Brémond émerveille

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Si Roland-Garros a révélé Julien Benneteau, l'édition 2006 de Wimbledon aura sorti Séverine Brémond de son écrin de verdure. Emoussée par son parcours, cette jolie fleur n'a pas réussi à se mettre dans une peau de vache pour aller au-delà des quarts de fi

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Crédit: Eurosport

WIMBLEDON 2006 - Séverine BrémondLa fiche de Brémond
"J'avais déjà rêvé de jouer comme ça mais je ne savais pas que c'était possible." Dans cette phrase, vous avez le condensé de la personnalité de Séverine Brémond. Discrète, mais pas suffisamment confiante en elle. En une semaine, cette jeune Montpelliéraine a réussi une révolution : aller de l'avant pour réussir à atteindre les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem. Après le beau parcours de Julien Benneteau à Roland-Garros, le tennis français s'est trouvé un nouvel espoir chez les dames.
Un rêve à peine croyable il y avait quinze jours. "Je parlerais de conte de fée plutôt que de miracle, mais ça se joue à trois fois rien , a-t-elle relativisé. A Roland-Garros, je rate une balle de match face à Maria Kirilenko, et là j'en sauve cinq pour accéder en deuxième semaine de Wimbledon, un tournoi qui m'est vraiment cher." Mais son exploit est d'autant plus louable que Brémond vient du tableau des qualifications, contrairement à Benneteau aux Internationaux de France. Huit matches plus tard, cette jeune femme 26 ans se retrouva face à Justine Henin pour une place en demi-finale de Grand Chelem.
Une éclosion tardive
"C'était très impressionnant, a-t-elle reconnu. C'était la première fois que je jouais contre Justine et la première fois aussi que je jouais sur le N.1. C'était peut-être un peu trop pour moi." Pour son huitième match d'affilée, son physique ne lui a permis de tenir le choc. Embêtée d'abord par le coincement d'un nerf au niveau de la hanche au 3e tour, la Française est arrivée émoussée en quart de finale. "La seule chose qui me déçoive un peu c'est de ne pas avoir réussi à tout donner, a avoué la 129e joueuse mondiale. J'avais laissé pas mal de forces hier contre Sugiyama. Enchaîner sur un quart contre Justine, c'était un peu trop tôt".
Un stade de compétition pour lequel la Française aurait signé si on lui avait proposé avant le tournoi. Car depuis 2004, Séverine n'a pas connu beaucoup de satisfaction, chutant de la 79e place mondiale, son meilleur classement à ce jour, à la 129e. Rang qu'elle devrait quitter pour remonter vers le 85e dès la semaine prochaine. Une satisfaction qui ne lui fera pas regretter de n'être passée chez les professionnels que très tardivement par rapport aux autres joueuses du circuit. Comme Amélie Mauresmo, par exemple, qui a débuté en 1995 contre 2002 pour Brémond, alors qu'elles sont pourtant de la même année de naissance (1979).
Une éclosion tardive pour elle qui a préféré terminer ses études de droit avant de se lancer sur le circuit WTA à 23 ans. Mais supporter et entraîner depuis le début par son coach Eric Brémond, son mari depuis septembre 2005, l'ex-Beltrame réalise aujourd'hui qu'elle a bien fait de persister dans cette voie. "J'ai appris beaucoup pendant ces dix jours. Je sais que je peux faire des performances de ce genre. Ce serait bien de faire la même chose à l'US Open."
Goven reste encore réservé
Mais une mauvaise nouvelle en entraîne souvent une autre. Eliminée de la route des demi-finales de Wimbledon, c'est avec grand regret que Séverine Brémond a appris le même jour que George Goven ne l'a pas retenue dans l'équipe de France de Fed Cup pour affronter la République tchèque en barrages. Un coup dur pour celle qui s'est épanouie dans cette compétition depuis qu'elle y a mis les pieds l'année dernière. "La Fed Cup, c'est LE truc de Séverine , assurait son mari, on a l'impression qu'elle ne joue que pour ça..."
Cette rencontre se jouant à Cagnes-sur-Mer sur terre battue, le sélectionneur a préféré Tatiana Golovin pour passer les barrages, sur une surface où Séverine doit encore faire ses preuves, plus que sur herbe comme à Wimbledon. "Je ne cache pas que je suis déçue, avouait-elle. Tout le monde sait que ça me tient à coeur. Mais je respecte la décision du capitaine. Je suis la joueuse en forme du moment mais il y a d'autres joueuses en France." Mais que George Goven le sache : Séverine est prête à relever le défi si une joueuse venait à se désister. Du rêve à la réalité, il n'y a qu'un pas. C'est elle qui nous l'a appris.
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