Historique, époustouflant, exceptionnel... Jamais les qualificatifs n'auront été aussi nombreux pour évoquer ce que les douze hommes du Maxi Banque Populaire V ont accompli ces dernières 24 heures. Avec des conditions de navigations dénuées de tout confort, Pascal Bidégorry et ses équipiers viennent d'inscrire leurs noms au livre des records en avalant 907 milles en une journée à la vitesse moyenne de 37,79 milles, établissant ainsi un nouveau chrono de référence sur la plus grande distance parcourue en 24 heures en équipage... Un record qui devra être validé par le World Sailing Speed Record Council (WSSRC), organisme international officiel d'homologation des records océaniques. Celui-ci arrive au bout d'une salve de huit en dix heures, qui ont tous surpassé le temps de référence du record des 24 heures détenu par Franck Cammas sur Groupama 3 depuis 2007, avec 794 milles et une vitesse moyenne de 33.08 nœuds.
Des chiffres qui donnent le vertige et des marins que l'on sent heureux mais concentrés à l'extrême. L'ensemble du Team Banque Populaire est sur le point d'écrire une première page héroïque dans le grand livre de la chasse aux temps de référence...
La voix laisse transparaître une réelle fatigue mais également la satisfaction d'un travail bien fait. Entre émotion et concentration, Pascal Bidégorry revenait ce midi sur l'incroyable enchaînement d'évènements que son équipage et lui-même venaient de vivre : "On est dans le feu de l'action ! Ce record est extraordinaire. Je n'aurai jamais pensé qu'on pouvait passer les 900 milles. On prend ça avec beaucoup de plaisir, mais ce n'est pas encore fini. On réalisera plus tard. Il y a encore du boulot. Mais une chose est sûre, c'est que ce bateau est une réussite à tout point de vue. Je ne pensais pas qu'avec un multicoque transocéanique on pourrait aller à cette vitesse là. Je regarde forcément régulièrement le speedo et certaines vitesses m'ont donné une petite boule au ventre la nuit dernière. Il y a un dialogue permanent avec les barreurs pour arriver à une navigation la plus performante possible".
Si la satisfaction de l'équipage est bien évidemment palpable au travers des mots de son skipper, l'heure n'est pas non plus au triomphe par anticipation. Certes, les dernières 24 heures ont largement donné de quoi laisser envisager une issue heureuse à ce premier record de la campagne océanique du Maxi Banque Populaire V. Mais ce n'est qu'une fois le passage symbolique entre le Cap Lizard et l'île de Ouessant confirmé que ces douze marins d'exception pourront laisser éclater leur joie d'avoir accompli l'un des plus beaux exploits autant sur le plan humain que sportif. A 862,3 milles de l'arrivée et 274,4 milles d'avance sur le tableau de marche du temps de référence à la mi-journée, l'objectif reste de tenir le rythme payant engagé dès les premiers milles.
Côté conditions de navigation, si la visibilité s'est améliorée par rapport aux premières heures de course, le tableau dépeint par le skipper basque ce midi, lors de la vacation avec le PC Parisien installé à la Fédération Française de Voile, n'avait rien d'idyllique : "On a actuellement 23 nœuds de vent et une mer formée par un petit clapot. On se croirait à Brest au mois de décembre. Il fait très froid et le taux d'humidité est très élevé à bord. Il va d'ailleurs falloir remédier à cela avant le Trophée Jules Verne parce que je ne nous vois pas aller comme ça dans le Grand Sud. Le vent devrait tenir aux environs de 25/26 nœuds jusqu'en fin de journée. Ensuite ça mollira crescendo".
Plus que jamais déterminés à garder leur avance et à transformer l'essai de cette première tentative de record en une réussite sur toute la ligne, les hommes du Maxi Banque Populaire V ne lâcheront la pression pour rien au monde. Le coup de sifflet final est attendu dans l'après midi de dimanche. D'ici là, le duel avec le temps aura livré son verdict.



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