Tennis - US Open
10/09/2010 - 10:35 - Mis à jour le 10/09/2010 - 12:26Federer, Nadal ou comment tenir tête

Rafael Nadal et Roger Federer jouent avec la même détermination quelles que soient les conditions de jeu. A l'US Open, ils donnent encore la leçon aux plus talentueux d'une génération bloquée, frustrée et encore trop inconstante pour bousculer la hiérarchie.
Cela aurait pu tourner au film catastrophe, avec canicule et ouragan au programme. L'US Open a pourtant tenu debout et offert un bon spectacle jusqu'ici. Mieux, malgré ces conditions de jeu difficiles (grosse chaleur en début de tournoi, puis le vent), les deux plus hautes têtes de série du tournoi, Rafael Nadal (N.1) et Roger Federer (N.2), progressent irrésistiblement vers la finale.
Sur les cîmes de leur art, ces deux-là ne tremblent pas, quelles que soient les conditions de jeu, quels que soient les adversaires... La leçon est, une nouvelle fois parfaite et cruelle pour la longue liste d'outsiders qui attendent au portillon à chaque tournoi du Grand Chelem pour une place en demi-finale, voire en finale, depuis... six ans !
Nadal, outsider et favori
Les deux seuls joueurs qui ont réussi à briser l'hégémonie de Federer et Nadal depuis 2004, Novak Djokovic (vainqueur Open d'Australie 2008) et Juan Martin Del Potro (vainqueur US Open 2009), peinent pour rester dans le top 5 ou briller en Grand Chelem. Les autres stagnent avec plus ou moins de frustration dans les parages des quarts ou demi-finales. On les comprend. Il faut un mental à toute épreuve pour devenir un joueur exceptionnel. Le vent, la chaleur, un set de retard, un break de retard, une blessure... Federer et Nadal gèrent chaque match de la même manière.
Sur Twitter, David Law, commentateur de la BBC, faisait cette pertinente remarque jeudi : "Nadal est le seul champion que je connaisse qui appréhende ses matches à la fois comme le favori et comme l'outsider". Ecoutez, pour illustrer ce genre d'exigences exceptionnelles, Roger Federer après sa victoire sur Robin Söderling : "Je peux me lever à 4h du matin et servir. C'est mon métier. [...] C'était des conditions de jeu difficiles mais si je ne savais pas servir dans le vent, j'aurais quand même un gros problème. Le vent n'affecte pas ma concentration au service même si ça perturbe parfois mon lancer". Techniquement, le respect des adversaires, ici Novak Djokovic, est total : "Il m'a déjà battu en jouant son jeu, je l'ai battu en jouant le mien. Celui qui prendra les bonnes décisions au bon moment gagnera". Une attitude irréprochable, toujours conquérante (c'est plus facile quand on accumule les victoires c'est vrai), voilà ce qui manque pour l'instant aux perdants de cet US Open.
Ne pas être médusé par Federer et Nadal
Et en premier à Gaël Monfils. Le Français a passé son année à jouer au yo-yo avec son cerveau. Après deux saisons de constance, malgré le changement d'entraîneur (Thierry Champion/Roger Rasheed), Monfils a produit des performances déroutantes. Pour les spectateurs, mais visiblement pour lui aussi ! A Roland-Garros, il laisse échapper un match insensé face à Fabio Fognini, A Cincinnati, il joue à côté de ses pompes contre Alejandro Falla, A Toronto, il met 6-0 à Murray mais perd en trois sets... En conférence de presse, ses déclarations donnent l'impression d'un joueur volontaire mais qui n'a pas encore trouvé ses repères sur le court.
Pendant cet US Open, il a d'ailleurs été d'une sévérité sans égale à l'égard de son propre tennis. Il bat Gasquet ? "Je ne joue pas le jeu de Monfils", lance-t-il. Il est sorti par Djokovic ? "Je savais que j'étais complètement nul". Et encore ce jeudi : "On n'a jamais vu du grand Monfils. Je pense qu'un grand Gaël Monfils pourrait gagner un Grand Chelem". C'est peut-être là l'erreur. Federer et Nadal n'ont pas forcément besoin d'être grands pour gagner tous les sept matches d'un majeur. Fernando Verdasco, qui avait joué le tennis de sa vie à Melbourne en 2009, avait pourtant perdu, Andy Murray avait les moyens d'aller plus haut cette semaine, en 2008 déjà, ou cette année en Australie, pour ne parler que de la génération Nadal. Mais chacun est encore trop négatif dans son approche des temps forts du tournoi.
Et la réponse du coach Rasheed au coaché Monfils, dans L'Equipe, est limpide : "Dans tous les sports, ceux qui gagnent les grands tournois ou les grandes courses sont ceux qui vont les chercher, pas ceux qui les attendent? Regardez Nadal, regardez Federer."
Novak Djokovic, qui va jouer sa quatrième demi-finale contre le Suisse, sa troisième à l'US Open (après deux défaites, sans parler de sa défaite en finale), sait qu'il faut lutter pour observer sans être médusé de l'hydre à deux têtes du tennis mondial : "Je suis sûr que les gens veulent une finale entre Roger et Rafa. Je vais essayer de faire en sorte que cela n'arrive pas."















Vous êtes authentifié comme journaliste :
Commentaires
Actualiser
360 Au 369 sur 369