Tennis - Coupe Davis
31/10/2007 - 12:15Forget : "Je suis ravi"

Capitaine de Coupe Davis pour les deux prochaines années, Guy Forget semble satisfait de repartir sur des bases saines avec la FFT, et plus précisément Christian Bîmes, qui se veut son allié le plus fidèle après quelques tensions. Ses méthodes, pourtant d
GUY FORGET, vous voici à nouveau Capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis...
G.F. : Je suis ravi qu'après de nombreuses semaines voire des mois de discussion avec Christian Bîmes et avec les joueurs, nous puissions repartir sur un nouveau programme avec de nouvelles ambitions. J'ai toujours joué ces matchs de Coupe Davis pour aller au bout. Même si, parfois, on a perdu contre la Russie de manière très accrochée, il me semble que l'on n'est pas très loin de jouer peut-être une finale probablement dans les deux ou trois prochaines années. C'est l'objectif que je me suis fixé et que l'on s'est fixé ensemble. On est aujourd'hui à une croisée des chemins dans la mesure où des garçons ont beaucoup d'expérience, d'autres un peu moins et que dans les mois à venir il risque de se passer beaucoup de choses. Je ne me voyais pas faire une pige sur un an, même si tout peut se passer en 12 mois.
Comment se fera le sélection des joueurs? Sera-ce une décision qui devra être validé pour le Président ou avez-vous les pleins pouvoirs?
G.F. : Comme par le passé, j'ai toujours été libre de mes choix. J"en ai fait part au Président de la Fédération qui ne m'a jamais empêché de nommer tel ou tel joueur, même si parfois on a eu des échanges sur certaines équipes de double ou un joueur de simple quant à leur capacité à tenir un niveau. Mais le Président n'est jamais allé contre mes choix à propos des joueurs. A l'avenir, je ferai comme par le passé j'essaierai de mettre les joueurs qui ont le plus de chance de remporter des points. Souvent, c'est le classement ATP qui est respecté même si, dans les mois à venir, il peut se passer beaucoup de choses, de la part des anciens, de la part des jeunes, je le souhaite aussi afin que l'émulation soit très saine. Je ne pense pas que Christian me gênera dans ce rôle.
Pour affronter la Roumanie, l'équipe de France pourrait-elle être rajeunie ?
G.F. : La balle est dans leur camp. Si la sélection avait été faite, il y a 15 jours, je vous aurais dit que Gasquet et Mathieu sont ceux qui se détachent au niveau du simple. D'ici là, il va se passer, je le souhaite en tout cas, beaucoup de choses de la part d'autres joueurs. Le tournoi de Bercy, la tournée australienne avec l'Open d"Australie en point de mire vont le test pour voir ceux qui sont très bien physiquement, ceux qui se détachent un peu. Les choix sont très difficiles à faire.
On a beaucoup parlé du besoin de changer ce fonctionnement. Pour toi quel est le changement fondamental ?
G.F. : Je crois que depuis quelques mois, il s'est passé un certain nombre de choses de la part de l'entourage. Tout le monde a parlé, des choses ont été interprétées. C'était très désagréable pour le Président de la Fédération et moi en tant que capitaine car mon contrat arrivait à terme. A un moment donné, quand j'ai dit -et c'était peut-être un peu excessif- que je voulais les pleins pouvoirs, c'était au sein de la propre équipe de France pour pouvoir faire passer ces messages, au niveau du staff et des joueurs. Toujours est il que je ne vais pas révolutionner ma manière de travailler, mais ce que je veux est me rapprocher des joueurs.
Il n'y aura donc pas d'entraîneurs privés au moment de la Coupe Davis pour aider les joueurs...?
G.F. : Les entraîneurs ont été les bienvenus par le passé et le serons toujours. Pour ce qui est de leur présence raquette en main, c'est quelque chose que l'on a essayé de faire par le passé qui n'a jamais fonctionné, il n'y aura pas d'entraîneur sur un match de Coupe Davis raquette en main pour aider les joueurs. On n'a pas la prétention de faire mieux que les entraîneurs avec le staff de l"équipe de France mais si on peut gérer leur acquis et ne pas leur faire perdre leur niveau de jeu, on le fera. Par contre, dans le passé, on est allé dans le mur et c'était à chaque fois une catastrophe. Les joueurs sont tout à fait d'accord avec cela et la plupart d'entre eux ne souhaitent pas voir leur entraîneur sur le terrain raquette en main, même si un ou deux viendront encourager l"équipe de France.
