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La bombe Tomic

La bombe Tomic
Par Eurosport

Le 22/01/2012 à 06:23

Il n'y aura pas que Lleyton Hewitt en huitièmes de finale de l'Open d'Australie. Bernard Tomic sera là pour défier Roger Federer, quadruple lauréat à Melbourne. Lui, comme le peuple aussie, espère qu'il sera celui qui succèdera à Mark Edmondson, dernier local à avoir remporté le majeur australien.

Trente-trois statues en bronze alignées les unes à côté des autres rendent hommage aux légendes du tennis australien dans un coin de Melbourne Park. Rod Laver, Ken Rosewall, Roy Emerson et John Newcombe, qui comptabilisent à eux quatre la bagatelle de 38 titres du Grand Chelem en simple, y paradent évidemment sur leur socle. Au milieu de cet aréopage prestigieux trône aussi un joueur moins connu, Mark Edmondson, dernier « local » à avoir conquis l’Open d’Australie, en 1976.

Trente-six ans plus tard, "Eddo", comme il est surnommé ici, attend toujours son successeur après avoir vu Pat Cash, Patrick Rafter et Lleyton Hewitt échouer successivement dans cette quête au fil des années. Bonne nouvelle : un jeune homme de 19 ans est candidat pour la relève, Bernard Tomic, opposé à Roger Federer au 3e tour de cet Open d’Australie dans un choc évidemment très médiatisé.

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Rafter : "Bernard a grandi mais il a encore beaucoup de progrès à faire"

Dix ans après le sacre de Lleyton Hewitt à Wimbledon, l’Australie compte un seul joueur parmi les 100 premiers mondiaux, Tomic, 38e, un espoir qu’elle n’a jamais eu totalement sous son contrôle tant John, son père, s’est complètement investi dans la progression de son fils. Né en Allemagne, de parents croates, Bernard Tomic a posé le pied en Australie à trois ans et demi et débuté le tennis à sept, sous la férule de ce père haut en couleurs qui gagnait alors sa vie en conduisant des taxis. Depuis, le moins que l’on puisse dire est que remous et polémiques ont accompagné l’éclosion de ce joueur soumis au diktat d’un géniteur souvent provocateur.

A Wimbledon, en 2009, sur l’ordre de papa, Bernard avait ainsi refusé de s’entraîner avec Lleyton Hewitt sous le prétexte qu’il… n’était plus assez bon ! En 2008, lors d’un tournoi challenger à Perth, John Tomic avait ordonné à son fils de quitter le court en plein match en raison d’un désaccord sur l’arbitrage –abandon ahurissant qui lui avait valu six mois de suspension par la Fédération internationale. Aux Australiens, ces débordements rappelaient ceux, jadis, de Mark Philippoussis également sous la coupe d’un père controversé.

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Masur: "Il adore les grandes occasions"

A Melbourne, son style de jeu tellement particulier et réjouissant à observer a conquis les foules à l’image de ce coup droit qui semble marquer un temps d’arrêt avant le déclenchement de la frappe. Cette manière de caresser la balle plutôt que de la frapper rappelle que la force brute n’est pas la seule façon de générer de la vitesse. Sa vision du jeu est lumineuse et ses coups le long de la ligne évoquent ceux de Novak Djokovic. Son service est largement améliorable –ce qui en dit long sur un joueur de cette taille qui s’est densifié physiquement (il pèse 92kg).

"Il adore les grandes occasions et les grandes scènes comme celles du Grand Chelem et de la coupe Davis, analyse Wally Masur, ancien joueur australien, demi-finaliste à l’Open d’Australie en 1987 et à l’US Open en 1993. Ce sont des tournois qui conviennent à sa personnalité."

Sans peur et sans reproche, tel est, en effet, Bernard Tomic qui ne paraît pas sujet au trac derrière son sourire énigmatique et malicieux. Craint-il de croiser le fer avec Roger Federer contre qui il avait perdu en quatre sets en septembre dernier lors d’un barrage de coupe Davis ? "A moi d’aller sur le court, de me concentrer et de jouer un bon match, dit-il. Et après qui sait, peut-être gagner ?"

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