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Les racines de Tsonga
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Publié 26/01/2008 à 01:00 GMT+1
La Sarthe, où le finaliste de 22 ans de l'Open d'Australie Jo-Wilfried Tsonga est né avant d'émigrer à Poitiers à 14 ans, se souvient unanimement d'un jeune talentueux et réservé, plus "rillettes" que "paillettes".
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Crédit: Eurosport
"Vers 10 ans, lors d'une remise de prix à des championnats régionaux, il a répondu aux journalistes qu'il voulait être champion du monde", commence Jean-Marie Maudet, ami intime de la famille, qui a assisté à sa demi-finale chez ses parents. "Toute la salle s'est mise à rire de façon moqueuse. Il rêvait, mais il avait déjà une sacré volonté".
Enfant doté d'un gabarit hors-norme, "Jo" a laissé un souvenir ému et affectueux dans le département qui l'a vu grandir à Savigné-L'Evêque parmi une famille que tous décrivent comme unie et soudée, avec sa soeur aînée Sara, brillante étudiante, et son frère Enzo, basketteur pensionnaire à l'INSEP.
Le foot avant le tennis
"J'étais handballeur et je me suis reconverti dans le tennis comme initiateur 2e degré", raconte Didier, le père, ex-international congolais devenu professeur de physique-chimie. "Après s'être égaré au foot pendant quatre ans, il m'a suivi sur le court".
"Lui était attaquant, moi défenseur, détaille son cousin Mael Lépicier, aujourd'hui footballeur à Martigues (Nat.), qui se remémore les parties endiablées et la nostalgie "des vacances passées avec lui à pêcher -sa passion en dehors du tennis- au camping" et les matches du MUC à Léon-Bollée. "Entre 8 et 10 ans, il avait déjà des qualités athlétiques, un bon coup droit, un bon service... et une grande réserve", poursuit Joël Cruchet, son 1er entraîneur de club qui " allait le chercher à la sortie de l'école le jeudi soir ". "Là, il joue avec le public et cela fait plaisir à voir. A l'époque, ses idoles étaient Sampras et surtout Noah" .
Le dernier vainqueur français en Grand Chelem, qui partage avec Tsonga ses racines africaines, a même sympathisé avec le jeune homme, invité à un concert lorsqu'il était au plus mal en raison de blessures ininterrompues. "Il réalise ce qu'il a toujours voulu, en restant calme, les pieds sur terre, s'émerveille sa mère Evelyne. Il a encaissé depuis plusieurs années mais il est toujours dans le contrôle de soi. Ce n'est pas pour rien qu'il dit depuis longtemps qu'il veut aller en Coupe Davis ou aux JO. On lui a transmis la force et la sagesse".
"Il est rillettes"
"Ce gars-là, c'est une Ferrari. Une Aston Martin même, sa voiture préférée! C'est un gentil, poursuit M. Maudet. Il m'a d'ailleurs dit 'ma qualité première, c'était d'être gentil. Mon défaut, c'est de l'être trop'. Les paillettes, il s'en fout. Il est le produit de ses deux parents avec un père athlétiquement hors-norme et une mère qui rayonne".
"Jo, il est né au Mans, c'est un Sarthois, un vrai de vrai, s'emporte son père. Il est rillettes!"
"Après Wimbledon 2007, il est venu tout simplement pour taper des balles avec une petite fille", se souvient Yvette Lefay, présidente du club de Coulaines, qui l'a vu arriver à 9 ans et partir à 13... après que sa mère ait voulu garder son fils un an de plus. "Petit, c'était un garçon sympa, très assidu, volontaire et déjà un beau bébé. Il nous disait: 'vous verrez, je serai en Coupe Davis'. On lui répondait: 'tu nous donneras des places!'"
"Ses racines sarthoises, c'est son fond de commerce, conclut M. Maudet. Ca l'a sauvé quand il était blessé et il revient ici dès qu'il le peut car c'est quelqu'un de très fidèle".
Courtisé par le Team Lagardère, Tsonga est même l'un des derniers à être resté dans le giron de la fédération.
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