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Le Berdych provoquant
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Publié 23/01/2012 à 17:39 GMT+1
En refusant de serrer la main à Nicolas Almagro, Tomas Berdych a brisé une loi ordinaire du tennis qui a de ce geste un acte sacré. Mais cette provocation n'est pas la première de la part du Tchèque qui se refuse pourtant d'avoir une image de bad boy.
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Crédit: Eurosport
Tomas Berdych, 26 ans, est un client difficile pour le monde. Pour ses adversaires qui, au-delà du talent du Tchèque, ont parfois du mal à composer avec son tempérament tellement ombrageux. Pour les journalistes face auxquels il ne joue pas exactement le jeu, montrant ostensiblement son ennui ou son agacement même s’il ne battra jamais David Nalbandian dans cette catégorie du mauvais coucheur médiatique.
Dimanche, l’ancien finaliste de Wimbledon s’est encore illustré en refusant de serrer la main de Nicolas Almagro qu’il venait de battre en huitièmes de finale. Quelques minutes plus tôt, l’Espagnol, pas le plus fair-play du circuit, avait "allumé" le Tchèque au filet, mais s’était immédiatement excusé auprès de la victime, touchée par la balle au niveau de l’épaule. Pas suffisant pour Berdych. Il se contenta de serrer la main de l’arbitre en tournant le dos à Almagro au grand déplaisir du public australien qui le siffla copieusement.
Pour un joueur de tennis, qu’il soit professionnel ou de club, la poignée de main est un geste presque sacré. La refuser en dépit des aléas d’une rencontre correspond à briser une loi ordinaire. C’est un événement extrêmement rare y compris entre deux joueurs se détestant. En 1984, Jimmy Connors et John McEnroe s’étaient menacés au filet en demi-finales de Roland-Garros, mais avaient terminé leur rencontre sur une note normale.
"Je ne suis pas un bad boy"
La mauvaise manière de Berdych n’est pas surprenante. Dans le passé, il s’était déjà fait remarquer lors d’une rencontre à haute tension contre Fabrice Santoro à Wimbledon en 2006. Ses provocations avaient été multiples à commencer par… un "double allumage" sur le Français. "Je savais qu’il allait refuser, mais c’était juste une manière de le provoquer devant tout le monde", avait dit le Tchèque à la fin du match en commentant le refus de Santoro de lui serrer la main. Quelques mois plus tard, à Madrid, alors qu’il venait de dominer Nadal, il s’était "payé" cette fois le public espagnol en lui intimant l’ordre de se taire. Sa réputation était faite. "Il faut cesser avec ça, se lamenta-t-il à Wimbledon en 2010. On me ressort toujours les deux mêmes histoires : le match contre Nadal à Madrid et celui contre Santoro à Wimbledon. C’était houleux, mais je ne me suis pas battu sur le terrain, que je sache. Je ne suis pas un bad boy." Vraiment ?
Pourtant, sur un circuit professionnel devenu très policé en raison d’un règlement devenu trop restrictif, le tennis devrait se réjouir d’avoir une tête de lard comme Berdych à une époque où les rivalités du moment peuvent être trop conciliantes. Roger Federer et Rafael Nadal n’offrent pas, par exemple, matière à polémiques puisque les deux hommes s’apprécient mutuellement au grand dam d’ailleurs de leurs fans qui s’écharpent dans les commentaires sur le Net comme pour compenser cette absence de fiel entre les deux champions.
Le problème est que Tomas Berdych n’est pas Ilie Nastase, John McEnroe ou Jimmy Connors qui savaient accompagner leurs exactions sur le court de commentaires souvent savoureux en conférence de presse histoire de donner encore plus d’épaisseur à leurs personnages. L’œil torve, Berdych se contente du strict minimum syndical comme indifférent à tout. Si bien qu’il gagne ou qu’il perde, tout le monde (ou presque) s’en fiche à vrai dire car il ne partage rien avec l’extérieur comme muré dans son mépris…
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