Tsonga: "J'adore la terre"

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Jo-Wilfried Tsonga n'a jamais brillé sur terre battue et à Roland-Garros en particulier? Vrai. Pour autant, le numéro un français n'a aucune aversion pour l'ocre. Au contraire. Il aime la terre, même si ça n'a pas toujours été réciproque...

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Crédit: Eurosport

Il y a des signes qui ne trompent pas. Quand on lui demande de citer son meilleur souvenir à Roland-Garros, Jo-Wilfried Tsonga cherche. Longtemps. Son regard se perd, comme pour mieux fouiller dans sa mémoire. Il lui faut une bonne vingtaine de secondes pour en ressortir... Juan Monaco. "C'était sur le Lenglen, en quatre sets au couteau, à la nuit tombante", se souvient-il. Le public qui était chaud patate. Sur ce court, on est très proche des gens et c'était une super sensation d'être soutenu comme ça par tout le public." Le voilà donc, son morceau d'anthologie porte d'Auteuil. Assez révélateur, finalement.
Qu'un joueur qui s'est quand même permis de battre Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray dans les trois quatre tournois du Grand Chelem en soit réduit à placer un troisième tour contre Monaco au sommet de sa carrière parisienne en dit long sur ce que Jo-Wilfried Tsonga a accompli, ou plutôt ce qu'il n'a pas accompli à Roland-Garros. C'est son maillon faible. Il l'admet d'ailleurs sans mal. "Je me sens capable de gagner un Grand Chelem, dit-il. On ne sait jamais. Après, celui-là, pour l'instant, j'avoue que je suis plus sceptique". Celui-là, c'est donc Roland-Garros, le seul des quatre majeurs où il n'a jamais atteint au moins les quarts de finale. Ses grands souvenirs à ici, il va plutôt les chercher dans son passé de spectateur. Il évoque la victoire de Kuerten en finale contre Norman, en 2000, et celle d'Agassi, un an plus tôt, face à Medvedev. "Un moment très émouvant. Le tennis, c'est ça, ce sont d'abord des émotions."
"Je suis dans la perspective de mon premier tour"
Des émotions, fortes si possibles il ne demande pas mieux que d'en connaitre à Paris. "J'aimerai bien que ça arrive. Si ça pouvait se passer à Roland cette année, ce serait super", clame le Manceau, qui ne veut rien s'interdire. Oui, la terre battue n'est pas la surface où il a conquis ses grands faits d'armes. Mais qu'on ne l'enterre pas tout de suite. "Je n'ai pas de blocage particulier sur terre, assure le numéro cinq mondial. Je donne le meilleur de moi-même à chaque fois, et si une grosse perf' doit arriver sur terre, elle arrivera. Le bilan, je le ferai à la fin de ma carrière. Pour le moment, je suis en plein dedans."
Il réfute en tout cas l'idée selon laquelle il aborderait Roland-Garros avec moins de gourmandise qu'un Wimbledon ou un Open d'Australie. JWT le répète à l'envi, il adore la terre battue. "J'ai commencé étant jeune sur terre, certes de la terre battue intérieure mais de la terre battue quand même, rappelle-t-il. Je prends beaucoup de plaisir sur terre. Même quand j'arrêterai ma carrière, j'aurais du plaisir à aller taper la balle un peu sur terre battue. Maintenant, ce n'est pas là que je joue mon meilleur tennis pour le moment. J'aimerai bien que ça change et je fais tout pour." Mais la corrélation entre les résultats obtenus par un joueur sur une surface et le plaisir qu'il peut y prendre n'existe pas. "C'est complètement indépendant des résultats en fait. C'est ce qu'il y a de super dans le tennis. C'est qu'on change de surface, d'environnement. Dès fois on joue à l'intérieur, dès fois on joue à l'extérieur, dès fois il fait beau, dès fois il fait pas beau. Quelque part, c'est ça qui est intéressant, on doit s'adapter à chaque fois à la surface et aux conditions."
Alors, 2012 peut-elle sa meilleure cuvée parisienne? Même en maniant la prudence, il veut y croire. "Je me sens bien physiquement, confie le numéro un français. J'ai bien bossé ces derniers temps, peut-être un peu au détriment de mes résultats ces dernières semaines. Mais j'ai beaucoup de fraicheur et beaucoup de travail derrière moi. J'arrive avec pas mal de fraicheur, j'espère être en grande forme." Tsonga n'a pas cassé la baraque au printemps, mais avec deux quarts de finale en Masters 1000, à Monte-Carlo et Rome, il a réussi une préparation très correcte à son échelle. Mais pas question de voir trop loin. Quand on évoque la perspective d'un huitième de finale contre Gilles Simon, il sort aussitôt le frein à main. "Pour l'instant, je suis dans la perspective de mon premier tour."
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