Le circuit des éclopés

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Après trois mois de forfaits et de blessures en série, la santé des joueurs semble cette saison plus que jamais fragilisée par les cadences infernales des circuits. A la suite du dossier consacré aux Français, au moment où certains joueurs expriment leur mécontentement, voici un diagnostic provisoire.

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Après trois mois de forfaits et de blessures en série, la santé des joueurs semble cette saison plus que jamais fragilisée par les cadences infernales des circuits. A la suite du dossier consacré aux Français, au moment où certains joueurs expriment leur mécontentement, voici un diagnostic provisoire.
Dossier blessures : les joueurs et joueuses français
ANATOMIE - DEFAILLANTE - DU TENNIS MODERNE
COU : Henman - EPAULE : Ivanisevic, Haas, Agassi, Safin - COUDE : Todd Martin - POIGNET : V. Williams, Safin, Clément - ABDOMINAUX : Mathieu, Escudé - DOS : Ferrero, Rafter - HANCHE : Norman, Kuerten - ADDUCTEURS : Mauresmo - CUISSES : Dokic - GENOUX : Di Pasquale, Krajicek, Philippoussis, Davenport - CHEVILLES : Haas, Rusedski, Dokic - PIEDS : Hingis, Capriati, Kournikova
CARRIERES BRISEES
MARTINA HINGIS : Une opération à la cheville en 2001, une longue interruption, puis une douleur intolérable au pied, et voici la carrière de l'une des plus précoces championnes de l'histoire du tennis féminin qui, soudainement, s'arrête. Au moment où le skieur autrichien Hermann Maïer effectue un retour hallucinant un an et demi après un accident de voiture, la joueuse suisse estime qu'elle n'a plus les moyens de faire les sacrifices que le haut niveau exige. Forte d'une expérience inégalable, vainqueur de 40 tournois dont cinq tournois du Grand Chelem, Hingis a presque tout gagné. A 22 ans, elle s'offre aujourd'hui une seconde vie.
CES FINS DE CARRIERES QU'IL FAUT SAVOIR GERER
Comment bien vieillir dans le tennis professionnel moderne ? Andre Agassi a su passer de son abondante chevelure juvénile au look de vieux sage, mais ce "bonze américain" sait organiser sa vie et son jeu en fonction des capacités de son corps. Mieux, il s'améliore en vieillissant quitte à déclarer forfait comme la semaine dernière à Indian Wells, avant que ses blessures ne s'aggravent.
Yevgueni Kafelnikov, un des joueurs qui a disputé le plus grand nombre de matches depuis une décennie, n'a pas pris sa retraite après une importante opération de la jambe. Vainqueur de la Coupe Davis, il préfère continuer et jouer avec une moindre intensité entre les grands rendez-vous. C'est une alternative à la retraite totale, celle par exemple de Patrick Rafter (opération de l'épaule droite en 2001, suivie d'une fracture de fatigue du bras droit).
Un choix que ne veut pas encore faire Pete Sampras. Forfait à plusieurs reprises, l'Américain, 31 ans, attend d'être au meilleur de sa forme pour revenir sur les courts. La prudence à ce niveau montre que les attaquants sont les plus exposés. Les mésaventures des joueurs cités en témoignent : Patrick Rafter, pré-retraité, Goran Ivanisevic, 31 ans, blessé au genou en mars 2002 et rechute en 2003 (le Croate a déclaré dimanche 16 mars qu'il pourrait prendre sa retraite après Wimnledon), et Greg Rusedski, 29 ans, blessé au dos puis à la cheville.
PLUS DURE SERA LA RECHUTE
Prudence donc pour les "vieux" attaquants, mais aussi pour les jeunes. Mark Philippoussis, Nicolas Escudé (deux joueurs que l'on surnommait le "Scud" à une époque où la guerre n'était pas au programme) ont payé de leur personne leurs envolées lyriques au service ou à la volée. Blessé quatre fois, l'Australien Philippoussis a subi trois interventions chirurgicales entre 2000 et 2002. Finaliste à l'US Open en 1998, il revient petit à petit à son meilleur niveau en ce début 2003.
Dans un sport qui permet l'émergence de talents de plus en plus jeunes, les organismes sont soumis de plus en plus tôt à des efforts intenses. Mark Philippoussis, Arnaud Di Pasquale, voici la fin d'une petite liste indicative de jeunes élans brisés sur le circuit ATP. Richard Krajicek, vainqueur de Wimbledon en 1996, a connu 7 blessures majeures et presque autant d'opérations chirurgicales. Le Britannique Greg Rusedski, après être rentré dans le top 10 en 1997, a connu une succession de blessures, chevilles, pied, dos, cou...
LA GLOIRE, LE PLAISIR DE JOUER ET LA VIE
Comme les autres professionnels du sport, les joueuses et joueurs de tennis considèrent leur corps comme leur patrimoine à part entière. Sur les courts comme en dehors, il n'y a rien de pus précieux. Mais aussi protégés soient-ils, ils n'échappent pas toujours aux aléas du quotidien. Il y a quelque fois la maladie, comme la varicelle du numéro 1 mondial Lleyton Hewitt en 2002, les coups dur du destin : l'agression de Monica Seles, l'accident de Thomas Muster, et les coups de blues de certains : de la jeune Jennifer Capriati ou du bambocheur Marat Safin. Mais pour l'ensemble de ceux qui évoluent sur le circuit, l'essentiel, après une longue blessure, est la joie de rejouer sans douleur.
Philippoussis, Henman et Clément ont récemment dit plus ou moins la même chose, lors de leur retour, que Tim, (dans le Guardian Unlimited, quotidien anglais online, ce mardi 11 mars) : "Avant de me blesser, je ne jouais pas particulièrement bien, ce qui était très frustrant, amis quand vous êtes blessé à ce point, soudainement, ce n'est plus que : "qu'importe comment je frappe la balle, je veux juste jouer sans avoir mal", et retrouver le plaisir de jouer.
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