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Llodra, choix contestable?
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Publié 05/12/2010 à 16:58 GMT+1
Michaël Llodra était le joueur parfait pour tirer la France vers le haut tout au long de cette saison. Mais l'était-il toujours en finale ? D'après Guy Forget, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Voici quelques raisons qui pourraient remettre cette certitude en question après la défaite en Serbie.
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. UNE SURFACE QUI NE LUI A PAS CONVENU ?
Explosif à Paris-Bercy, Michaël Llodra n'était pas le même à Belgrade. Avant d'être dans la tête, la cause principale était peut-être sous ses pieds. La surface dure, le RuKortHard comme nommé officiellement, était beaucoup moins rapide qu'à Paris. A tel point que le jeu d'attaquant de Llodra a été inoffensif. Déjà en double, le Parisien ne passait que très peu de services gagnants, un seul ace... Statistiques qui se sont confirmées lors du 5e match face à Troicki : aucun ace et seulement 49% de points gagnés derrière sa première balle et surtout 10 points gagnés au filet sur 41 joués! Le jour et la nuit avec sa dernière sortie sur le circuit ATP où il a atteint la finale du Masters 1000 parisien en battant Isner, Djokovic et Davydenko...
Le nouveau statut de Llodra, acquis au cours de cette saison de Coupe Davis, a suffisamment joué pour que Forget continue de lui faire confiance. Ses résultats parlaient pour lui avec des victoires sur Fernando Verdasco en quarts de finale de Coupe Davis et Tomas Berdych à l'US Open sur une surface similaire à celle de Belgrade... "Je ne peux pas dire que la surface ait été vraiment le problème, analyse Llodra. Je restais sur six matches sans défaite cette année en Coupe Davis. Je n’ai pas su trouver les solutions. Je suis tombé contre un joueur plus fort que moi tout simplement, du premier au dernier point.On éprouve forcément des regrets, mais on peut être fiers de nous. On peut rentrer en France la tête haute. On a tout donné, les uns comme les autres."
. UN COACHING TROP EVIDENT POUR L'ADVERSAIRE ?
Michaël Llodra était déçu de ne pas jouer en simple dès le vendredi face à Djokovic, mais faisait confiance au plan de Guy Forget, soucieux de préserver son poulain au maximum pour le double, avant ce match décisif. Si Forget ne l'a jamais avoué avant de lancer Llodra dimanche, c'était évident pour tous les observateurs, serbes compris. Pendant le match Monfils-Djokovic, Llodra a quitté sa chaise à la fin du premier set, alors que Simon est resté dans le box des Français et l'a supporté jusqu'au bout. Signe évident qu'il ne jouerait pas le dernier match. Une information qui a pu décider le Serbes d'envoyer Viktor Troicki, qui n'avait jamais joué face à Llodra et jamais gagné un match sur le circuit ATP face à Simon...
"Je pensais que Mika était vraiment notre meilleure chance de gagner ce match, affirmait Forget à l'issue de la finale. Je ne veux pas m'infliger cette question maintenant, car il est toujours trop facile de dire après que ça aurait pu être différent. Michaël avait gagné tous ses matches de Coupe Davis, il était en forme, sur une surface qu'il aime. Dans mon esprit, c'était notre meilleure chance de gagner ce point. Vous pouvez dire maintenant que je me suis trompé. Mais je ne m'attendais pas à ce que Viktor soit si bon. Je n'avais jamais vu quelqu'un retourner Mika aussi bien que Viktor. J'étais convaincu jusqu'au bout d'avoir fait le bon choix du moment que Mika avait bien récupéré samedi soir (après son double de 4h33). En tout cas, je ne me suis pas posé la question de savoir qui était derrière moi dans le box... Je ne sais pas si Gilles aurait fait mieux, c'est toujours facile de dire ça après".
. UNE PRESSION TROP FORTE A GERER ?
Depuis le début du week-end, Llodra n'est pas arrivé à se libérer. Il est entré en jeu samedi pour le double en étant crispé. Lui-même l'a reconnu après coup, après une performance assez décevante aux côtés d'Arnaud Clément. Et il n'est pas parvenu à faire abstraction de la pression populaire serbe qui a porté leur équipe tout au long du week-end. "Qui ne l'aurait pas eu la pression?, s'interroge Llodra. Au début on demandait à Guy: elle arrive quand cette pression? parce que là, on ne sent rien... Mais quand on arrive à 2-2 ce n'est jamais simple. J'ai essayé de donner tout ce que j'avais, j'aurais aimé être meilleur, j'aurais aimé faire un match monstrueux. Malheureusement, ça n'a pas été le cas.Ça se passe comme ça, c’est souvent la loi du sport." Une loi du sport qui est tout de même montrée du doigt par Guy Forget qui a trouvé que les juges arbitres n'étaient pas assez sévères avec les débordements du public.
Le capitaine français a été même jusqu'à s'insurger contre les sifflets de spectateurs "imbéciles" lors des jeux de service de ses joueurs. "Trois fois sur cinq, on entendait des sifflets lorsque l'équipe de France servait et que la balle était en l'air. C'était l'oeuvre d'une toute petite minorité mais c'est franchement intolérable. On doit prendre des mesures par rapport à ce genre de chose. Cela ne se voit pas dans les autres rencontres de Coupe Davis, même dans des pays d'Amérique du Sud où Dieu sait que les gens sont parfois chauvins et très "borderline" (limite). Cela a pu expliquer certains coups de pompe comme celui de Mika dimanche par exemple. Quand tu dois jouer contre les adversaires et les imbéciles dans la salle, c'est très fatiguant.Cela n'explique pas tout, mais il faut qu'on se penche sur ce problème."
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