Maria dans tous ses états

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Après quatre ans et demi d'attente, Maria Sharapova triomphe à nouveau en Grand Chelem. La Russe considère sa victoire à Roland-Garros comme le moment le plus fort d'une carrière déjà exceptionnelle. Elle l'apprécie aussi plus que tout autre, après sa blessure à l'épaule droite.

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Maria Sharapova a beaucoup patienté. Beaucoup galéré. Beaucoup travaillé. La conjonction de ces trois éléments fait qu'aujourd'hui, elle savoure d'une façon toute particulière le bonheur qui est le sien. Et elle ose le dire, cette victoire à Roland-Garros, c'est le "plus grand moment" de sa carrière. "C'est surréaliste, confie la Russe. Jamais je n'aurais pensé que j'aurais ça ! J'ai pensé que remporter Wimbledon à l'âge de 17 ans était le plus grand trésor de ma carrière. Mais quand je suis tombée à genoux aujourd'hui, je me suis rendue compte que c'était encore plus spécial".
A 17 ans, l'insouciance aidant, Maria Sharapova se sentait invincible en 2004, pour toujours. Depuis, elle a payé pour savoir que tout n'était pas toujours rose dans une carrière comme dans une vie. Depuis sa victoire à l'Open d'Australie en 2008, elle n'avait plus connu ce goût incomparable d'une victoire en Grand Chelem. Quatre années et demie d'attente. De souffrances aussi, parfois. Après un net déclin de près de deux saisons dû à sa blessure sérieuse à l'épaule droite, elle a pris le temps de se reconstruire comme joueuse. La championne, elle, n'avait jamais disparu.
"Je me suis toujours relevée"
Mais elle est passée par quelques défaites douloureuses, en finale de Wimbledon l'an dernier, ou en Australie au mois de janvier, toujours en finale. Son triomphe parisien a donc valeur de récompense autant que de libération. Voilà sans doute pourquoi elle parle du moment le plus "unique" de sa carrière. "J'ai prouvé que même si j'ai pris beaucoup de coups dans ma carrière, je me suis toujours relevée, souligne-t-elle. Je n'ai jamais essayé de me trouver des excuses. Ni pour moi, ni devant les autres. Je me suis toujours fiée à mon propre talent, je me suis toujours fiée à l'aide de mon équipe. Et au bout du compte, c'est ce qui m'a permis de me relever, j'ai beaucoup de foi, et beaucoup de fierté dans ce que je fais."
Le retour de Maria Sharapova au sommet, c'est celui d'une championne née, dont la passion pour son métier ne s'est jamais démentie, même dans ses moments les plus sombres. "J'adore mon travail, je l'ai toujours dit, j'adore jouer au tennis, rappelle-t-elle. J'ai eu des bas dans ma carrière, j'aurais très bien pu dire : 'Ça va ! Je suis célèbre, j'ai de l'argent, j'ai gagné des tournois du Grand Chelem, j'arrête.' Mais quand vous aimez quelque chose, vous vous levez le matin, et même si ça gèle dehors, si vous savez que vous allez vivre une journée difficile où rien ne va fonctionner, même si ce jour-là vous n'avez pas vraiment la foi, que vous vous sentez si petite, mais il suffit de ne pas écouter ces petites voix, et on peut faire de très grandes choses." Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle vient de faire quelque chose de grand durant cette quinzaine à Paris.
La triple joie
Un bonheur ne venant jamais seul, elle cumule d'ailleurs les honneurs à l'issue de ce tournoi. Sa première victoire à Roland-Garros, sur cette terre qu'elle a mis si longtemps à apprivoiser. Le Grand Chelem en carrière puisqu'elle compte désormais parmi les dix joueuses qui, dans l'Histoire du tennis, ont remporté les quatre principaux tournois. Sans oublier la place de numéro un mondiale, qui lui tenait à coeur. Comme si le destin lui offrait de rattraper d'un seul coup le temps perdu. Certains subissent la double peine. Pour elle, c'est la triple joie. Mais à seulement 25 ans, elle n'a pas l'intention de s'admirer en regardant dans le rétro. Ce n'est pas le genre de la maison.
Comme toujours, la Russe préfère regarder devant. Ce qu'elle y cherche l'intéresse davantage que ce qu'elle pourrait voir derrière elle. "Il y a encore  beaucoup de choses pour moi à accomplir, estime-t-elle. J'ai toujours cru que je pouvais améliorer mon jeu, que ce soit sur terre, sur herbe, sur ciment ou quelle que soit la surface. C'est ce qui me motive, de m'améliorer. 1 % à gagner ici, 1 % à gagner là, c'est ce que j'ai toujours voulu faire." Sans cesse en quête de nouveaux horizons, Maria Sharapova ne risque pas de se reposer sur ses nouveaux lauriers. Elle va très vite se remettre au boulot. "Il faut que je discute avec mon entraîneur pour voir combien je vais prendre de jours de repos. Moi j'aimerais en prendre quatre, lui veut que j'en prenne trois", sourit-elle, faisant mine de râler. Mais elle est bien placée pour savoir que le travail finit toujours par payer. Aujourd'hui, elle le mesure même plus que jamais.
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