Federer a le champ libre mais...

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Pas de Djokovic. Pas de Nadal. Pas de Murray. Les circonstances et le tirage placent Roger Federer dans une position idéale à Paris. Mais où en est-il ?

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Crédit: Eurosport

C'est entendu, la notion de bon ou mauvais tirage est avant tout une affaire d'observateurs. Les joueurs, eux, la relativisent énormément. S'il y a bien un point sur lesquels tous vous diront la même chose, c'est celui-ci: seul compte le prochain match. En l'occurrence, le premier tour, avant le coup d'envoi d'un tournoi. Les huitièmes théoriques, les possibles adversaires en quarts ou en demies, ce sont des trucs de journalistes ou de fans. Pourtant, objectivement, il parait difficile de ne pas considérer que Roger Federer n'est pas malheureux vu la tête du tableau final de Roland-Garros. Il apparait même comme un des grands gagnants du tirage.
Le numéro trois mondial a réussi à éviter Rafael Nadal. Nous sommes d'accord, tout cela n'aura pas de sens s'il disparait prématurément, disons avant le dernier carré. Mais à Roland-Garros, mieux vaut affronter l'Espagnol le plus tard possible. L'idée de laisser Djokovic et Nadal s'épuiser en demies n'est pas la plus noire pour "Rodgeur". Mine de rien, il va aborder un tournoi du Grand Chelem sans Djokovic ni Nadal ni Murray dans sa moitié de tableau. Si ce n'est pas un petit coup de pouce du destin... Soyons clairs: un bon Federer doit aller en finale. Certes, il a des adversaires dangereux sur sa route, à commencer par David Ferrer, Tomas Berdych et Jo-Wilfried Tsonga. Mais c'est tout de même mieux que Nadal. S'il est à son niveau, ça doit passer. Toute la question est donc de savoir où il en est réellement.
La fraicheur plutôt que les repères
Rarement Roger Federer se sera avancé sur la terre battue parisienne avec autant de questions et si peu de réponses autour de sa personne. Pas un seul titre en 2013, une longue coupure au début du printemps et une préparation limitée à deux tournois sur terre. Un choix assumé. Pas question de le regretter. "C'est une approche un peu différente des autres années, admet-il. J'ai fait une grande pause après Indian Wells. Mais soyons honnêtes : quand je prends une décision comme celle-là, je ne le fais pas par rapport au programme des autres, mais par rapport à mon état physique et mental et à l'organisation de ma vie. Ma vie est différente de celle des autres joueurs aujourd'hui."
Cette coupure, elle était donc salvatrice, à en croire l'homme aux 17 titres en Grand Chelem. "Il est primordial de ne pas me blesser, de garder du temps pour préserver ma motivation intacte avant de rentrer dans un tournoi et être en mesure d'affronter n'importe qui de l'autre côté du filet. Je pense avoir pris les bonnes décisions, surtout si je considère les deux dernières années, qui ont été très chargées pour moi." La priorité, pour lui, c'est la fraicheur, de corps et d'esprit. Quitte à sacrifier, au moins partiellement, les repères.
"Je suis là où je voulais être"
Avec deux Masters 1000 dans la besace, Federer n'en possède pas beaucoup. Après sa sortie prématurée à Madrid, où il s'est inclinée face à Nishikori dès les huitièmes, sa finale à Rome lui a permis de finir sur une bonne note. Sans pour autant lever tous les doutes. Il en est conscient. "A Madrid, la balle vole beaucoup et les conditions n'étaient pas évidentes contre Nishikori, souligne-t-il. Après, à Rome, j'ai joué quatre matches en nocturne. Des conditions très différentes de celles que j'aurai ici à Paris." Reste qu'il est loin de s'affoler. "Je suis là où je voulais être avant Roland-Garros. Je suis content de la façon dont je joue à l'entrainement et physiquement, tout va bien."
Comme son tirage est décidément vraiment bien fait, il devrait lui permettre de démarrer relativement en douceur avec un qualifié au premier tour et, quoi qu'il arrive, un autre au deuxième. On a fait plus rude comme entrée en matière. Puis, qui sait, si tout se passe bien, peut-être y aura-t-il au bout une sixième finale à Paris. Mieux que Wilander ou Lendl, par exemple. Et pourquoi pas une cinquième contre Nadal? Battre son meilleur ennemi en terre hostile parait relever de l'utopie désormais. En tout cas, ce n'est pas une obsession. Il l'assure, il n'a pas besoin de ça. "J'ai gagné Roland-Garros, c'est ça l'important. Pas de battre Rafa." Comme tous les ans, l'un n'ira probablement pas sans l'autre. Tous les ans, sauf 2009. Son année. Son Roland-Garros.
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