Tennis - Coupe Davis
11/07/2010 - 16:54 - Mis à jour le 11/07/2010 - 18:06Llodra, comme du bon vin

Homme clef de l'équipe de France face à l'Espagne en quart de finale de la Coupe Davis, Michael Llodra n'a jamais semblé aussi fort que cette saison. A 30 ans, il s'appuie sur un service de feu et une sérénité impressionnante pour repousser ses limites et aborder l'avenir avec ambition.
"Tout s’est déroulé comme dans un rêve"…Tout a effectivement souri à l’équipe de France en quart de finale de la Coupe Davis face à l’Espagne, double-tenante du titre, écartée de la course au Saladier d’Argent sur le score sans appel de trois victoires à rien. Cette image pourrait également s’appliquer à la formidable saison que vit Michael Llodra. A 30 ans, le Parisien joue depuis quelques mois le meilleur tennis de sa carrière. Il a su, en l’absence de Jo-Wilfried Tsonga, revêtir le costume de patron des Bleus en rendant des copies proches de la perfection tant en simple face à Verdasco, pourtant membre du Top 10, qu’en double aux côtés de Julien Benneteau.
Llodra, le sage
A 30 ans, l’heure de la retraite est plus proche que ses premiers pas dans le monde professionnel en 1999 mais Llodra semble tirer profit des longues années passées sur le circuit pour se forger une expérience qui lui permet aujourd’hui de corriger ses manques. Capable de coups d’éclats tout au long de sa carrière, notamment en 2004 avec des places de huitième de finaliste à Roland-Garros et l’US Open, le protégé de Rémi Barbarin a toujours peiné à garder un niveau de jeu constant tout au long d’une saison. Une lacune qui semble tendre à disparaitre cette année.
"Depuis quelques temps, je réalise que je ne suis pas seulement un joueur de coups d’éclats. Avant, j’avais tendance à avoir des hauts et des bas, de ne pas avoir un niveau de jeu régulier", reconnait le Parisien qui semble désormais tirer des leçons de chaque match, de chaque défaite pour progresser. "J’ai essayé de me servir des erreurs du passé et notamment de ma défaite face à Andy Roddick au deuxième tour à Wimbledon. Alors que j’avais le match bien en main, je me suis déconcentré, me suis agacé et lui ai permis de se relancer", a-t-il ainsi reconnu après sa victoire face à Verdasco. Tout au long du week-end, Llodra, au contraire, a fait preuve d’une sérénité inhabituelle même après avoir perdu le premier set face à l’Espagnol. "Je me suis efforcé de rester calme, même si la première manche aurait pourtant dû tourner en ma faveur. Même si j’ai laissé passer deux occasions de décrocher le gain de la première manche, j’ai fait l’effort de ne pas m’affoler".
Le plus beau reste à venir ?
Le Parisien a désormais acquis "une certaine maturité" mais ce n’est pas suffisant pour expliquer une saison 2010 déjà marquée par deux titres à Marseille et Eastbourne. Enfin débarrassé de soucis à l’épaule, l’actuel 35e au classement ATP a retrouvé l’intégralité de ses moyens physiques et peut s’appuyer sur son exceptionnel service pour faire la différence. Au cours de ses six derniers matches en simple, il a ainsi remporté plus de 80% des points derrière sa première balle. "Physiquement, je suis bien. Je suis capable de servir à un haut niveau pendant 3 ou 4 heures", assure-t-il. Il n’a certes pas la puissance d’un Roddick ou d’un Isner mais il est capable de varier à merveille les zones et les effets pour éviter que l’adversaire puisse se régler et anticiper en retour.
Rarement mis en danger sur son engagement, Llodra a acquis une confiance qui lui permet de jouer totalement relâché. "Quand on se sent bien sur ses points forts, on ose tenter plus de choses", reconnait Llodra qui quelle que soit la surface, quel que soit l’adversaire, essaie d’imposer son jeu offensif. "J’essaie de priver de temps et d’espaces mes adversaires. Je m’efforce à les prendre à la gorge pour ne pas leur laisser le temps de se régler, quitte à commettre quelques fautes. Il faut que je joue mon jeu d’attaque sans retenue". De belles résolutions qui lui permettent d’exploiter au maximum son potentiel : "Il faut que je me serve de ce genre de victoire pour aller encore plus loin". A 30 ans, le plus beau est peut-être encore à venir.















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