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Murray pas plus avancé
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Publié 25/01/2012 à 13:40 GMT+1
Revoilà Andy Murray à nouveau à deux matches de son premier titre du Grand Chelem. Mais ce sont deux pas de géant que l'Ecossais devra franchir, face à Novak Djokovic, puis contre Federer ou Nadal. Est-il prêt à le faire? Son début de tournoi, très (trop?) tranquille, n'a pas apporté de réponse.
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Ce qui différencie le Big 4 du reste du circuit, c'est son aptitude à être systématiquement à sa place. Ces gens-là ne se battent qu'entre eux, à de très rares exceptions près. Ils sont dans les quatre premiers, ils sont donc dans le dernier carré. Andy Murray, fidèle à lui-même, a donc gagné tous les matches qu'il devait gagner dans cet Open d'Australie. Pour la cinquième fois d'affilée, le voilà en demi-finales. "Je suis content, parce que ce n'est pas facile à faire, juge le numéro 4 mondial. C'est une bonne série. C'est bien de voir que j'ai été capable de jouer mon meilleur tennis en Grand Chelem, parce que c'était vraiment mon objectif ces dernières années."
Reste maintenant à savoir s'il peut enfin remporter les matches qui, jusqu'ici, lui ont toujours échappé. Ceux qui font la différence entre un joueur toujours placé, ce qu'il est, et un vainqueur en Grand Chelem, ce qu'il n'est pas encore. Murray est-il prêt à faire le grand saut? Difficile de se faire une idée au vu de son tournoi. Il n'a absolument pas été testé. Des quatre demi-finalistes, il est le seul dans ce cas. Son parcours ressemble un peu à celui de Federer. Tranquille, sans le moindre accroc. Mais le Suisse a quand même dû se coltiner, avec Tomic et surtout Del Potro, des adversaires d'un autre calibre que ceux de Murray, dont le tableau a été considérablement dégagé par la faillite des têtes d'affiche françaises, Monfils et Tsonga, qui auraient dû, en théorie, constituer les principales menaces sur sa route. Au lieu de quoi il a eu face à lui Kukushkin et Nishikori, deux joueurs inexpérimentés à ce niveau et entamés physiquement par un match en cinq sets avant de l'affronter.
De la fraicheur, mais quel rythme?
Bonne nouvelle, il va arriver en demi-finale très frais. "Je n'ai pas joué plus de deux heures sur mes derniers matches, alors je me sens frais, note-t-il. Espérons que ça joue à mon avantage ce week-end." Si Djokovic tire autant la langue (et la cuisse) que face à Ferrer, et si Nadal et Federer s'épuisent dans leur demie, qui sait... D'un autre côté, le saut qualitatif va être colossal pour l'Ecossais. L'absence d'intensité dans ses quatre premières rencontres peut le desservir. Le contraste entre son match et le Djokovic-Ferrer qui a suivi était saisissant. Alors, oui, le Serbe a dépensé (beaucoup) plus d'énergie. Mais il est aussi dans un tout autre rythme. Si physiquement le Serbe est à 100%, Andy Murray devra se mettre rapidement dedans. Pour lui, ce tournoi très tranquille est à double tranchant.
Mercredi, le protégé d'Ivan Lendl s'est ainsi parfois laissé endormir, avec quelques négligences dues, sans doute, au fait qu'il possédait une très grande marge sur son adversaire. Face à Djokovic, de tels relâchements ne pardonneront pas vendredi. Surtout, il lui faudra servir beaucoup mieux qu'il ne l'a fait contre Nishikori. "Je venais quand même de faire neuf sets sans être breaké", tempère le Britannique, avant d'admettre ses lacunes du jour. "C'est vrai, j'aurais pu mieux servir, ça c'est sûr et il faudra que je serve beaucoup mieux", concède-t-il. On le voit effectivement mal aller au bout dans ce tournoi avec moins de 50% de premières balles, ce qui a été le cas en quarts de finale.
Mais pour Murray, la clé, avant d'être technique, sera mentale. Psychologiquement, le poids du passé, le sien et celui de ses trois derniers rivaux pour le titre à Melbourne, pèse forcément. Federer, Nadal et Djokovic cumulent 30 titres en Grand Chelem. Lui, zéro. Dans ce domaine, il y a un Big 3, pas un Big 4. Il veut croire toutefois que son expérience finira par payer. "Je ne me sens pas forcément plus relaxe que l'an dernier. Mais j'ai, pour sûr, beaucoup plus d'expérience que l'an passé à la même période parce que je suis allé loin dans les cinq ou six derniers tournois du Grand Chelem." Cela suffira-t-il? A New York, il y a quatre mois, il avait tenu sensiblement le même discours avant d'affronter Nadal en demi-finales. Mais il avait perdu. L'heure de vérité va à nouveau sonner pour Murray.
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