Federer, une nouvelle ère

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Les temps changent. Après avoir dominé sans partage la planète tennis pendant plus de 4 ans, Roger Federer a été dépossédé de sa première place mondiale par Rafael Nadal et aborde pour la première fois depuis Roland-Garros 2004 un tournoi du Grand Chelem

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Crédit: Eurosport

LA PRESSION : "C'est Rafael qui va la supporter"
L'US Open est le théâtre d'une véritable révolution sur la planète tennis. Après 237 semaines au somment de la hiérarchie mondiale, le Suisse Roger Federer, que l'on pensait indéboulonnable, a dû céder son trône et aborde la dernière levée du Grand Chelem dans la peau du chasseur et non plus de l'éternel chassé. Il n'est désormais plus le grand favori. Un changement de costume qui semble lui seoir. "Cette fois, la pression change d'épaules, c'est Rafa qui va la supporter et on va observer de quelle manière il la gère. Rafa mérite sa place de numéro un mais maintenant, c'est à lui de gérer ce que j'ai vécu pendant cinq ans", insiste ainsi l'ancien roi de la discipline, curieux de voir comment Rafael Nadal abordera le tournoi avec tous les yeux et les caméras braqués sur lui et alors que l'objectif "numéro un mondial" a été atteint. " Je pense que la pression sera moins forte, a-t-il expliqué sur le site internet de la BBC. Pendant presque cinq ans, on attendait de moi que je gagne chaque tournoi que je dispute, maintenant ça va un peu changer". De quoi le relancer ? On en doute.
LE JEU : "Me concentrer sur ce que je contrôle"
Plus que d'espérer une défaillance mentale du Majorquin, Roger Federer a conscience que son salut et son retour sur le devant de la scène ne passeront que par le jeu, que par SON jeu. Alors que Rafael Nadal a su progresser dans tous les compartiments, qu'une nouvelle génération sans complexe menée par Novak Djokovic et Andy Murray a éclos, le Suisse, peut-être trop sûr de sa domination, n'a pas su - ou voulu - apporter les modifications nécessaires pour résister. "Moi, je ne peux me concentrer que sur ce que je contrôle, c'est-à-dire son jeu ", reconnait ainsi l'ancien maître de la discipline à l'attaque de la dernière levée du Grand Chelem, conscient que s'il ne change rien, notamment sur le plan tactique, sa reconquête du Graal pourrait prendre des allures de mission impossible. Dorénavant dominé en fond de court par Nadal, mis en difficulté par Djokovic et Murray, le Suisse doit indéniablement se montrer plus offensif, s'efforcer de raccourcir les échanges, de se hisser au filet plus souvent et de pratiquer plus régulièrement le service-volée pour essayer d'inverser une tendance, qui paraît inéluctable.
LE PHYSIQUE : "Une course contre la montre"
Marqué mentalement par sa défaite en finale du dernier Wimbledon, Roger Federer pêche également sur le plan physique. Largement dominé par Rafael Nadal dans ce domaine, le Bâlois semble accuser un retard encore plus conséquent cette année, en raison notamment d'une mononucléose contractée lors de sa préparation hivernale. "Tout est parti de ce difficile début de saison avec un manque évident de préparation. J'ai dû lutter pour essayer de rattraper le temps perdu mais je n'ai pas pu combler les vingt jours d'entraînement manquants. Je vis une course contre la montre depuis huit mois", assure ainsi le quadruple tenant du titre pour qui les quelques éliminations prématurées lors des JO et des Masters Series de Toronto et Cincinnati sont peut-être un mal pour un bien. Elles lui ont permis de ne pas trop puiser dans ses réserves au moment d'aborder l'US Open, sa dernière chance de sauver sa saison. L'expédition en Chine pour les Jeux Olympiques ne semble pas l'inquiéter : "On se faisait une montagne de ce déplacement par rapport à l'US Open. En fait, on pouvait bénéficier d'une semaine de repos avant et encore d'une semaine de réadaptation et de récupération après. En ce qui me concerne, je n'ai jamais eu trop de problèmes avec les longs voyages et les décalages horaires ". Tous les voyants ne sont donc pas au rouge mais avec Roddick, Djokovic, Davydenko, Stepanek, Cilic et Gasquet dans sa moitié de tableau, la moindre baisse de régime pourrait se payer cher.
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