2012 Open Australie Novak Djokovic - AFP
 
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Djokovic est resté le même

Djokovic est resté le même

Par Eurosport
Dernière mise à jour Le 23/01/2012 à 11:25 -
Par Eurosport - Le 23/01/2012 à 11:25
Un champion change souvent sous le poids des titres et des sollicitations dont il est l’objet. Soudain, une certaine distance s’impose d’elle-même. Novak Djokovic, qui disputera son 3e tour de l’Open d’Australie, samedi, contre Nicolas Mahut, a fait le choix de la simplicité : il est resté lui-même.

John McEnroe, que sa timidité maladive avait fini par rendre irascible au-delà du supportable lorsqu’il prit les commandes du tennis mondial au début des années 80, a salué l’attitude de Novak Djokovic le jour du tirage au sort de cet Open d’Australie. "Pour quelqu’un qui s’est offert un total de dix victoires contre Federer et Nadal en 2011, en concédant une seule défaite contre ses deux rivaux, il aurait pu se monter la tête avec tout cela, a commenté l’Américain. Le plus remarquable est qu’il a accompli ses exploits avec exubérance et humour sans changer sa personnalité et je veux le remercier pour cela. Parce que notre sport a besoin de cette légèreté qui est aussi sa force."

Reuters

Vendredi, sur le court n°16 de Melbourne Park, l’un des deux terrains d’entraînement dédiés aux vedettes du tournoi, l’actuel n°1 mondial a fait le spectacle, comme d’habitude, pour régaler un public aussi nombreux que frénétique. Entouré par quelques malabars à sa sortie, Djokovic a rendu cette protection humaine inutile transgressant allègrement cette frontière de muscles en gardant le contact avec ses admirateurs qui le hélaient ou lui tendaient des bouts de papier pour signer des autographes. L’humeur lors de son entraînement avait été au diapason au sein d’un groupe de travail partagé entre sérieux et décontraction.

Délivrance et décompression

L’entraîneur que Novak Djokovic s’est choisi correspond parfaitement à cette personnalité éternellement enjouée. Le rubicond et jovial Marian Vajda, présent à ses côtés depuis 2006, n’est pas le technicien le plus médiatique du circuit comparativement à Paul Annacone, Brad Gilbert ou Darren Cahill, mais il a gagné et gardé la confiance de l’actuel meilleur joueur du monde y compris lorsque celui-ci, en proie aux doutes, avait fait appel aux services de Todd Martin –expérience qui tourna court. "Novak n’est pas quelqu’un qui se complique la vie, souligne le Slovaque Vajda. Il est assez facile de travailler avec lui. Rien n’a pas vraiment changé dans notre organisation après cette fabuleuse année. Nous continuons sur la même voie." Evidemment, le rêve pour le Serbe, âgé de 24 ans, serait de rééditer la saison magnifique qui a été la sienne - "Je l’ai fait une fois, pourquoi pas deux ?" sourit-il mais il sait bien que ce sera une gageure, particulièrement au premier semestre où il endossera le costume permanent d’un tenant du titre jusqu’à Roland-Garros.

L’accès au sommet est une délivrance parfois suivie d’une forte décompression. En 1988, après avoir décroché la première place mondiale pour la première fois au terme d’un petit chelem, Mats Wilander avait ainsi littéralement plongé à 24 ans. Les efforts pour conquérir la tête du circuit masculin avaient eu raison de ses forces et de sa motivation. En 1984, dans le sillage d’une année pratiquement immaculée semblable à celle de Novak Djokovic en 2011, John McEnroe, alors âgé de 25 ans, s’était aussi quasiment arrêté là. "Je n’ai pas pris la mesure de ma fatigue à ce moment-là, souligne l’Américain présent à Melbourne pour le compte d’une chaîne australienne. Et puis je me suis reposé sur mes lauriers en pensant que pour avoir été si presque parfait, je n’avais sans doute plus rien à améliorer."

Rasheed: "On le sent plein de fraicheur"

Novak Djokovic estime, lui, qu’il peut encore progresser notamment au service et affirme qu’il a gardé le même appétit que l’an dernier. "C’est probable car Novak a clairement décéléré après l’US Open en raison de quelques blessures et aussi parce qu’il avait besoin de souffler, souligne Roger Rasheed, l’ancien entraîneur de Gaël Monfils, qui connaît les ratios 2011 du meilleur joueur du monde (64 victoires-2 défaites jusqu’à l’US Open, 6 victoires-4 défaites après). Il a eu raison de "couper" cet automne. Lorsqu’on le croise ici, on le sent plein de fraîcheur et d’envie et je ne serais pas du tout étonné de le voir à nouveau gagner."

En 2012, Novak Djokovic ne survolera peut-être pas les débats comme l’an passé, mais une deuxième victoire consécutive à Melbourne, sur ces courts en dur qui conviennent tellement à ce jeu, serait déjà une première très belle répétition. Lors de ses deux premiers matches, il a cédé un maigre total de huit jeux. Pas sûr qu’il en fasse cadeau de plus à Nicolas Mahut à l’occasion de son 30e anniversaire…

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