Eurosport
Être 82e et s'en sortir
Par
Publié 29/06/2010 à 21:22 GMT+2
Pour réaliser un exploit en seconde semaine de Wimbledon cette saison, il fallait avoir le numéro 82 dans le dos. Placés à ce rang précis aux classements ATP et WTA, Yen-Hsun Lu et Tsvetana Pironkova ont marqué le tournoi en éliminant Andy Roddick et Venus Williams à des stades différents.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Tsvetana Pironkova. Un nom qui ne dit pas grand chose au plus grand nombre, mais qui fait parler d'elle en raison de ses deux coups d'éclat : face à Marion Bartoli, finaliste à Londres 2007, dans un premier temps. Et surtout Venus Williams, quintuple vainqueur, en quart de finale, ce mardi. La 82e mondiale a réussi l'une des plus grandes surprises de l'histoire du tournoi en battant l'aînée des soeurs Williams. Et ce, alors que Venus n'y avait plus concédé un set à quelqu'un d'autre que sa soeur depuis trois ans. Et alors que cette étonnante Bulgare n'avait encore jamais franchi le deuxième tour en Grand Chelem.
"Moi-même je n'y aurais pas cru. En arrivant ici, je voulais juste passer un ou deux tours. Wimbledon a toujours été comme une religion pour moi. Jouer sur ces courts est comme un rêve. Alors y atteindre les demi-finales, c'est incroyable". A 22 ans, elle devient la première Bulgare à atteindre le dernier carré en Grand Chelem. Et beaucoup lui ont rappelé autour d'elle. "Mon téléphone n'arrête pas de sonner. Tout le monde est très heureux et très excité pour la suite... Franchement, je ne m'attendais pas à tout ça." Et les organisateurs non plus, qui ont assisté à trois finales 100% Williams de suite ces trois dernières années. Et pourtant, la Bulgare avait déjà battu Venus au 1er tour de l'Open d'Australie en 2006... "Il y a quatre ans à Melbourne, j'avais été choquée par le bruit que ça avait provoqué. J'ai appris la leçon, je vais rester concentrée avant de jouer face à Vera Zvonareva."
L'année des premières
Dans le même registre, côté masculin, voici Yen-Hsun Lu. Il fallait remonter à 1995 pour voir un joueur asiatique se hisser en quart de finale d'un tournoi du Grand Chelem. C'était le Japonais Shuzo Matsuoka qui avait fait sensation à l'époque en affrontant Pete Sampras. Lu, qui a pris la relève après sa victoire sur Roddick en huitième de finale, est le premier Taïwanais à y être à son tour. Après sa victoire sur David Nalbandian au 2e tour de l'Open d'Australie en 2009, après sa perf' au premier tour des Jeux Olympiques de Pékin en 2008 où il avait sorti Andy Murray, Lu l'ambitieux, qui veut être le premier Asiatique à entrer dans le top 10, gardera en mémoire le jour où il fit chuter le finaliste 2009 après 4h36 de match. Avant de jouer face à Novak Djokovic en quart de finale mercredi."Aujourd'hui je pense à ma famille et mon père qui est au ciel. Il est décédé en 2000. J'espère qu'il a vu ce match. Quand j'ai gagné je me suis dit: je l'ai fait. Je l'ai fait pour lui, pour ma famille et tous ceux qui m'ont soutenu. Ce qui a fait la différence par rapport à nos précédents matches c'est que je n'ai pas essayé de "surjouer" dans les moments importants. J'ai continué à suivre ma ligne directrice alors qu'avant je cherchais trop à jouer le coup gagnant. Je ne pensais pas gagner le cinquième set car il est un meilleur serveur que moi et qu'il n'y a pas de tie-break à la fin. Mais je me suis dit qu'il fallait que je lutte jusqu'à la fin."
Publicité
Publicité