Djokovic sort son joker

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Arriver fatigué pour disputer l'US Open est-il vraiment étonnant ? Pas pour Novak Djokovic, battu sur abandon en finale de Cincinnati par Andy Murray. Le N.1 mondial, qui conjugue matches avec victoires en 2011, estime ne pas s'inquiéter avant la dernière levée du Grand Chelem.

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Crédit: Eurosport

Novak Djokovic tire sur la corde. Lui-même le sait depuis le Masters de Montréal où il a été contraint d'admettre que son épaule droite était douloureuse, malgré une coupure de trois semaines. Ses dernières sorties à Cincinnati n'ont pas été aussi convaincantes que d'habitude, notamment face à Gaël Monfils en quarts de finale. Sentiment qui a été confirmé en finale face à Andy Murray qui n'en attendait pas tant. Néanmoins, l'heure n'est pas à la panique pour le N.1 mondial.
"Mon principal problème c'est la douleur dans l'épaule, même si je suis aussi un peu dans un état de fatigue général. Je ne pouvais pas servir, pas plus fort que 160 km/h, et je ne pouvais pas faire de bons coups droits en mouvement. Je ne peux pas battre un joueur comme Murray avec un jeu aussi limité." Vainqueur au Canada la semaine précédente et avec seulement deux défaites en 59 matches cette année, il se sent naturellement prêt pour l'US Open. Passée la déception, Djokovic, tout sourire au lèvres en conférence de presse, assure que son engagement sera total à New York, où il vise son troisième titre du Grand Chelem de la saison, son quatrième au total.
Djokovic comme Nadal ou McEnroe ?
Le Serbe, qui se connaît par coeur, n'avait encore jamais abandonné cette saison. Avec un ou deux retraits forcés par saison depuis 2005, le nouveau Djokovic a vu des améliorations notables de sa condition physique avec une préparation plus réfléchie et une alimentation aussi calibrée que surveillée depuis qu'il se prive notamment de gluten. Mais l'enchaînement des matches est là pour rappeler que Djokovic, tout champion qu'il est, n'est pas un surhomme. "La douleur est là depuis environ dix jours et elle a augmenté. On a géré ça jusque-là mais aujourd'hui (dimanche) c'était trop. Je n'ai pas encore eu le temps de passer une IRM car je jouais tous les jours. C'est normal d'être fatigué après tous les matches que j'ai joués cette saison."
John McEnroe pourra confirmer, lui qui a perdu également deux matches en 1984 avant l'US Open. L'Américain, finaliste à Roland-Garros battu par Ivan Lendl, a été battu, contre toute attente, par l'Indien Vijay Amritraj, alors 70e mondial (7-6, 2-6, 3-6) dès son entrée en lice à Cincinnati. Le Serbe tombé au même endroit que son illustre aîné, vainqueur tout de même à New York quinze jours plus tard, il n'en fallait pas moins à Novak Djokovic pour se rassurer avant Flushing Meadows, où il fut deux fois finaliste en 2007 et 2010.
Rafael Nadal, qui a connu lui aussi des saisons des périodes victorieuses au prix de sprints intensifs de mars à juillet, connaît également largement le problème. Le jeune Espagnol a mis quasiment cinq ans avant d'arriver en pleine possession de ses moyens à New York pour remporter son premier US Open en 2010. Il est depuis l'un des joueurs les plus revendicatifs auprès de l'ATP pour freiner la cadence d'un calendrier très exigent avec ses champions. "Etant donné le calendrier de la saison, c'est normal d'être fatigué à ce stade. Il y a des choses qu'on essaie de changer dans le calendrier, l'an prochain elle sera deux semaines moins longue mais l'intensité sera la même, voire encore plus dure. Mais c'est pareil pour tout le monde, il faut s'ajuster." Tel est l'actuel discours du roi du circuit ATP qui ne voit pas encore de drame dans cette finale perdue. Peut-être en sera-t-il autrement s'il lui arrive la même chose en finale de l'US Open.
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