"Ça reflète son année"

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Eric Winogradsky est un entraîneur comblé. Malgré un Jo-Wilfried Tsonga éliminé de la Masters Cup de Shanghai, il a vécu une année incroyable : de la finale de l'Open d'Australie jusqu'en Asie, en passant par le Masters Series de Paris-Bercy, son poulain

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Crédit: Eurosport

Eric, Jo a dû vous faire plaisir sur ce dernier match...
E.W. : Oui, d'abord car il a encore joué à fond. Il a respecté l'éthique sportive. Après, je pense qu'il a trouvé aujourd'hui ce qui lui avait manqué lors des deux premiers matches : un peu de relâchement, de détachement par rapport à l'événement.
A-t-il beaucoup appris ici à Shanghai ?
E.W. : Oui, j'imagine. Il a dû s'apercevoir que malgré la fatigue – comme pour tous les autres, d'ailleurs, je tiens à le signaler – il peut s'offrir de belles bagarres face aux meilleurs. C'est tout bénéfice.
Etait-ce important de finir sur une bonne note ?
E.W. : Bien entendu. Je trouve d'ailleurs que ce match face à Djokovic reflète bien son année. Il a été présent du début à la fin, quelle que soit sa situation. Aujourd'hui, il était mal parti. Il aurait pu baisser les bras. Il était déjà éliminé. Ce match reflète son état d'esprit : donner toujours le maximum. Là où je suis un peu triste pour lui, c'est qu'il n'ait pas eu ce petit supplément d'énergie pour pouvoir gagner l'un des deux premiers matches. Il serait en demi-finales...
Que retenez-vous de cette saison 2008 si riche en émotions ?
E.W. : On a vécu des choses incroyables sur le terrain, c'est sûr ! Mais aussi en dehors du terrain. C'est super sympa de se retrouver dans un stade de 15 000 places, avec des gens qui scandent "Tsonga, Tsonga", et qui prennent du plaisir. Mais il y a des moments magnifiques aussi, quand on revient comme il l'a fait, de nulle part. Cet été, quand il est revenu, ce fut un moment de pur bonheur, partagé avec tout le groupe.
Est-ce qu'il vous a bluffé ?
E.W. : Je pensais que ce serait une année où il devait franchir des étapes. Dans la logique des choses, quelque part, je pensais qu'il devait gagner un premier tournoi pour se rendre compte des choses. Ensuite, j'imaginais qu'il pourrait aller plus loin en Grand Chelem. Lui, il a fait le contraire. Mais le plus difficile, après l'Australie, c'était de confirmer. Je suis vraiment content pour lui. Maintenant, l'année prochaine sera compliquée. Il va devoir être efficace dans les grands rendez-vous.
Quelles sont les clés de sa réussite ?
E.W. : En premier lieu, et sans aucun doute, c'est sa force de caractère. Ensuite, il a une organisation sur laquelle il sait pouvoir compter. Troisièmement, il a un petit plus qui fait qu'il a une espèce de confiance dans ses moyens pour revenir quand il est dos au mur. Maintenant, je ne sais pas s'il va pouvoir le faire à chaque fois parce que ça lui demande de puiser vraiment loin dans ses ressources mentales...
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