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Murray, le mort-vivant
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Publié 31/05/2012 à 17:46 GMT+2
Avec son dos en vrac, Andy Murray a bien failli abandonner face à Jarkko Nieminen, qui l'a nettement dominé pendant un set et demi. Le Britannique s'en est finalement sorti miraculeusement. Mais dans quel état... Il a de quoi être inquiet.
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Andy Murray est au troisième tour de Roland-Garros. Voilà pour la bonne nouvelle. Pour le reste... Le numéro quatre mondial n'affiche pas vraiment une forme olympique. Contre Jarkko Nieminen, il est même apparu en piteux état pendant une heure. Mené d'un set et d'un break, l'Ecossais faisait peine à voir. A tel point qu'on se demande comment ce match à sens unique a pu opérer un virage à 180° pour lui permettre de prendre l'ascendant de façon aussi nette pour s'imposer en quatre sets. Murray a la réponse: "Il (Nieminen) a commencé à faire des erreurs à la fin du second set. C'est sa faute, il m'a laissé revenir dans le match. Je n'ai rien fait de spécial, j'ai simplement essayé de renvoyer la balle. Je sais ce que c'est que de jouer contre quelqu'un qui ne se déplace pas bien : ce n'est pas facile. "
Dire que Murray ne bougeait pas bien en début de match ne rend pas justice à la réalité. A vrai dire, le Britannique faisait facilement trente ans de plus que son âge. "Je n'arrivais même pas à servir sur le court et, à certains moments, je servais à 30 kilomètres heure, à peine", plaisante-t-il. A tel point qu'il a bien failli ne pas se présenter sur le court Philippe-Chatrier. "Avant le match, raconte-t-il, je ne me sentais pas très en forme, j'ai même pensé à ne pas jouer." Après avoir envisagé le forfait, il a ensuite pensé à l'abandon. "Au changement de côté à 3-0, reprend la tête de série numéro 4, j'étais vraiment courbaturé et j'ai dû pas mal me bagarrer pendant une heure et quart, une heure et demie. Au milieu du deuxième set, j'étais à quelques points d'arrêter la partie, à deux doigts d'arrêter le match. Je me disais 'je joue deux jeux et je vois si ça vaut le coup.' Quand on joue comme cela, à un moment, on se dit que ça ne sert à rien de continuer."
"Je n'arrive pas à croire que j'ai gagné"
Puis un double miracle s'est donc produit. D'une part, comme l'a souligné Murray, Nieminen a dégoupillé. Quant à l'Ecossais, son corps a enfin commencé à le laisser tranquille. "A la fin du deuxième set, j'étais debout au moment des changements, explique Murray. À ce moment-là, mon dos a commencé à se détendre." Peut-être y a-t-il un rapport de cause à effet entre son léger mieux et le fait que son adversaire ait perdu les pédales, même si Murray reste sceptique. "C'est lui qui a commencé à faire des erreurs. J'étais mieux, cela a peut-être contribué à cela", admet-il. Il n'en reste pas moins incrédule d'être sorti du court central en vainqueur. "A la fin du match, je n'étais toujours pas convaincu d'avoir gagné. Je n'arrive d'ailleurs toujours pas à croire que j'ai gagné. Quand vous êtes dans une telle position, surtout dans un Grand Chelem, c'est assez dur émotionnellement."
Peut-il être porté par la force qui caractérise ceux qui ont vu la mort en face et se voient offrir une chance supplémentaire? Ce qui est certain, c'est qu'il n'ira pas bien loin si son état physique ne s'améliore pas très rapidement. "Je vais retourner me détendre. Je verrai bien demain matin quand je me lèverai. Pour l'instant, je vois le médecin, je fais tout ce que j'ai à faire", dit-il, un brin fataliste, avouant ne pas savoir dans quel état il sera dans deux jours, pour son troisième tour, face au Colombien Santiago Giraldo. "D’après les médecins et les kinés, c'est simplement une contracture musculaire, tente-t-il de se rassurer. Ce n'est donc pas quelque chose qui va m'inquiéter beaucoup. Mais quand ça se produit, c'est difficile de s'en sortir sur le court." Il faut un miracle. Mais ça n'arrive pas tous les jours. Il faudra autre chose à Murray pour durer dans ce tournoi.
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