TENNIS WIMBLEDON 2011 Marion Bartoli - AFP
 
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Bartoli et le bras de fer olympique

Bartoli et le bras de fer olympique

Par Eurosport
Dernière mise à jour Le 13/02/2012 à 14:51 -
Par Eurosport - Le 13/02/2012 à 14:51
Marion Bartoli rêve de jouer les jeux Olympiques sur le gazon de Wimbledon, là même où elle fut finaliste en 2007. Mais la FFT grince des dents à l'idée d'envoyer à Londres la N.1 tricolore qui n'a plus porté le maillot de l'équipe de France depuis 2004. Déterminée, la 9e mondiale ira jusqu'au bout.
 

Verra-t-on Marion Bartoli disputer les jeux Olympiques à Londres ? Si c'est le désir le plus cher de la N.1 tricolore, ce n'est pas du goût de la Fédération française. Le point de discorde tient en un fait : sa non-sélection en Fed Cup. Pourtant, la 9e mondiale a décidé de défier l'autorité de la FFT en essayant de se rendre sélectionnable au regard du Comité International Olympique par tous les moyens. Soutenue par la WTA, association des joueuses professionnelles du circuit féminin, la native du Puy-en-Velay va soumettre son cas à la Fédération Internationale de Tennis pour tenter de passer en force.

"Les critères d’éligibilité pour disputer les jeux Olympiques, c’est de se tenir à disposition de son équipe nationale", explique Marion Bartoli dans un long entretien à Tennis Magazine*, "sauf si l’équipe en question a des règles de sélection jugées trop excessives." Pour la FFT, les conditions de qualification sont simples : quatre joueuses françaises, classées parmi les 56 premières joueuses mondiales, qui ont participé à la Fed Cup sur au moins deux rencontres, dont une l'année des Jeux, pourront être retenues pour disputer les J.O. (voir le détail de qualification plus bas). Or, Bartoli n'a plus joué en Fed Cup depuis 2004 (défaite en finale face à la Russie). Et refuse de se rendre disponible sans la présence de son père à ses côtés, condition que la FFT refuse à son tour d'accorder à la leader du tennis tricolore.

"Les règles de la FFT sont injustes"

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Sur ce point, la Fédération est intransigeante : aucun entraîneur ne doit interférer avec le travail des cadres de l'équipe de France de Fed Cup, comme de Coupe Davis. "Les règles de la FFT sont injustes", insiste la 9e joueuse mondiale. "La France est le dernier pays à ne pas accepter la présence d’entraîneurs privés. Toutes les autres filles du Top 10 ont droit à la présence de leur entraîneur. Je suis la seule à qui on l'a refusé. J’ai en tout cas le soutien officiel de la WTA qui a entrepris des démarches pour tenter de convaincre la Fédération Internationale de me sélectionner." Si cela ne suffit pas à combler leur rêve olympique sur le gazon londonien de Wimbledon, où la Française a joué une finale en 2007, Bartoli n'aura pas d'autres choix que d'aller devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), comme elle en a soufflé l'idée à nos confrères de RMC Sport.

Depuis que Nicolas Escudé a remplacé Georges Goven en tant que capitaine, l'ancien joueur du circuit ATP a bien tenté de persuader Marion de venir les rejoindre, mais les deux parties restent campées sur leur position. Après deux ans de capitanat, Escudé a vu l'équipe de France être reléguée en deuxième division du groupe Monde sans avoir réalisé "l'exploit" de faire jouer Marion Bartoli. Sans y voir de relation de cause à effet immédiate... Pourtant, jouer en Fed Cup ne semble pas être un problème pour la Française, qui précise encore : "S'il y a un nouveau capitaine qui assouplit les règles, je jouerais avec grand plaisir. Avec Escudé aux commandes, cela ne sera pas possible." La voir donc jouer le 1er tour en Slovaquie au mois de février dans la foulée de l'Open d'Australie ne sera donc pas d'actualité.

"Ce n’est pas de gaieté de cœur que le capitaine se prive de Marion, a tenu à préciser Lionel Faugère, responsable du dossier J.O. à la Fédération française, à RMC Sport. Ce n’est pas pour rien que les capitaines successifs se sont tour à tour rapprochés de Marion pour savoir si elle voulait jouer. Elle n’est pas intéressée pour jouer la Fed Cup. C’est son choix. (...) Elle ne veut lâcher en rien et tout imposer aux autres. Le problème, c’est qu’il y a un règlement. Personne n’a rien contre elle, mais on lui pose des règles et elle ne veut pas rentrer dedans." La Fédération s'expose en tout cas à ne faire jouer aucune Française aux jeux Olympiques, la N.2 française (Pauline Parmentier, 74e mondiale) étant pour l'instant classée loin d'une 56e place qui lui offrirait ce précieux sésame. Elle, comme Mathilde Johansson (77e), Virginie Razzano (83e), Alizé Cornet (89e), Iryna Brémond (98e), Stéphanie Foretz-Gacon (102e) ou encore Aravane Rezaï (115e) ont, de leur côté, jusqu'à Roland-Garros pour changer la donne.

*L’intégralité de l’interview de Marion Bartoli sera à lire dans le dernier Tennis Mag qui sort ce lundi.

CONDITIONS DE QUALIFICATION POUR LE TOURNOI OLYMPIQUE DE TENNIS :

- Tous les athlètes doivent se conformer aux dispositions de la Charte olympique actuellement en vigueur et seuls ceux qui respectent la Charte pourront participer aux jeux Olympiques. Tous les joueurs de tennis sont admissibles au tournoi olympique à condition d'être bien classés auprès de leur fédération nationale et de l'ITF.

- 56 joueurs et 56 joueuses seront directement admis dans les simples du tournoi olympique de 2012 sur la base du classement informatique mondial homologué établi au 11 juin 2012, à raison de 4 joueurs maximum par pays. Un Comité National Olympique ou une fédération nationale qui dispose de plus de 4 joueurs admissibles directement dans les simples devra sélectionner ses 4 joueurs les mieux placés au classement informatique. Tout joueur pressenti et admis dans les simples sera automatiquement admissible dans les doubles masculin, féminin et mixte.

- En plus des 56 joueurs désignés directement par le classement mondial, seront attribuées 6 autres places de qualification (attribuées par la Fédération Internationale) et 2 places sur invitation de la commission tripartite du CIO. En simple messieurs comme en simple dames, le tableau contiendra ainsi 64 joueurs, soit moitié moins qu'en tournoi du Grand Chelem. Pour en savoir plus : Système de qualification pour les Jeux de la 30e Olympiade