sont gigantesques." Être le numéro un incontesté de son pays est "une pression (qu'il a appris) à gérer et pas seulement en Coupe Davis. Onressent bien sûr un peu plus de tension, puisqu’il s’agit non seulement de vous, mais de votre équipe et de votre pays. Mais c’est un challenge que j’aime relever."
En Serbie, Djokovic incarne plus qu'un leader. Il EST le tennis serbe, au point d'avoir lancé avec son père Srdjan une académie pour former les jeunes talents de demain, qu'il espère ouvrir en 2011. "Je suis vraiment heureux de voir qu’aujourd’hui en Serbie, de plus en plus d’enfants jouent au tennis dans la rue, bien plus qu’il y a cinq ans, constate Nole. A l’époque de la Yougoslavie, le tennis était assez populaire mais depuis vingt ans, il ne présentait plus beaucoup d’intérêt. Pour les gens, c’est une discipline individuelle et coûteuse. Je me souviens qu’enfant, lorsque je prenais une raquette et tapais contre le mur, je jouais seul alors que la plupart jouait au football ou au basket. Maintenant, ils mettent des filets sur les aires de jeux à l’extérieur des buildings et jouent avec des raquettes en s’imaginant sur un court central. C’est vraiment bien de voir que notre nation vit à nouveau pour le tennis." Si le phénomène s'amplifie, dimanche, Djokovic y sera pour beaucoup. C'est que Monfils se sera ajouté à son tableau de chasse. Celui d'une "bête de Coupe Davis".
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité