2012 RG Roger Federer - AFP
 
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Federer évite le piège

Federer évite le piège

Par Eurosport
Dernière mise à jour Le 03/06/2012 à 22:01 -
Par Eurosport - Le 03/06/2012 à 22:01
Cueilli à froid, Roger Federer a surmonté la perte du premier set pour se défaire de David Goffin (5-7, 7-5, 6-2, 6-4), en 8e de finale. Au prochain tour, le Suisse affrontera le vainqueur du match entre Juan Martin Del Potro et Tomas Berdych.

Et de 32! Roger Federer disputera mardi le 32e quart de finale consécutif de sa carrière en Grand Chelem. Huit années complètes sans jamais s'absenter de la liste des huit derniers rescapés des quatre tournois majeurs du calendrier. Une statistique ahurissante, évidemment. D'une certaine manière, vu son CV, c'est donc le service minimum que vient d'offrir le Suisse en ralliant les quarts. En termes de résultats, et plus encore de jeu. Comme lors de ses deux tours précédents contre Ungur et Mahut, le numéro trois mondial a lâché un set dimanche à David Goffin. Le jeune lucky loser belge, plein de talent et de cran, a tenu la dragée haute à son idole en remportant le premier set et en le bousculant dans le deuxième. Federer a ensuite rétabli l'ordre sur le Lenglen. Mais il n'a toujours pas convaincu.

L'affiche la plus improbable de ces huitièmes de finale a, en tout cas, offert un des moments les plus sympathiques de la quinzaine, lorsque les deux joueurs se sont retrouvés côte à côte sur le court, micro en main, après la rencontre. Loin de l'habituel protocole, l'élève a salué le maître, et vice versa, le public réclamant même "un bisou" qui se transformera en chaleureuse accolade. Ce moment-là, David Goffin, 21 ans, mais qui n'en parait pas plus de 12, n'est pas près de l'oublier. Reste qu'avant cette amusante séquence, il avait fait preuve d'une belle effronterie face au dieu du stade. Loin d'être intimidé, il a secoué pendant deux sets un Federer une fois encore en demi-teinte.

Federer en prédateur

Inconstant au service, peu précis dans ses frappes, déficient dans son jeu de jambes, l'homme aux 16 titres du Grand Chelem n'était manifestement pas dans un bon jour. Après avoir remporté le premier set en ne ratant absolument rien, le Belge s'est retrouvé à deux points (5-4, 30-15) d'empocher le deuxième. Au même moment, Djokovic était lui aussi mené par Seppi et on commençait à se dire que cette journée de dimanche allait peut-être marquer l'histoire du tournoi. Mais à l'instar du Serbe sur le central, Federer a su rétablir une situation délicate. C'est précisément au moment où la perspective de mener deux manches à rien s'est dessinée que Goffin a montré ses premiers signes de fébrilité. Une poignée d'erreurs et une double-faute ont coûté cher au Belge qui a offert sa première balle de break à Federer, lequel ne s'est pas fait prier.

Il ne faut jamais offrir une ouverture à un chasseur comme le Bâlois. Tel un prédateur flairant l'odeur du sang, il a sauté sur le service de Goffin avant d'égaliser dans la foulée à un set partout (5-7, 7-5). A partir de là, les coups d'éclat du Belge sont devenus plus rares et surtout beaucoup plus espacés dans le temps. Sans être une formalité, les deux dernières manches ont permis à Roger Federer de dérouler de façon relativement sereine (6-2, 6-4). Enfin. Le voilà donc en quarts, comme toujours. Mais le rodage est terminé. Ce Federer-là a intérêt à se métamorphoser dès son prochain match s'il ne veut pas s'arrêter à ce stade de la compétition. David Goffin, lui, va intégrer le Top 100 à l'issue de ce Roland-Garros. Il devrait se situer autour de la 70e place. A chacun ses stats. Mais à son échelle, c'est formidable. Et quitte à ce que l'aventure s'arrête, autant que ce soit contre celui dont les posters trônaient il y a encore quelques mois au-dessus de son lit...