Peux-tu nous dire à quoi vont servir les entraîneurs privés s'ils n'interviennent pas "physiquement" sur le stage ?
G.F. : Les entraîneurs connaissent leurs joueurs bien mieux que Patrice Hagelauer ou moi-même, même si l"on a une vision très proche du jeu de leur joueur. La veille d'un match ou juste avant, cela s"est produit par le passé avec Eric Deblicker et Gasquet, un petit mot de l"entraîneur privé dit au moment de l"échauffement peut parfois faire la différence. Donc, pourquoi empêcher les entraîneurs de dire un mot d'encouragement à leur joueur.
Y a-t-il un cas Santoro ? Est-il sélectionnable ? Ecarté ? Susceptible de revenir ?
G.F. : Il est toujours sélectionnable à partir du moment où il est compétitif, qu'il joue toujours bien en double et où, en simple, il est capable de belles performances. On parle d'une douzaine de joueurs, il en fait partie. Par le passé, si je m'étais privé de Santoro, on n'aurait peut-être pas gagné le double contre les australiens à Melbourne. Aujourd'hui, rien dans mon esprit n'est totalement exclu.
Votre souhait est de vous rapprocher des joueurs. Comment cela se fera-t-il?
G.F. : Un certain nombre de joueurs ont demandé que l'on soit plus présent, notamment ceux qui n'ont pas encore joué en Coupe Davis et qui, aujourd'hui, peuvent logiquement prétendre à une sélection. Ils aimeraient nous sentir plus concernés et nous voir plus souvent avec Patrice Hagelauer. Pour moi qui ai pas mal de temps de libre, ce n'est pas un problème de venir plus souvent sur des tournois français pour les regarder jouer. Ce sont des petits détails qui semblent importants à leurs yeux. J'avais plutôt l'impression, en allant sur les tournois, qu'ils avaient chacun leur structure et que je ne servais pas à grand-chose. Il leur semble que c'est important. Je suis ravi de venir quelques semaines supplémentaires sur le circuit.
L'an dernier, vous avez émis le souhait de vous rapprocher de Richard Gasquet. Sera-ce encore le cas pour vous ?
G.F. : Je ne peux pas imaginer n'importe quel sélectionneur gérer une équipe de France sans avoir un suivi très proche du leader. Qu'on le veuille ou non, Gasquet est le n°1 français aujourd'hui. Il est normal que Christian Bîmes et moi-même attendions qu'il gagne des matchs, et des matchs importants, si on veut aller loin dans cette compétition. Il va falloir qu'on le soutienne, qu'on le valorise. Moi le premier, avec Eric Deblicker, nous allons essayer d'être très proches et d'être encore plus performants sur le terrain avec lui.
En le suivant encore davantage ?
G.F. : Pas plus que les autres, mais être présent dès qu'il en ressentira le besoin. On a tous une seule envie, le Président de la fédération, moi-même, Yannick Noah, chacun à notre poste, c'est d'avoir un joueur qui gagne Bercy, Roland Garros et la Coupe Davis. Richard est n°1 aujourd'hui. On en parle beaucoup, il a beaucoup de talent et il a encore une bonne marge de progression. On essaye de l'aider dans sa quête.
Où en est l'association Noah/Gasquet ? On en a entendu parler et depuis, plus rien. Est-elle encore d'actualité?
Je sais qu'ils se parlent au téléphone de temps en temps. Richard m'a dit qu'il avait été très agréablement surpris des échanges qu'il avait avec Yannick. C'est très positif pour lui. On n'est pas entré dans les détails. Actuellement, Yannick est aux Etats-Unis. Je pense que quelqu'un comme lui, qui a gagné le tournoi du grand Chelem, la Coupe Davis peut apporter beaucoup à Richard, ne serait-ce que par des discussions. Richard est très encadré sur le terrain par Eric, mais un joueur n'est pas uniquement quelqu'un qui tape bien dans la balle, il vit à fond son truc, de A à Z. L'apport de Yannick, comme il l'a fait pour moi quand j'étais joueur, est un atout considérable. Je me réjouis qu'ils puissent collaborer.















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